Petite Histoire
Des Iles
Saint-Paul et Amsterdam
Territoire des Terres Australes et Antarctiques Françaises
HISTOIRE D'AMSTERDAM
Ce sont les compagnons de MAGELLAN, tué aux PHILIPPINES le
27 avril 1521 au cours de son tour du monde, qui, le 18 mars 1522
à bord du "VICTORIA", sous les ordres de Juan Sébastien
DE EL CANO découvrirent la plus haute des deux îles
appelée maintenant Amsterdam. Le journal de Francisco ALVO,
pilote du "VICTORIA" venant de TIMOR (île de la
SONDE), et allant au CAP, est formel à cet égard.
Il y est dit, à la date indiquée, que son navire,
passant par 37° 35' de latitude sud "se trouve en vue d'une
île élevée ayant environ six lieues de tour
et paraissant inhabitée, mais qu'on ne put y prendre pied
malgré plusieurs tentatives".
Une centaine d'années plus tard, le navire hollandais "ZEEWOLF",
commandé par Harwick CLAESZ DE HILLEGOM, aperçut par
temps brumeux la plus méridionale des deux îles (SAINT-PAUL),
dont il fixa la latitude à 38° 50' sud. N'étant
indiquée sur aucune carte, il lui donna le nom de son navire
mais cette désignation ne fut pas adoptée par la suite.
Quant à l'origine de ce nom, le géographe et géologue
Charles VELAIN l'a retrouvée dans un portulan (carte marine
que l'on dressait au moyen âge) du temps de Henri II. C'est
celui d' Evert GYSAERTHS de 1559 qui indique par 38° de latitude
sud, une île avec cette mention " T.Q. descrobio o nao
S.PAULO ".
Le 17 juin 1633, le gouverneur hollandais Van DIEMEN se rendant
à JAVA, passe entre les deux îles à bord de
son navire le "NIEUW-AMSTERDAM", et donne ce nom à
la plus septentrionale des deux îles, le nom de SAINT-PAUL
étant conservé pour la seconde.
Il faut attendre 1696 pour que l'on vienne sur ces deux îles.
C'est le hollandais Van VLAMING qui y débarque et les visite.
Son récit donne peu de détails sur AMSTERDAM mais
contient une intéressante description de SAINT-PAUL et l'opinion
accrédita que la découverte de ces îles était
due à VLAMING. En 1792, l'Amiral d'ENTRECASTEAUX et Huon
de KERMADEC, allant en TASMANIE à la recherche de LA PEROUSE
avec 2 flûtes "LA RECHERCHE" et "L'ESPERANCE"
, s'arrêtent les 28 et 29 mars devant AMSTERDAM, ce qui permit
à l'ingénieur BEAUTEMPS-BEAUPRE de faire un rapide
lever de la côte orientale.
L'année suivante en 1793, Lord MACARTNEY, en route pour la
CHINE, vient mouiller le 1er juillet avec ses deux vaisseaux "LE
LION" et "L'INDOUSTAN" devant SAINT-PAUL. Il ne fait
qu'une brève excursion à terre ou il trouve un marin
brestois, PERON, qui lui fournit de nombreuses informations sur
l'île. PERON naviguait sur "L'EMILIE", commandée
par un américain, quand il fut lâchement abandonné
le 1er septembre 1792 sur l'île SAINT-PAUL en même temps
que 4 autres matelots. Ses compagnons finirent par s'entre-tuer
et le marin brestois devait demeurer sur l'île de nombreux
mois. Il mit à profit son séjour forcé pour
l'étudier, pour en dresser une carte très intéressante
qui porte le nom d'AMSTERDAM, perpétuant une erreur datant
du voyage du navire anglais "MERCURY", quelques années
auparavant. PERON occupait ses loisirs à chasser les otaries,
très nombreuses alors et à préparer leurs peaux.
Pendant qu'il pilotait Lord MACARTNEY débarqué sur
l'île, les compagnons de ce dernier lui en dérobent
plus de 800.
Après l'épopée du marin brestois, l'île
SAINT-PAUL ne reste pas pour autant inhabitée puisqu'en 1880,
le capitaine BLAIR du "CLYDE" trouve un français
et trois créoles qui pêchaient et préparaient
du poisson qu'une goélette venait chercher tous les ans.
