"Chronique du temps passé" publié au
début des années 80 sur Sud-ouest, par Mr BOUYER:
Forges.
A l'époque, on ne plaisantait pas avec les voleurs....
_C’est une pièce d’archives
de cette époque, un extrait des formalités
judiciaires de la Chambre criminelle du Conseil supérieur
de Poitiers qui nous permet de faire connaître à nos
1ecteur ce fait d’histoire locale qui vaut d’être
conté et qui, probablement, demeure peu connu des
habitants de notre commune.
_En 1772 vivait à Puydrouard un farinier du nom de Jean Penigaud, qui été collecteur
de la taille pour la paroisse de Forges. Il eut pendant huit Jours à son
service un employé qui avait pour nom Louis Magot, âgé de
34 ans.
_Un beau matin, notre farinier s’aperçut que la collecte de l‘impôt
(taille), soit 150 livres, avait disparu de l’armoire qui la contenait.
Les soupçons se portèrent sur le citoyen Magot, d’honnêteté contestée.
La maréchaussée alertée vint quérir Magot au cabaret.
Avec force propos, il avoua aux représentants de l’ordre, d’être
l’auteur du vol dont on l’accusait.
_Ayant prié les filles du meunier d’évacuer la maison,
prétextant qu’il voulait dormir, Magot prit la clé de l’armoire
où se trouvait le fruit de sa convoitise, ouvrit celle-ci, s’empara
de celui-là, et alla déjà le dépenser.
_Il avait changé huit écus de six livres en deux louis d’or.
Les tenants de la justice revirent deux fois sa cause. Il fut emprisonné à la
conciergerie du Palais royal de La Rochelle. Le 5 septembre 1772, Magot « aurait été condamné à être
pendu et étranglé jusqu’à ce que mort s’ensuive, à une
potence dressée sur la place royale de La Rochelle, où son corps
mort resterait exposé vingt-quatre heures et serait ensuite transféré aux
fourches patibulaires pour y rester jusqu’à entière consommation »
_Ensuite transféré aux fourches patibulaires pour y rester jusqu’à entière
consommation »
Ses biens seraient acquis et confisqués. Il devait, de plus, « six
livres d’amende envers le roi ».
Infligé de cette peine, notre domestique ne purgea point sa faute de
cette manière.
_Le jugement définitif prononcé le 10 décembre 1772 condamne
cette fois-ci notre homme, « à servir le roi sur ses galères
en qualité de forçat à perpétuité, qu’il
soit flétri sur l’épaule droite d’un fer chaud en
forme des lettres G.A.L. par l’exécuteur de la haute Justice ».
_Magot finit ainsi sa vie, nous le supposons. Ce document nous laisse à penser
que cette condamnation ait pu éveiller chez celui qui la reçut
de vifs sentiments de repentir et un sincère regret de sa faute.
SITUATION
Forges (département de la Charente-Inférieure,
arrondissement de Rochefort, canton d’Aigrefeuille) est
situé à 20 kilomètres de La Rochelle.
C’est le chef-lieu d’une commune dont la superficie
est de 1358 hectares. Ses 893 habitants sont disséminés
dans différents villages : Forges, Puydrouard, Villeneuve,
la Beltrie, les Rivières, le Magnou, la Chatelière,
la Charre.
Cette commune est bornée : au nord, par Virson ; à l’est,
par Chambon ; au sud, par Le Thou ; à l’ouest
par Aigrefeuille.
En 1790, la commune faisait partie du canton de Ciré et
dépendait du district de Rochefort-sur-Mer. .
La commune de Forges est traversée par la route nationale
de La Rochelle à Périgueux et desservie par la
ligne de chemin de fer de Paris à La Rochelle. La station
placée à 1 kilomètre du bourg met les
habitants en communication facile avec les centres commerciaux
de La Rochelle, Rochefort et Niort.
Dans les siècles passés, le bourg de Saint-Laurent
de Forges était plus au nord de la commune qu’il
n’est maintenant, puisqu’une relation de 1640 le
place à un quart de lieue seulement de Mandroux. Par
la suite, les habitants bâtirent plus au midi en se rapprochant
de l’église.
Le Bourg (484 habitants) est propre, assez bien bâti
sur la route de Rochefort à Fontenay-le-Comte. Quelques
maisons neuves précédées de jardins fleuris
l’égaient par leur apparence confortable ou coquette
; toutes en général sont crépies et blanchies à la
chaux et « annoncent des intérieurs gouvernés à la
baguette par d’irréprochables ménagères ».
(I)
___________
(I) Victor Cherbuliez.
ORIGINES
Le pays d’Aunis formait anciennement une presqu’île
que des marais enchâssaient à droite et à gauche
; l’isthme qui la joignait au continent était
une étendue de terrain large de 2700 toises, placé entre
Forges et Ardillères.
(I) « Il comprenait 87 paroisses, oultre l’île
de Ré, jointes les unes aux autres, bornées et
limitées par la clausture de l’étendue
de cette province, de la mer, des marais et passages d’eaulx
douces sauf du coté dudit lieu de Surgères pour
séparer le gouvernement de Poitou et de la Xaintonge
auxquels il aboutit et qui le circuissent ».
