En 1522, Amsterdam est mentionnée pour la première
fois dans le journal de l'expédition de Magellan.
En 1559, Saint-Paul est répertoriée par Gysaerth,
cartographe portugais, et nommée Nao Sao Paulo.
Puis ces îles sont signalées par plusieurs navigateurs
au début du XVIIe siècle, placées comme elles
le sont entre le cap de Bonne-Espérance et l'Asie du Sud-Est,
c'est-à-dire sur la route entre l'Europe et les Indes.
Le Hollandais Van Diemen donne à la plus grande le nom de
son navire, Nieuw Amsterdam, en 1633.
Les deux îles tombent ensuite plus ou moins dans l'oubli
pendant 2 siècles, jusqu'en 1843 où le franco-polonais
Adam Mieroslawski en prend possession au nom de la France. Nos
amis britanniques contesteront cette prise de possession, et après
la mort de Mieroslawski en 1853, la France y renonce officiellement.
En 1870, le Réunionnais Heurtin tente de s'installer sur
Amsterdam avec sa famille, en y créant une exploitation
agricole, avec notamment un élevage de bovins. Il finit
par y renconcer et rentre à la Réunion en abandonnant
quelques têtes de bétail, qui s'acclimateront très
bien et retourneront à l'état sauvage. Ce sont les
ancêtres du troupeau encore présent aujourd'hui.
En 1892, Saint-Paul et Amsterdam sortent à nouveau de l'oubli,
et le navire la Bourdonnais en reprend officiellement possession
au nom de la France. Puis un autre navire, l'Eure, confirme cette
possession en 1897.
Un décret de 1924 rattache les îles subantarctiques
de Kerguelen, Crozet, Saint-Paul et Amsterdam à Madagascar,
alors colonie française.
En 1929, une compagnie installe une conserverie de langoustes
sur l'île Saint-Paul. Cette tentative sera, comme la plupart
des installations à but lucratif dans les îles subantarctiques,
un échec. Que dis-je, un échec, plutôt une
tragédie : le personnel laissé sur place pour maintenir
les équipements pendant l'hiver sera abandonné 9
mois durant à son sort, en proie au scorbut. On déplorera
5 morts, dont un bébé né sur place.
Depuis 1955, ces îles sont un district des TAAF, faisant
ainsi partie des Territoires d'Outre-Mer.
La base fut bâtie en 1949 par la première mission
sur Amsterdam, et porte le nom du météorologue chef
de mission, Martin de Viviès.
Il va sans dire que les pionniers des premières missions étaient
de vrais aventuriers, la base ayant gagné divers aménagements
au fil des années. Soixante ans plus tard, nous bénéficions
de tout le confort moderne. Ne subsiste que l'éloignement
de nos proches, tempéré par les moyens de communication
actuels.
Je profite de ce billet pour rendre un petit hommage à ces
hommes qui venaient là tout construire à partir de
zéro...
Et dernière info pour aujourd'hui, je parle de ces hommes,
puisque qu'il n'y a qu'une dizaine d'années que les hivernages
sont ouverts à la gent féminine de même que
sur les bateaux de notre Marine Nationale.