Venant de la TRINIDAD et allant en AUSTRALIE, DUMONT D'URVILLE sur
"L'ASTROLABE" aperçoit les deux îles. L'incertitude
qui planait toujours quant à leur position fut levée
en 1837 par le futur Amiral CECILLE commandant "L'HEROINE",
chargé de porter aide aux baleiniers, mais l'île SAINT-PAUL
n'est toujours pas occupée et ni celle-ci, ni AMSTERDAM ne
semblaient appartenir à aucun pays.
A partir de cette époque, SAINT-PAUL et AMSTERDAM seront
surtout fréquentées par des baleiniers américains
et anglais qui, souvent, laissent quelques hommes pour faire la
chasse aux otaries dont la fourrure était très estimée
en CHINE.
Un groupe de commerçants de l'île BOURBON (LA REUNION),
désireux d'organiser une station de pêche à
SAINT-PAUL, presse le gouverneur de prendre possession des 2 îles.
Par arrêté en date du 8 juin 1843, le gouverneur charge
le capitaine au long cours Martin DUPEYRAT de cette mission. C'est
ainsi que le 1er juillet l'île d'AMSTERDAM devient française
et que l'île de SAINT-PAUL le devient aussi dès le
3. Le pavillon national est hissé, le Capitaine DUPEYRAT
retourne à bord de son bateau "L'OLYMPE" vers la
REUNION, laissant sur place à SAINT-PAUL le premier détachement
de l'Infanterie de Marine et quelques pêcheurs sous les ordres
d'Adam MIEROSLAWSKI.
Six mois plus tard, le Capitaine GUERIN chargé de ravitailler
la petite garnison de SAINT-PAUL et les pêcheurs établis
dans le cratère, rentre et fait un rapport pessimiste sur
les ressources et les conditions de vie offertes par l'île.
Dès l'année suivante le gouvernement français
fait savoir qu'il ne ratifie pas le récent acte de prise
de possession, la garnison est alors évacuée, l'établissement
de pêche, privé d'appuis officiels, périclite
et doit être abandonné en 1853.
Ces îles redeviennent des îles à conquérir
et, bien que sans propriétaire, elles seront assez souvent
visitées, cette seconde moitié du XIX siècle
étant marquée par plusieurs expéditions scientifiques.
C'est ainsi que du 19 novembre au 6 décembre 1857, la frégate
autrichienne "LA NOVARA", débarque une équipe
scientifique à SAINT-PAUL et procède à une
étude approfondie de la flore, de la faune et de la formation
géologique de ce volcan insulaire. La même année,
le bateau "NAPOLEON III" commandé par le Capitaine
MOREL fait naufrage à SAINT-PAUL et perd son chirurgien et
un matelot.
AMSTERDAM qui jusque là n'avait vu que quelques pêcheurs,
chasseurs ou naufragés, va devenir dès le mois de
décembre 1870, une terre à coloniser et c'est le fait
d'un habitant de l'île BOURBON, Monsieur HEURTIN, qui débarque
de "LA SARCELLE", le 18 janvier 1871 avec sa famille et
quelques compagnons pour tenter des essais de culture et d'élevage
de bovidés. Les essais furent négatifs, et HEURTIN
et les siens retournent à l'île BOURBON le 19 août
1871, recueillis, très amoindris, par un navire de commerce.
L'île redevient déserte. En 1873, elle reçoit
la visite du navire anglais "LA PEARL", le Commodore GOODENOUGH
ainsi que le Lieutenant HOSKEN font un relevé rapide de la
côte nord et nord-est complétant ainsi le tracé
de la côte sud. Cette carte, publiée en mars 1874 par
les soins de l'Amirauté anglaise, indique pour la première
fois la forme générale de l'île. Le 23 septembre
1874, le Commandant MOUCHEZ avec "LA DIVES" amène
la mission astronomique française venue pour observer le
passage de VENUS devant le soleil. Installée à SAINT-PAUL,
cette mission va y rester jusqu'au 4 janvier 1875. Une goélette
de 80 tonneaux, "LE FERNAND" s'offrit d'emmener à
AMSTERDAM quelques scientifiques dont Charles VELAIN à qui
l'on doit la description géologique des 2 îles. Le
16 janvier 1876, la goélette "LE FERNAND" commandée
par le Capitaine HERMANN, sur laquelle Charles VELAIN avait fait
ses 2 voyages à AMSTERDAM en 1874, est jetée par un
fort coup de vent d'est, brutal et soudain sur les falaises de l'île,
15 hommes d'équipage trouvent la mort et, seuls survécurent,
le Capitaine et un matelot qui furent sauvés 32 jours plus
tard par un bâtiment italien.