37 de ces paroisses, dont Forges, formaient la banlieue,
renfermées
par les costes et falaises d’une part et d’aultre
par les eaulx et doulcins qui tombent au gué de Virson,
le port Bertrand et les bôts (2) de Nuaillé.
Forges est dans une plaine où commencent des marais
qui s’étendent au nord du côté de
Nuaillé.
Il est fait mention de cette paroisse dans un pouillé de
1401sous le nom « d’Ecclésia pariochalis
Sancti Lanrentii de Forgüs ».
Elle doit son origine certaine à quelques familles gauloises
de pêcheurs venues dans ce lieu et trouvant dans la pêche
le moyen de vivre assez facilement. Ils s’y construisirent
des maisons lacustres pour se soustraire aux attaques des bêtes
malfaisantes qui vivaient dans tous les bois environnants,
et nous retrouvons aujourd’hui dans la tourbe du marais
communal, la trace de leur passage par la présence d’armes
en pierre : haches, couteaux, grattoirs.
_______________________
(I) Père Arcère.
(2) Bôts (celtique) large fossé servant au dessèchement
des marais.
Au même endroit furent trouvée des cornes du
genre cerf, des dents d’animaux aujourd’hui disparus
du sol.
Deux maisons lacustres au moins, furent découvertes
il y a quelques années par les ouvriers qui extrayaient
la tourbe du marais. Des troncs de chênes entiers supportant
les planchers des cabanes ont été retrouvés
profondément enfoncés dans le sol ; tout près,
des tas de bois, du coudrier surtout, étaient liés
en fagots et semblaient destinés à servir de
passerelles entre les cabanes et la terre ferme, où rôdaient
les grands fauves.
Deux dolmens au moins, existaient dans commune dans les fiefs
dénommés les Roches et les Grosses-Bornes ;
les anciens se rappellent avoir vu dans ces lieux, des pierres énormes
rappelant par leurs formes et leurs dimensions les dolmens
existant à Ardillères.
DEMOGRAPHIE
En 1700 Forges est une paroisse de 140 feux.
En 1789 on compte, 726 habitants, 218 feux.
En 1839 « 991 «
En 1859 « 1106 «
En 1875 « 1158 «
En 1890 « 850 «
En 1911 « 893 «
Depuis 1789, la population augmenta progressivement d’importance.
Son chiffre le plus élevé est de 1158 en 1875.
A ce moment, la prospérité des vignes bat son
plein ; chaque propriétaire vigneron a pour l’aider
un et deux domestiques ; 11 distilleries d’eau-de-vie
fonctionnent dans la commune.
Mais bientôt le phylloxéra fait son apparition
; la consternation règne dans tout l’Aunis, et
en 1882 de nombreuses familles abandonnent le pays pour la
ville voisine — il faut ajouter que plusieurs sont revenues — et
les derniers recensements accusent une population de 900 habitants,
exactement 893 et qui n’a pas diminué depuis 20
ans.
TABLEAU DEMOGRAPHIQUE COMPARATIF
ANNÉES
NAISSANCES
MARIAGES
DÉCÉS
1674 28 2 21
28
2
21
1684 19 3 15
19
3
15
1753 31 10 24
31
10
24
1770 41 4 17
41
4
17
1773 21 2 31
21
2
31
1779 16 5 29
16
5
29
1803 38 9 22
1812 28 6 33
1833 28 8 29
1842 27 4 24
1852 29 9 19
1871 17 4 42
1883 19 14 19
1892 10 7 25
1893 22 6 27
1902 27 9 22
1903 19 4 7
1910 17 3 8
HISTOIRE
La commune était au XIVe siècle
comprise dans la banlieue de La Rochelle et ses habitants concouraient
avec les Rochelais à la garde de leur ville ; c’est à dire
que si d’un côté, elle jouissait de certains
avantages, comme ceux d’être défendue en
cas d’attaque, de l’autre il lui fallait toujours être
prête à lutter pour la cité tourmentée
que fût La Rochelle, à se rendre à l’appel
pour la réparation de ses fortifications, à contribuer à ses
charges qui furent énormes notamment pendant la guerre
de Cent ans et au moment de la Réforme où les
levées de contributions étaient incessantes et
les cultures des pauvres « laboureurs à bras » dévastées
par les gens de guerre qui transformaient leurs champs déjà maigres
en désert.
Un grenier à sel existait à Forges sous Charles
V; c’est là, que pour augmenter le produit des
impôts, chaque habitant était forcé d’en
acheter une quantité déterminée ; encore,
par faveur du roi et en raison des services rendus pendant
l’occupation anglaise, on ne payait que 25 °/ de
l’impôt inique appelé « gabelle » .
En 1542, ce droit fut élevé à 48% ; le
peuple se souleva et le gouverneur de l’Aunis, de Chabot
de Jarnac étant impuissant à réprimer
la révolte, François vint à La Rochelle,
où ému par tant de misères amassées,
il fit la remise des peines prononcées par les juges.
En 1547, la gabelle fut abolie dans l’Aunis.
En 1569, Coligny blessé à Moncontour, venant
de Saint-Jean-d’Angély passe à Forges en
se dirigeant vers La Rochelle.
Bien qu’aucun fait militaire marquant n’ait eu
lieu croyons-nous sur le territoire de la commune de Forges,
elle eut â souffrir certaines déprédations à la
fin du XVl siècle au moment des guerres de religion.