Depuis l'expédition de DUPEYRAT et MIEROSLAWSKI en 1843,
les pêcheurs de LA REUNION, qui continuaient à fréquenter
les îles, étaient persuadés de leur appartenance
française, mais un son de cloche très différent
circulait à CAPETOWN où "LA NOVARA" en 1857
déjà, avait avisé que ces deux îles étaient
anglaises et qu'elles étaient rattachées à
l'île MAURICE. L'incertitude régnera encore jusqu'en
octobre 1892, époque où l'aviso "LA BOURDONNAIS"
se voit confier la mission de venir hisser le pavillon français
sur ces deux îles. La mer est houleuse, les canots ne peuvent
s'approcher de la côte, le débarquement est impossible.
Le second Capitaine se jette à l'eau avec 2 matelots et gagne
la côte en emportant une amarre, un va et vient peut alors
être établi... La cérémonie a quand même
lieu, mais la même opération tentée à
SAINT-PAUL, se solde par la perte du marin HAMON noyé dans
le cratère. De retour des îles KERGUELEN, en janvier
1893, "L'EURE" renouvelle la prise de possession.
En 1899, les 3 et 4 janvier, "LA VALDIVIA" puis en 1903
les 16 et 17 avril "LE GAUSS" visitent rapidement les
deux îles tandis qu'en décembre 1910 "LE PARISIANA"
brûle devant l'île de SAINT-PAUL.
Ces îles sombraient peu à peu dans l'oubli lorsque
le décret du 21 novembre 1924 les rattache à la province
de TAMATAVE à MADAGASCAR. En 1928 toujours à SAINT-PAUL,
la société "LA LANGOUSTE FRANCAISE" crée
une usine de mise en conserve. 21 européens, une centaine
de malgaches composent l'effectif de cette nouvelle tentative et
cette mission dispose d'un vapeur pour le ravitaillement et l'évacuation
des produits, de 2 grosses vedettes et une flottille de petites
embarcations de pêche. La fabrication est de l'ordre de 700
caisses par mois, ce qui représente environ 210000 langoustes
en boite. Enfin l'entreprise s'annonçait florissante lorsqu'à
la suite de divers avatars et d' une épidémie de béribéri
qui décima le personnel malgache en 1931, la société
dut abandonner la station. Pendant ce temps, de rares savants comme
Aubert DE LA RUE en 1929, en 1930 et 1931, le professeur JEANDEL
en 1939, l'aviso "L'ANTARES" en 1931, visitent SAINT-PAUL.
L'aviso escorteur "LE BOUGAINVILLE" de retour de CROZET,
en 1939, touche l'île SAINT-PAUL en mars et secourt le chalutier
"ILE BOURBON" trouvé en difficulté dans
le cratère et panne de charbon depuis fin 1938. Le mauvais
état de la mer empêche l'aviso "LE BOUGAINVILLE"
de débarquer à AMSTERDAM.
Pendant la seconde guerre mondiale, ces îles furent peu visitées,
mais cependant les Anglais songèrent à installer une
station météorologique à SAINT-PAUL, une mission
se rendit sur place à bord du "DUMONT D'URVILLE"
en 1945 mais la fin des hostilités avec le JAPON les fit
renoncer à ce projet. La FRANCE reprendra le projet en considération
quelques années plus tard car, dans une époque où
les besoins en informations météorologiques sont croissants,
et quand on sait que certains pays entretiennent à grand
frais des stations flottantes, une île située sensiblement
à égale distance de l'ANTARCTIQUE, de l'AUSTRALIE
et de l'AFRIQUE DU SUD devait nécessairement recevoir une
station météo. C'est pourquoi le 31 décembre
1949, le langoustier "SAPMER" de 1500 tonneaux commandé
par le Capitaine VERDAVAINE débarque la première mission
dirigée par Paul MARTIN DE VIVIES. Cette mission avait un
important matériel pour procéder à l'installation
d'une station permanente qui fonctionne normalement depuis 1950.
La mission était composée de 4 météos,
4 radios, 1 infirmier embarqués à MARSEILLE, auxquels
vient s'ajouter un contingent venu de MADAGASCAR et composé
de 2 européens et 13 malgaches portant ainsi l'effectif à
25 hommes dont le chef T.P. RADAVIDRA.
Pendant ce temps, en 1949, le voilier auxiliaire "CANCALAIS"
de 300 tonneaux réaffirmait la souveraineté française
sur les îles et étudiait la possibilité d'une
installation permanente. Il lâcha des chèvres sur l'île
d'AMSTERDAM mais le dernier bouc fût abattu en 1954. Début
décembre 1949, la frégate "TONKINOISE" rejoint
le "CANCALAIS" à SAINT-PAUL puis passe une journée
à AMSTERDAM en y laissant une petite stèle inachevée.
Pendant ce temps, l'aviso "LA PEROUSE" venant de KERGUELEN
avec à son bord la mission SICAUD, essaye de toucher AMSTERDAM
pour emporter le courrier mais le mauvais temps l'en empêche,
un premier espoir déçu pour la mission.
Le 10 avril, le bateau "SAPMER", sa campagne de pêche
terminée, quitte l'île d'AMSTERDAM pour rejoindre LA
REUNION. Le 13 avril, le navire des expéditions polaires
françaises "COMMANDANT CHARCOT" de retour de TERRE
ADELIE (où le débarquement avait été
impossible), mouille devant l'île, un dialogue s'établit,
les provisions sont quelque peu complétées avant que
le navire ne quitte AMSTERDAM. Alors commence l'hivernage qui durera
huit mois.
Le réconfort moral arrive par les messages depuis TANANARIVE
et par l'émission spéciale de la R.T.F.: "ALLO
L'ILE D'AMSTERDAM PARIS VOUS PARLE". Les promenades s'organisent
à l'extérieur de la base, LA DIVES et LE FERNAND sont
foulés, le temps s'écoule peu à peu, 1951 succède
à 1950, un beau jour le "SAPMER" stoppe devant
l'île, le courrier est rapidement distribué, l'isolement
a cessé, l'époque de la relève approche. Le
26 janvier, revenant de KERGUELEN "L'ITALO MARSANO" arrive,
le relève s'effectue, depuis cette époque le rythme
s'établit ainsi.
Une tradition de pêche maintenant centenaire unit SAINT-PAUL
et AMSTERDAM à LA REUNION. Elle se poursuit grâce à
la société de pêche malgache et réunionnaise
qui dispose depuis 1949 du navire congélateur le "SAPMER"
cité plus haut et dont les cales à moins 20 degrés
pouvaient transporter 240 tonnes de queues de langoustes destinées
surtout au marché métropolitain.
D'années en années, les navires se font de plus en
plus nombreux, citons le dundée "RAMUNTCHO", les
liberty-ships affrétés par la F.O.M. "L'ITALO
MARSANO", "LE VERCORS", le "SAINT MARCOURF",
le "GALLIENI" et maintenant le "MARION-DUFRESNE"
depuis 1974. Chaque année, le langoustier "SAPMER"
rend visite à la mission, de nombreuses fois le Capitaine
BARBATON y a été vu puis le Capitaine RIOU. Le temps
a passé, le "SAPMER" a été remplacé
tout d'abord par le "CAP HORN" jusqu'en avril 1980 et
depuis décembre de cette même année par "L'AUSTRAL"
et " L' AUSTRAL 2" depuis 1993,commandés par le
capitaine de pèche Mr BARBARIN, puis Mr LEGLATIN.