MONOGRAPHIES COMMUNALES
Les Réformés vinrent y prêcher
leurs doctrines, ils y eurent quelques succès, mais
les nouveaux convertis revinrent promptement à la religion
de leurs pères et abjurèrent en 1657 et 1669,
n’attendant pas la révocation de l'Edit de Nantes,
ainsi qu’en font foi les registres de l’Etat civil.
En 1640, l’église était complètement
découverte ainsi que le constate l’archiprêtre
de La Rochelle dans son procès-verbal de visite à la
paroisse.
Loin de former un tout bien homogène, la commune présentait
dans ces temps lointains deux caractères très
différents : au nord, Saint-Laurent de Forges habité par
une population agricole, laborieuse, essentiellement terrienne,
au midi, un vi1lage, Puydrouard, renfermait la partie la plus
policée, disons, plus brillante de la population.
C’est parmi celle-ci que la paroisse choisit ses trois
députés aux Etats-Généraux de 1789.
Députés du Tiers aux États
de 1739
L’Assemblée du bourg de Forges se
réunit le 1e Mars dans l’Eglise pour dresser ses
cahiers de doléances, plaintes et remontrances et nommer
ses députés dans le nombre et la manière
prescrite par l’article 31 du règlement, savoir
: dans les bourgs, villages et communautés, deux députés à raison
de 200 feux et au-dessous, trois au-dessus de 200 feux, quatre
au-dessus de 300 feux et ainsi de suite.
Landrieu, sénéchal, tient l’Assemblée.
Le bourg étant composé de 218 feux élit
députés ; Jean Simonneau, Jean Laubat, Augustin
Landrieu.
Ils ont tous trois signé le cahier des doléances
du Tiers-Etat de l’Assemblée du bourg de Forges,
cahier duquel nous relevons les articles suivants :
ARTICLE II
« Que les impôts soient répartis
avec une égalité proportionnelle sur tous les
sujets sans exception. L’abus et si grand que des particuliers
qui ont vendu tout ou partie de leurs biens supportent toujours
les mêmes vingtièmes : taille et corvée.
La source de cet abus provient de la difficulté qu’a
le pauvre à se faire rendre justice et qu’il lui
en coûte un louis à l’Élection pour
se faire décharger d’un écu ; il est peu
ou point du tout écouté à l’Intendance ».
ARTICLE XI
« A propos du contrôle des Actes,
les lois sont cachées, puis un jour on nous fait de
grandes et fortes menaces; faibles, nous avons peur, nous payons
des amendes considérables, quel abus!»
ARTICLE XVI
« Que tout propriétaire à qui
il sera pris du terrain ou autres propriétés
pour une grande route puisse se flatter d’être
remboursé de leur valeur intrinsèque. Les grands
le sont, les petits ne le sont pas, quelle injustice ! »
ARTICLE XVIII
« Que les Etats-Généraux
soient périodiquement assemblés.
Par ce moyen, notre roi bienfaisant sera assuré que
ses ministres, ni aucun corps dans l’Etat domineront
despotiquement son pauvre peuple ».
1er Mars 1789, Signé : Jean Simonneau,
Jean Lauhat, Landrieu, ne varietur. (I)
«
C’est dans les cahiers de 1789 qu’on voit l’esprit
français dans ses qualités éminentes ;
justesse, précision, sagacité, rapidité ;
le remède partout appliqué au mal, sans sophisme
et sans emphase » (2).
En 1790, devant une récolte médiocre les officiers
municipaux se tourmentent de l’approvisionnement de la
commune.
«
Le pain étant moitié froment et moitié orge,
disent-ils, faudrait 10.890 boisseaux et la récolte
qui n’a été en froment que de 1.700 boisseaux
et en orge 2640 boisseaux, ne pourra nourrir la population
que cinq mois. Le vin devant faire le reste et étant
dans les mains des plus riches tenanciers, les habitants réclament
le secours de la nation. »
Par suite, le 3 octobre 1790, les officiers municipaux obligent
les boulangers à afficher leur taxe, à donner
le poids, à vendre du pain bien cuit, à marquer
leurs pains de leurs initiales, s peine de 50 francs d’amende
pour chaque contravention.
En application, le 25 décembre 1790, procès à Barbeau,
boulanger qui a mêlé de l’orge à son
froment : coût 48 francs.
Les habitants sont industrieux ; ils veulent faire un peu de
commerce. Aussi le 2 Novembre 1790, les notables presentent
une adresse à l’Assemblée du département, à Saintes,
pour que Forges soit distraite et séparée du
district de Rochefort et réunie à La Rochelle
pour la plus grande commodité de ses habitants, ses
communications avec Rochefort étant fermées par
les marais, de Ciré, ce qui les oblige à passer
par La Rochelle et leur fait un voyage de 2 jours.
(I) Archives départementales.
(2) Edgard Quinet.
« Cest de La Rochelle, disent-ils, que part le numéraire
qui circule à Forges et le vivifie ». (I)
Liste des Officiers Municipaux et des Notables
en 179O
OFFICIERS MUNICIPAUX
Guillemot, Simonneau, Richeaume, Roi, Duprat, Laubat.
NOTABLES
Hilaire Braud, Jacques Girard, J. Pouthier, Boucard, René Mazot,
Devigneau, Chéransat, J. Charron, Pierre Bouhier, j.