Quelques bateaux étrangers s'arrêtent quelquefois pour
raisons sanitaires ou matérielles. Citons entre autres le
bateau hollandais "HOUTMANN", les bateaux anglais "NEW
ZEALAND", "CAMBERRA STAR" et "TASMANIA STAR",
le bateau français "CETRA COLOMBO", le voilier
français "CAPTAIN BROWNE" en 1972, la goélette
anglaise "WAVE WALKER" en détresse depuis 2 jours
en 1977, le sloop rhodésien "MONOMOTAPA" en 1977.
N'oublions pas de citer les navires français tels que le
"COMMANDANT RIVIERE" début 1977, ainsi que le "DOUDART
DE LAGREE", "LA DURANCE" début 1978, "LA
JEANNE D'ARC" et "LE FORBIN" début 1978, et
à nouveau l'aviso escorteur "DOUDART DE LAGREE"
en 1979 puis l'aviso escorteur "COMMANDANT RIVIERE" en
1980. Et plus particulièrement près de nous en 1993
:
- "L'ALBATROS"
- "LE VAR"
- le "COMMANDANT BORY"
- "L'ANTARCTICA"
TOPONYMIE D'AMSTERDAM
ANTONELLI (cratère) : Altitude 202 m.
Nom donné par la 9ème mission en 1958.
François ANTONELLI, adjoint technique de la météorologie
nationale victime d'une chute mortelle au cours d'un dépannage,
à la ROCHE GODON, le 23 avril 1958.
BRULOT (cratère) : Altitude 631 m.
Par analogie avec le terme marin, bâtiment rempli de matières
inflammables pour mettre le feu aux vaisseaux ennemis.
CALDEIRA :
Terme de géomorphologie désignant un cratère
de grandes dimensions.
CALE :
Lieu de débarquement de la première mission, le seul
endroit de toute l'île où il soit possible d'aborder
et encore aux seules périodes où le ressac le permet.
COLERIDGE (ravin) :
Il semble que le nom soit mal rapporté par la tradition.
Il doit plutôt s'agir de GOODRIDGE, qui fit d'abord naufrage
en 1822 sur les îles CROZET, fut sauvé par LA PHILO
et passa ensuite quelques mois à AMSTERDAM.
CYCLOPE (cratère) :
Dans la mythologie latine les cyclopes sont les ouvrières
de VULCAIN Dieu du feu.
DEL CANO (pointe) :
En souvenir du navigateur portugais Sébastien DEL CANO, qui
prit le commandement de LA VICTORIA après la mort de MAGELLAN,
et découvrit l'île le 18 mars 1522.
DIVES (monts de la) : Altitude 881 m.
Aviso à vapeur de la marine nationale, commandé par
le Capitaine de vaisseau MOUCHEZ, transporta aux îles St PAUL
et AMSTERDAM la mission française d'observation du passage
de VENUS sur le soleil, durant la campagne d'été australe
1874 - 1875.
DUMAS (cratères) :
M. DUMAS de l'Académie Française, secrétaire
perpétuel de l'Académie des Sciences, président
de la commission du passage devant le soleil, chargé d'organiser
la mission française d'observation en 1874.
Nom donné par Charles VELAIN géologue.
DURANDAL (rocher) :
Rocher dressé comme l'épée légendaire.
ELEPHANTS (mare aux) :
Seule mare du littoral. Baignoire très souvent fréquentée
par les éléphants de mer en mue.
ENTRECASTEAUX (pointe d') :
Antoine BRUNI d'ENTRECASTEAUX (1737-1793) envoyé à
la recherche de LA PEROUSE, avec LA RECHERCHE et L'ESPERANCE, reconnut
la côte sud-ouest de l'île le 28 mars 1792.
EVENTS (les) :
Effondrements de coulées creuses.
FAUSSE POINTE :
Nom donné par les pêcheurs de langoustes avant 1955
à un repère pour la pose des casiers. Pointe pouvant
masquer aux navigateurs les pointes voisines plus connues.
FAUX SOMMET : Altitude 691 m.
Point culminant du cratère de l'OLYMPE et point le plus élevé
aperçu de LA ROCHE GODON.
FERNAND (mont du) : Altitude 731 m.