Charron dit la Tresse, P. Bonneau, P. Michel.
Le rôle de la contribution patriotique de la paroisse
est de 707 livres 17 sous.
Une Société pour la destruction des préjugés
s’était fondée à Ciré, la
Société envoya ses avis, mais le conseil général
de la commune les trouva insuffisants et adressa à Ciré la
lettre suivante:
«
Nous avons reçu la vôtre en date du 29 floréal,
nous y avons vu L’énonciation d’une sollicitude
vraiment fraternelle, vous nous y donnez des Conseils, vous
nous y marquez une route à la destruction des préjugés, à l’anéantissement
du fanatisme, au reigne de la raison, portion de l’éternelle
Lumière qui seule doit éclairer les hommes dans
le chemain du bonheur pour lequel ils sont voués : ce
sont des services ; mais ils ne sont pas ce que vous pouvez
les faire, nul ne peut mieux Exécuter un plan que celui
qui la conçu, vous vous offrez à cet effet, venez
et ne balancés pas ; nous vous receverons comme des
frères Bienfaisant, nous écouterons En Enfans
dociles la morale pure Et Saine que nous Ennonceront des levres
ennemies du mensonge Et qui ne parlent que 1a Vérité,
venez nous aider à déraciner ces antiques Erreurs
que nous Suçames pour ainsi dire avec le lait de nos
mères, nous les avons combattues; mais dénués
de cette force de raisonnement qui prouve Et convingt Et que
donne L’éducation Et les Talens nous n’avons
fait qu’ébaucher un ouvrage dont la prfection
Est réservée à
des génies supérieurs Vous les renfermez dans
votre Sein faite les Sortir pour la félicité de
nos cohabitants. Quelle satisfaction de Travailler au Bonheur
de ses semblables En faisant le sien, vous y trouverez Et votre
avantage et celui de fréres qui ne manqueront jamais à la
reconnaissance du plus Signalè des Biens ».
Signé : Laubat, maire ; Combaud, agent national ; Frouin,
greffier ; J. Charron ; P. Motay ; P. Michel.
(I) Archives communales.
IMPOT FONCIER
Avant que la loi uniforme n’ait remplacé les
coutumes anciennes, la recette des impositions était
donnée à l’adjudication à charge à l’adjudicataire
de fournir une caution bonne et solvable. On le nommait le
collecteur d’impôts. En I793, l’adjudication
fut donnée à Alexandre Barot qui subloge à la
faire à raison de 3 deniers par livre et qui présente
pour sa caution Jean Godreau farinier.
Le collecteur prélevait donc un certain profit, mais
la responsabilité rendait sa charge très pénible,
aussi en I795, malgré l’impôt fixé à 12
deniers par livre, le collecteur donne sa démission
et personne ne veut le remplacer.
En 1796, eut lieu un emprunt forcé pour les besoins
de la guerre ; le rôle de la commune de Forges s’éleva
pour cet objet à 7340 francs. (I).
3 NOTABLES DE LA PAROISSE EN 1751
Brantôme, Fromentin, Piron.
(I)Archives communales
SEIGNEURIE
Au XVII siècle existait à Mandroux
un chateau disparu aujourd’hui et constituait la principale
seigneurie de la commune.
Laissant à son fermier le soin de faire rentrer les
redevances de ses paysans, le seigneur habitait le château
de Sigogne, paroisse du Thou, étant à la fois,
seigneur de Sigogne, Mandroux et autres places ; c’est
ainsi que nous trouvons : Extrait de 1’Etat des paroisses
de la généralité de La Rochelle avec l’imposition
de l’année 1698, le nom du seigneur à qui
l’on payait redevance et la production du terroir.
«
Forges — 1710 livres — à Monsieur de Sigogne — Blé,
vin et peu de pacages ».
Ce seigneur était Benjamin de Magné, fils ainé du
feu Benjamin de Magné et de Sylvie Boilesve.
Le seigneur qui lui succède avait le droit de basse
et de moyenne justice. Des lettres trouvées à l’Arsenal
de La Rochelle et signées par Louis XIV lui conféraient
les privilèges attachés à la charge de
trésorier général des finances. Son nom était
Paul-François de Pont. Ses armoiries étaient
: « d’azur au pont d’or
maçonné de sable ».
Il eut deux fils : 1er L’ainé Paul de Pont, banquier, était
seigneur des Granges de Virson, Saint-Vincent des Chaumes,
la Chambauderie, Basauge et la Chatelière d’Aigrefeuille;
en 1726, il était directeur de la Chambre de Commerce
de La Rochelle; en 1708, il acheta de Samuel Bernon, trésorier
de France à Poitiers, une grande maison ayant issue
sur les rues du Palais et de la Juiverie, aujourd’hui
I’Evêché et en 1728, par contrat du 21 Juin,
la Chatellenie d’Aigrefeuille.
2° Jean Samuel de Pont, seigneur de Mandroux,
conseiller du roi en ses conseils, maitre des requêtes
ordinaires en son hôtel, intendant de justice, police
et finances en la généralité du Bourbonnais.
Il naquit à La Rochelle, le 31 Mars 1725 il mourut le
23 Décembre 1805 ; il était marié à Marie-Madeleine
l’Escureul de la Touche (I).
Le seigneur, disons-nous plus haut, avait le droit de basse
et moyenne justice. Ses jugements étaient exécutés
en 1766 par Millet, juge de la Chatellenie ; Faune, procureur
fiscal et Pierre Jean Argnaud notaire royal héréditaire à Mandroux.
A l’approche de la Révolution, le Seigneur habite
surtout Paris ; en 1791, il passe à l’étranger
et nous lisons à la date du 28 Novembre 1792:
«
La municipalité assemblée dans la chambre commune,
le procureur de la commune a dit que, jusqu’à ce
que le sieur de Pont, dit de Mandroux, cy-devant seigneur de
la terre de Forges ait rapporté son certificat en règle
d’existence en France, il est pensé émigré et
ses Biens confisqués au profit de la nation conformément à la
loi de l’Assemblée nationale ; il défend à Challou,
le fermier, l’exploitation des bois et futaies de Mandroux.
Le 10 Novembre 1793, les papiers du cy-devant seigneur, sont
remis par son frère le cy-devant seigneur de Pont des
Granges à deux citoyens : Simonneau et Antoine Charron
qui apportent les dits papiers à la chambre commune.
La municipalité décide de brûler, le 17
Novembre, les papiers de la Seigneurie ainsi que ceux du citoyen
Landrieu, cy-devant sénéchal de la seigneurie
de St-Bibien d’Argenson, située au midi de la
forêt de Benon. »
(I) Notes biographiques de Jourdan.
Le Conseil général y est convoqué ainsi
que tous les citoyens. Ceux-ci s’y rendirent ainsi qu’il
ressort du procès-verbal suivant:
«
Aujourd’hui, 17 Novembre 1793, l’an deuxième
de la République française une et indivisible à 3
heures après-midi, nous maire, officiers municipaux
et notables de la commune de Forges assemblés face la
place de 1’arbre de la Liberté, y avons
fait apporter les titres féodaux et Seigneuriaux qui
nous ovoient été déposé dans notre
commune ainsi qu’il appert par les deux précédents
procès-verbaux, nous y avons à cet effet, en
conformité de la loi, dresse un feux de joie d’iceux
; un nombre infini de citoyens et de citoyennes de tout âge
si sont réunis et ont apporté du bois pour qu’ils
fussent plus tôt réduits en cendre.
Le citoyen maire, après y avoir mis le feu, a entonné l’himne
marseilloise ce qui a été par tous les spectateurs
répété avec le zelle et l’ardeur
du vrai républicain ; les danses ont succédé à l’himne
marseilloise et successivement des chansons relatives à la
Révolution en répétant sans cesse sa ira,
sa ira, cette fête a
duré jusqu’à la nuit et s’est terminée
par une farandole autour de l’arbre de la Liberté en
criant unanimement, Vive la République et nos représentants.
Signé : Collon ; P. Motay ; Frouin, procureur de la
commune ; Pierre Michel, maire ; Proust, greffier ; Louis Millon ».
Après la période révolutionnaire M. de
Pont de Mandroux rentra en France où il mourut en 1805.
Le 15 Mai 1812 eut lieu la vente finale de la terre de Mandroux
et dépendances au profit du mineur Charles François
de Pont de Mandroux, qui vivait à Paris avec sa mère
veuve de Jean-Charles-François de Pont, fils de Jean-Samuel
et remariée avec Joseph Barthélémy, négociant à Paris.
Les géomètres levèrent un plan de la propriété,
ce plan fut divisé en lots et chaque lot ou parcelle
de lot fut adjugé aux habitants des villages voisins pour
un prix moyen de 148 fr. 57 l’hectare.
Les Propriétaires actuels des terres de Mandroux ont dû enlever
de l’emplacement certain du château, des pierres
de construction, des tuiles brisées, des débris
de ferrailles, des poteries diverses, des épées,
etc. Seules, les deux jolies fontaines dans lesquelles le château
mirait ses tourelles, fontaines connes de loin pour leur profondeur
de gouffre et leur limpidité de cristal, indiqueront aux
générations futures la cour d’honneur du
château orgueilleux dont le temps, niveleur incomparable,
s’est chargé de détruire jusqu’aux
derniers vestiges.
Visite de Notre-Dame de Mandroux
par Jousseaume, archiprêtre de La Rochelle
« Le 11 Août 1650, après visite
de Saint-Laurent-de-Forges, nous avons visité en compagnie
de M. P. Robillard, curé de l’église de
Forges et M. G. Collibert, curé de Virson, la chapelle
de Mandroux, sise dans un bois et distante d’un quart
de lieue du bourg de Forges, où nous avons vu une grande
chapelle bien bâtie. . . Et n’y a aucune porte
pour la fermer, ni aucune fenêtre et vitraux et rien à opposer
aux bouviers et animaux qui passent dans le bois où elle
est située. MM. Robillard et Collibert nous ont dit
qu’environ y a 15 ans que le défunt seigneur de
Sigogne et de Mandroux a fait démolir la charpente de
la chapelle et fait transporter les matériaux d’icelle
dans une sienne métairie appelée Pousseloube
assez proche du lieu de Mandroux. Nous ont aussi dict les dessusdicts
qu’en ladite chapelle se font souvent des voyages de
personnes atteintes de maladies et fiaivre lesquelles y trouvent
du soulagement ; de sorte que si cette chapelle était
remise en état et resbatie, elle serait beaucoup fréquentée ».