LE FERNAND, petite goélette de 80 tonneaux occupée
à la pêche dans le cratère de l'île St
PAUL en 1874, au moment du séjour de la mission d'observation
du passage de VENUS. Elle emmena le géologue Charles VELAIN
et deux autres savants jusqu'à l'île d'AMSTERDAM, où
ils purent rester pendant deux semaines. Le 16 janvier 1876 LE FERNAND
fit naufrage contre la pointe d'ENTRECASTEAUX et perdit 15 hommes
de son équipage.
FERNAND (pierrier du) :
Ravin très abrupt garni d'éboulis et situé
au pied du mont.
Nom classique de volcanologie.
GALETS (côtes des) :
Littoral contrastant avec les falaises rocheuses abruptes qui ceinturent
à peu près complètement l'île.
GOODENOUGH (pointe) :
En souvenir du Commodore G. GOODENOUGH commandant la PEARL, qui
procéda en août 1873 à un rapide levé
de la côte nord.
GRANDE MARMITE : Altitude 742 m.
Cratère tout à fait circulaire d'environ 250 m de
diamètre qui entame directement le sol sur une profondeur
de 100 m.
GRAND TUNNEL :
Longue coulée basaltique, évidée après
refroidissement en surface et présentant une suite de nombreux
effondrements de la voûte.
HEBERT (cratère) :
Professeur, membre de l'Institut, directeur du laboratoire de géologie
à la Sorbonne et maître de C. VELAIN.
HEURTIN (coulée) :
Nom d'un colon de l'île BOURBON (REUNION), venu le 18 janvier
1871 faire de la culture et l'élevage des bovidés.
La solitude leur pesant, HEURTIN et les siens repartirent le 19
août de la même année. Il aurait introduit les
bovidés sur l'île.
MARTIN DE VIVIES (base) :
Paul MARTIN DE VIVIES (mort en 1972), ingénieur de la météorologie
nationale, chef de la première mission météorologique
installée à l'île d'AMSTERDAM en 1949/1950.
La base MARTIN DE VIVIES est construite sur le lieu-dit "LA
ROCHE GODON".
MUSEAU DE LA TANCHE (le) : Altitude 748 m.
Petit cratère bordé d'un bourrelet circulaire rappelant
la bouche de ce poisson. Le nom sans doute donné par un des
médecins, chef du district, est un terme employé en
anatomie.
NOCTAMBULES (ravin des) :
En souvenir du retour nocturne de deux géographes, GUICHARD
et GOUJON, déposés au sommet par hélicoptère,
puis abandonnés sans équipement et sans vivres à
l'issue d'une station, par la suite d'un brusque changement de temps
et qui ne réintégrèrent la base que le lendemain
matin après avoir passé une nuit inconfortable et
pluvieuse dans ce ravin.
NOVARA (pointe de la) :
La frégate autrichienne "NOVARA" s'arrêta
à l'île d'AMSTERDAM en décembre 1857, au début
de son voyage scientifique autour du monde et procéda à
des études approfondies de la flore, de la faune et de la
géologie de ce groupe d'îles.
OLYMPE (cratère) : Altitude 691 m.
L'OLYMPE était un bâtiment de commerce commandé
par le Capitaine MARTIN DUPEYRAT commissionné en 1843 pour
prendre possession des îles AMSTERDAM (1er juillet) et St
PAUL (3 juillet) où il amena 60 pêcheurs et un détachement
d'Infanterie de Marine. Cette opération ne fut pas ratifiée
par le gouvernement du roi Louis-Philippe. Cette prise de possession
eut lieu 50 ans plus tard, en 1893, par l'aviso L'EURE.
OTARIES (chaussée des) :
Chaussée fréquentée par les otaries.
PEARL (falaise de la) :
Le navire anglais LA PEARL, Commodore GOODENOUGH, second HOSKEN,
procéda en août 1873 à des levées hydrographiques
sur la côte nord.
PHYLICAS (versant des) :
Le versant des phylicas comporte d'abord un peuplement de phylicas
relativement dense, appelé grand bois. Ensuite un petit bois
dénommé bois du CHAUDRON et enfin quelques arbres
dispersés dans une région dénommée les
bosquets.
Les phylicas arbres petits et au feuillage peu développé,
sont les seuls arbres résistant aux vents des terres australes.
Ils se maintiennent de préférence dans les anfractuosités
des coulées basaltiques, sur le versant abrité des
vents dominants.
PIGNON : Altitude 720 m.
Nom donné par H DE CORBIAC, ingénieur géographe
en 1966 à un éperon important de la ligne de crête.
RAMBARDE : Altitude 616 m.
Vestige de la paroi d'un cratère attaqué par le recul
de la falaise formant une rambarde au plateau des tourbières.
RECHERCHE (pointe de la) :
Nom du bateau commandé par d'ENTRECASTEAUX envoyé
à la recherche de LA PEROUSE, qui s'arrêta à
AMSTERDAM les 28 et 29 mars 1792.
RIBAULT (mouillage) :
En souvenir du matelot Emile RIBAULT, du SAPMER, noyé le
8 janvier 1950, au cours des opérations de débarquement
de la première mission.
ROCHE GODON : Altitude 29 m.
Nom donné par les premières missions françaises
en 1960 à l'emplacement de la base MARTIN DE VIVIES, godon
signifie caillou dans le langage familier des membres des missions.
ROOCKERIE (pointe de la) :
Présence d'une colonie de manchots gorfous.
SOLITAIRE :
Rocher isolé en mer.
TAUREAUX SAUVAGES (versant des) :
Partie de l'île la plus fréquentée par les descendants
des bovidés introduits dans l'île par HEURTIN en 1871
et qui sont passés maintenant à l'état sauvage.
TOUBIBS (la barre des) :
Nom donné en 1966/67 à une petite marche rocheuse
semi-circulaire. Toubib, de l'arabe tebib, signifiant médecin.
En souvenir des médecins militaires qui exercèrent
les fonctions de chef de mission à l'île d'AMSTERDAM.
TOURBIERES (plateau des) :
Ces tourbières ont été signalées dès
les premières reconnaissances des sommets de l'île.
TROIS DEMOISELLES :
Nom donné avant 1955 à une crête dentelée
au bas du mont FERNAND. Ce sont trois fines aiguilles rocheuses.
VENUS (cratère) :
Nom donné par C. VELAIN. Les deux cratères VENUS,
inférieur et supérieur, ont été ainsi
nommés en souvenir de l'expédition scientifique venue
en 1874 observer le passage de la planète VENUS sur le soleil
qui eut lieu le 9 décembre 1874.
VLAMING (pointe) :
Nom donné par LA NOVARA. Parti en 1966 à la recherche
d'un navire probablement perdu sur les côtes de l'AUSTRALIE,
le navigateur hollandais Wilhelm VLAMING avait été
chargé de reconnaître au passage les deux îles
St PAUL et AMSTERDAM.
VULCAIN (cratère) :
Nom du Dieu du feu et du métal dans la mythologie romaine.
Il avait ses forges sous l'ETNA.
PROCES -VERBAL DE LA PRISE DE POSSESSION DES
ILES EN JUILLET 1843
" NOUS SOUSSIGNES, DUPEYRAT MARTIN, CAPITAINE AU LONG COURS,
COMMANDANT LE NAVIRE "L'OLYMPE" DE BORDEAUX, COMMISSIONNE
PAR L'ARRETE EN DATE DU 8 JUIN 1843 DE MONSIEUR LE GOUVERNEUR DE
BOURBON AFIN DE PRENDRE POSSESSION AU NOM DE LA FRANCE DES ILES
SAINT-PAUL ET AMSTERDAM.
" ADAM MIEROSLAWSKI, EGALEMENT COMMISSIONNE PAR MONSIEUR LE
GOUVERNEUR DE BOURBON POUR ASSUMER LE COMMANDEMENT DE CES ILES AUSSITOT
:
" ATTESTONS, CE JOUR 1er JUILLET 1843 EN PRENDRE POSSESSION
AU NOM DE LA FRANCE ET Y AVOIR ARBORE LE PAVILLON NATIONAL SUR LA
DIGUE NORD-OUEST EN PRESENCE DES HOMMES DE LA GARNISON SOUS LES
ARMES QUI LUI ONT RENDU LES HOMMAGES D'USAGE, ET DES PRINCIPAUX
DE L'EQUIPAGE DE "L'OLYMPE" QUI ONT SIGNE AVEC NOUS."