(I)
EXTRAIT DE L’ÉTAT-CIVIL CONCERNANT MANDROUX
12 Novembre 1856. — Mariage de Pierre Argnaud, notaire à Mandroux
et de Renée Soullard, tous deux de cette paroisse en présence
de leur plus proches parents et de la plupart des habitants de
la paroisse de Forges.
23 Septembre 1657. — Baptême de Anne Argnaud. Le
parrain a été Monsieur jean Rabiet, sieur des Rochers,
l’un des gardes à cheval de Puydrouard et la marraine
Anne Rié, fille de Monsieur de St-Etienne.
Le mardi sixième jour de May 1659 est décédé M.
Guillaume, prêtre de Mandroux, chapelain et aumônier
de la chapellanie. Je, curé de la paroisse de Forges,
l’ai inhumé dans l’église paroissiale
dudit Forges, le mercredy du mois que dessus en présence
des curés, vicaires et autres qui ont assisté au
dict enterrement. Signé, Périer, curé.
25Août 1686. — Baptême de Benjamin Morisset.
Le parrain a été Monsieur Benjamin de Magné,
chevalier, seigneur de Sigogne, Mandroux et autres places ; la
marraine, Damoiselle Marie Anne Auber, fille de Monsieur de Courcerac,
chevalier, seigneur de Courcerac et de Basdon.
Légende de Mandroux
Près de Virson existe une très
jolie fontaine qui se nomme la fontaine de Mandroux. Elle est
excessivement large, limpide et l’on prétend qu’elle
est sans fond. On raconte à son sujet qu’une jeune
fille habitait le château de Mandroux, tout proche de
la fontaine. Un jour, poursuivie par un jeune Seigneur, elle
se précipita dans la fontaine et le château disparut
en même temps. A certains jours, on aperçoit au
fond du gouffre la silhouette du château ; et, l’ombre
de la jeune tille, sous la forme d’une dame blanche,
apparaît fréquemment sous la lune au-dessus du
cristal des eaux ». (I)
____________
(I) G. Musset.
(I) Buil. de La Rochelle 774 lf III V° er 112.
L’église est le seul monument qui
soit à Forges digne d’attention. Sa construction,
comme la plupart de celles des communes voisines, peut être
attribuée aux Bénédictins. Elle est d’une
architecture simple mais assez bien en il en est fait mention
d un pouillé de 1401. (i)
Elle est bâtie très probablement sur les ruines
d’une ancienne église dénommée Sancli
Laurentii de Forgiis, prieuré-cure. Le droit de patronage
y fut exercé du XIe XVIIe siècle par le prieur
de l’île d’Aix. -
C’est un édifice roman du commencement du XIVe
siècle. La façade est surmontée d’un
modeste campanile percé d’une baie dans laquelle
est placée la cloche.
Anciennement, la porte était précédée
d’un porche ou parvis où se tenaient les néophites,
ceux qui n’étaient pas encore baptisés
et les pénitents. La démolition de ce porche
fut votée, le 8 Août 1867, parce que, dit la délibération
du Conseil de cette date, le dit porche occasionne des réunions
qui font du tapage et troublent les fidèles dans l’église.
En 1774, Une cloche fut offerte par le seigneur de Mandroux,
nous relevons à cette occasion le document suivant
BÉNÉDICTION DE LA CLOCHE
Elle a été nommée Jean—Marie ; le
parrain a été messire Jean Samuel de Pont, chevalier,
conseiller du roi en ses conseils,
seigneur de cette paroisse, et la marraine Dame Marie Madeleine
(I) Archives de Saintonge et d’Aunis.
Françoise 1’Escureul de la Touche,
représentés par M. François Rornieu, avocat
au siège présidial de La Rochelle, sénéchal
de cette paroisse et Demoiselle Anne-Catherine Antoinette Roinieu
sa fille, qui ont signé avec nous.
Cette cloche fut remplacée en r8r9 par celle qui existe
encore aujourd’hui. — Nous lisons : Le 9 août
1871 a posé le grand tableau au-dessus du maître
autel de l’Église de Forges représentant
Saint Laurent dans son martyre, envoyé de Paris par
M. de Pont de Mandroux, qui en a fait présent. (i )
Le ix Avril 18t7, Demoiselle Marguerite Fontaine donne aux
pauvres de Forges une rente perpétuelle de i fr. o à condition
qu sera célébré à perpétuité une
messe i la mémoire de Pierre Fontaine, frère
de la testatrice.
LÉglise de Saint—Laurent de Forges est, comme
les églises voisines, une véritable nécropole
et sous s dalles repo de nombreux ascendants des familles notables
actuelles.
Dans les premières années de l’ère
chrétienne, cette f était réservée
aux seigneurs, ecclésiastiques, gens darmes, tous personnes
de qualité ; mais peu à peu, moyennant une faible
somme, cet honneur fut facilement accordé ; c’est
ce qui explique les nombreuses sépultures faites alors
dans les églises. Nous eti donnons ci l’énumération
chronologique :
30 Août 1659 — Marie Penigaud, femme Jean Ferraiid.
26 Mai i66o — Jeanne Ferrand, fille de la précédente.
7 Avril 1663 — Damoiselle Victoire, femme du seigneur
d’Ingrande .
2 Avril 1664 — Marguerite Martin.
17 Octobre i66 — Jean Grenot.
(I) Archives paroissiales.
22 Août i666 — Anné Rié,
femme Pierre Petit, sergent
royal.
20 Décembre r666 —Jacques, escuyer, sieur de la
Tremblaye.
15 Novembre 1667 — Jeanne Girard, femme Michel Martin.
, 29 Septembre 1669 — Pierre Argnault, boucher.
20 Septembre 1670 — J.-B. Bouzage.
3 I Décembre 1674 — Jacques Grenot, marchand.
I9 Juillet 1676 — Louis Caillaud.
27 Octobre 1676 — Louis Jousseaume, frère du curé.
7 Septembre 1678 — Hélène Fruchot. 23 Janvier
1679 — René Gabet.
24 Janvier 1679 — Claude Rousseau.
13 Septembre 1679 — Marie Bareil.
27 Février i68o — René Simonneau.
20 Février i68o — Jacques Rideasse, chirurgien.
26 Décembre i68o — Pierre Argnault, notaire.
12 Février i6$r — Jean Rousseau, seigneur de Maisonneuve.
4 Juin i68 —:- Louis Jousseaume, curé.
9 Mai i686 — Jean Daniaud.
25 Mai i686 — Catherine Martin.
8 Janvier 1754 — Marie-Aune Pauty.
26 Octobre 1758 - Mathurin Osmont.
i6 Janvier 1759 — Jean Simonneau.
3Mai 1760 — Sous le grand crucifix et devant la porte
du du choeur, le corps de Charles-Joseph-René-Léonor-Henri
Barrin,
comte de la Galissonnière, marquis de Perchefeul, capitaine
au régiment de Languedoc-dragons, grand sénéchal
d’Anjou, gé de 24 ans, décédé le
jour précédent à Puydrouard.
A la même place, Messire Vincent Barrin, chevalier de la
Galissonnière, cornette an régiment de Languedoc-Jragonè,
âgé de 6 ans et 3 mois, décédé également
le jour prêcêdent Puydrouard. .
Juillet ‘774 Fêlicité Osmont. a
ADMINISTRATION ECCLÉSIASTIQUE
Le service paroissial était confié à un
vicaire perpétuel çiii, dans les temps anciens
avait le titre de chapelain et plus tard celui de airê.
Au xv siècle, il était assist6 d’un sous-diacre
qui prit ensuite le nom de vicaire.
u En 1640, les ressources de la cure sont de oo livres et quant
aux bênêfices, il n’y a dans la commune qu’une
chapelle appelée Notre-Dame de Mandroux s. (r)
. Les revenus du curé étaient en partk i sur
une propriêtê foncière qu’il admiaistrait à ses
risques et périls. Nous en trou- vons la preuve en 1790
où il est question des soins qu’il a donnés
au pré de la ci-devant cure, aujpurtthui pré de
la nation ; en
plus, il a des vignes dans le fief des Giraudelles.
Ces revenus s’élêvent alors à 3.044
livres dont il Liut d6duire la pension viagère de 6oo
livres envers M. Fontaine. .
. En 1791, le presbytère ne se vendit pas ; les officiers
munici peux y installèrent un instituteur, Blanchard.
Le curé titulaire Guillemot, qui était aussi
maire de h coin- inune, refusa de prêter serment à h
Constitution et émigra en Espagne pendant une dizaine
danntes. Après son dêpan, rc
fut fermée ; les dépen se d&ériorèrent
tellement %ue, le i Juillet 1792, le maire et les omciers municipaux
décidèrent de faire des réparations pour
la somme de livres. En dédom
(2 Rqksn M Idtss an
inagement de cette dépense, ils affermèrent
les deux chais au levant de la cour pour la somme de 90 francs à Jacques
Charron, pour 3 ans.
Liste chronologique des curés de Forges
MM
6iô — Frère Jehan-Legrand.
162e- — Mathurin Phénix.
1627-185 1 -- Robillard. II signe les premiers registres conservés.
165 — Duponcet. •.
1653 — Périer.
i6sri66; Louis Jousseaume, archiprêti de Surgères,
curé
de Forges. La rédaction de ses actes et son
. écriture sont tout à fait intéressantes.
i68 — Bourbaud.
169o-1714 — Dupont.
1714 — Jean Leroux.
i — Pierre-Gaétan Fontaine.
1 — Charles Guillemot émigra pendant to années
en
s Espagne, durant lesquelles Jérôme Cypierre,
prêtre constitutionnel, fit le service religieux;
. il reprend son poste en i8oa et y reste jusqu’en
1833.
1834 — Joseph Maziére.
184 1 Jean-MaS Debéesse.
1864 — Roussot.
1865—1897 — Jean—Baptiste Ganivet consacra
pendant 32 ans ses meilleurs soins à l’embellisseirient
de 1’Eglise.
1897—1903 — Louis Sauvaget.
1903—1905 — Emmanuel Niox.
1906—1907 — Roger.
1907—1909 — Pierre Le Runigo.