" ATTESTONS DE PLUS, LAISSER A L'ILE SAINT-PAUL MONSIEUR ADAM
MIEROSLAWSKI AU TITRE DE CHEF DE CES DEUX ILES AVEC UN DETACHEMENT
DE L'INFANTERIE DE MARINE POUR GARNISON."
" EN FOI DE QUOI NOUS AVONS SIGNE LE PRESENT PROCES-VERBAL
POUR SERVIR A QUI DE DROIT."
FAIT A LA NOUVELLE AMSTERDAM, AU PIED DU MAT DU PAVILLON, LE 1er
JUILLET 1843.
SIGNE:
DUPEYRAT MARTIN, CAPITAINE DE "L'OLYMPE"
DUPEYRAT CHARLES, SECOND CAPITAINE DE L'OLYMPE
MIEROSLAWSKI ADAM, CHEF DES ILES
MOREAU BERNARD, CHARPENTIER
HENRI ,
CORTES E., LIEUTENANT
Le même type de document a été établi
le 3 juillet 1843 pour l'île de SAINT-PAUL où est restée
la garnison militaire.
DEBARQUEMENT DE LA PREMIERE MISSION
"Le 31 décembre 1949, le langoustier "SAPMER"
de 1500 tonneaux, commandé par le Capitaine VERDAVAINE stoppe
devant l'île de LA NOUVELLE AMSTERDAM, mais la visibilité
est mauvaise et rien ne pourra être tenté pendant cette
journée. Le lendemain 1er janvier 1950, malgré une
mer forte, une partie du personnel descend à terre sous l'oeil
dédaigneux des manchots. Dès le 2 janvier, le débarquement
effectif commence, il se poursuivra jusqu'au 26 avec de nombreuses
interruptions dues au mauvais temps. Durant cette période,
un labeur exténuant est accompli : installation du camp numéro
1, débarquement, évacuation, dynamitage, pose d'une
voie Decauville, 3 fois enlevée par la mer, mise en place
d'une grue.
Malheureusement un accident mortel vient troubler le débarquement.
Un radeau, le long du navire est inégalement chargé
lorsqu'une lame le fait chavirer, le matelot saute à la mer
mais est entraîné par un paquet de tôles, le
corps de l'infortuné ne sera jamais retrouvé.
Le 16 février la première baraque est montée,
en 3 semaines le camp est terminé, la station météo
est ouverte le 11 mars, le réfectoire, la cuisine, le four
à pain sont prêts. Un météo s'improvise
boulanger et après maint essais infructueux, le premier pain
blanc et croustillant apparaît sur la table à la satisfaction
générale."
LA PREMIERE MISSION
Départ de la pointe des GALETS le 24 décembre 1949
Arrivée à la NOUVELLE AMSTERDAM le 31 décembre
1949
Embarquée à bord du langoustier SAPMER I
Commandant du bateau le Capitaine VERDAVAINE
Chef de la première mission : Ingénieur météo
MARTIN DE VIVIES
Exploitants météo : Messieurs Henri TREUSSART,
Bernard SAHY,
Alfred FAURE,
Léon COURTOIS.
Chef de la station radio : Adjudant-Chef DELSALLE
Exploitants radio : Sergents FELARD,
PARENT,
CHEVALIER.
Infirmier : Adjudant HERRAYE.
Chef des travaux publics : RADAVIDRA
Equipe des travaux publics : Benoît RASATA,
Ahmadi SAID,
Abdallah ABASSI SAID,
Pierre RATSIMANDRESY.
A ces personnels, qui resteront jusqu'au 6 février 1951,
doit être ajoutée une équipe temporaire restée
du 31 décembre 1949 au 10 avril 1950 dont la mission consistait
à construire le camp.
Il s'agit de : Monsieur BERNHART conducteur de travaux
Le Sergent RIBERE monteur dépanneur
La première mission quittera l'île de la NOUVELLE AMSTERDAM
le 6 février 1951 et embarquera sur le liberty-ship "ITALO
MARSANO".