1909 — Henri Gervraud
Extraits de l’État-Civil concernant Forges
? de Sirra Barcil avc It Gilon, k . Lirs 1669. Les témoins
sont : Pierre Ar Ilotjire ; Pierre Petit, huis- sier ; Pierre
Rideasse, chirur ; Jacques Grenot, Iuar
9 Juin 1669 Bapt de Jean—Baptiste Bou Parrain, J eau—Baptiste
de Lagnv ; niarraine, Damoi Marie de la Grange .
7 Juin 1667 — Baptême de Jean Garn Parrain, Jean
Ga berteau, maître d’escolle ; marraine, Aune Argnault,
fille d notaire de Mandroux.
I 5 Novembre I 683 — Mariage de Jean Gaimberteau, fl)aitre
d’escolle, avec Catherine Petit. Ont signé : C.
Petit, Gaimbur teau, Anne Petit, Pierre Rideasse, Jacques jousseaunie,
Grenot, Bonnefoy, Louis Cudorge chirurgien, Anne de Cuirblanc,
Anne Arnaud, Morisset, Jousseaume, archiprêtre de Surgères
et uré de Forges.
24 Novembre 175 I — Mariage de Maître Charles—Félix
Thi Iorier, avocat au parlement et au siège présidial
de La Rochelle, avec demoiselle Marguerite-Françoise Giraud,
fille de sieur Jean Giraud, conseiller du roi et son procureur
au siège de l’élection
de La Rochelle et de dame Marguerite Foucaud, demeurant en
cette paroisse. Ont signé : Thilorier, Marguerite Giraud,
Goujon,
Marguerite Foucaud, Giraud, Thérèse Regnaud, Fontaine,
curé.
27 Février 1763 — Réhabilitation du mariage
d’Étienne
Braud et de Marguerite Bertin qu s’étaient mariés à la
bonne
foi sans savoir qu’ils étaient alliés du
3 au 4e degré d’affinité.
ABJURATION D’HÉRÉSIE
Le dimanche, e jour du mois de Juin 1657, je,
prêtre curé de Saint—Laurent-de-Forges soussigné et
présent les habitants de la paroisse soubssignés
et autres ay donné l’absolution de l’hérésie à Elizabeth
Bouhier, veuve de Jean Mignot, vivant Marchand, bourgeois de
La Rochelle et maintenant fiancée avec
M. Louis Braud, sieur du Fresi après une publique recong
noissance de ses défauts et adjuration de l’hérésie
de Calvin et autres mauvais dogmes qu’elle avait professé dans
le temps de sa vie. En signe de quoy elle a signé ces
présentes avec le Révé— rend père
Joseph Boucher, R Augustin, M. Jean Rabier,
M. Pierre Petit, sieur de Saint-Etienne, M. Jacques Grenot,
marchand, M. Pierre Argnaud et autres qui ont cy-bas signé.
Visite de l’Église de Saint-Laurent-cIe le 3 Mai
1610
(( Du lundi, 3C jour de Mai i6to.
. Saint—Laurent-de-Forges, cure seulleinent
Nous sommes transportés au lieu de Forges où estans
avons veu et visité l’église dudit lieu
que • nous avons trouvée toute descouverte fors
une partie qui est couverte de rousches, sans clocher qui est
totalement ruyné ; les murailles de ladicte égIi
menacent ruyne ; les ‘vitraux tout ouverts fors qu’il
y a des planches devant le grand vitrail.
En ladite paroisse, il y a deuix chazubles, telles quelles sinon
qu’une est de fort grosse estoffe, ung calice d’estain,
ung missel, deulx paires d’aubes, tout le reste manque
comme aussi les fonds.
La maison presbytéralle est totalement ruyné et
n’y a peint de curé en ladite paroisse. Aucun n’en
ont point yen y a plus de trente ans. Lors à présant
et frère Jean Legrand étant institué s’en
va pour le peu de revenu qu’il y a et que touttefois a
dit estre pourveu du tiltre d’office.
Disent que le revenu de la c i autre esté fort beau, mais
quà présant elle est usurpée, con au\ d’une
c&mfî-ajrje qui estoit en ladite paroisse et e de h)rt
be.iu revenu et s’est tenue en Bt ? prc Grandcl ?
Pour la fhhrique, ne sç.ivent p .iutre bie: En lestandue
de l:ldjte parroisse y a une chapelle appeke Notre—l)al))e-de
Mandroux ; nesçavent point qu’il y ait de revenu.
Plus y a une chapelle à Piedelouard qu’on appelle
St-J fermais qui dépend de St-Bihien de l’ordre
de Fontevrault où se disait la messe tous les dimanches
et lundis ; laquelle est bien de qua- rante ou cinquante escus
de revenu.
Par ledit frère Jehan Legrand a esté dict que autrefois,
il se cueillait de revenu de ladite cure quatre à cinq
cents boisseaux de bled sans y comprendre les grosses rentes
qui estoient environ de sept à huit-vingt boisseaux de
bled.
Présens : Jacques Martin, Anthoine Rigaudeau , Guillaume
Renuteau, P. Martin et Fr. Marie Corbeau ». (i)
( x) Registre de visites aux paroisses, M. 6o, f’ .
Procês-verbal de la visite de l’Eglise
de St-Laurens--de-Forges faicte par Messire Jacques Gastaud,
docteur en théologie, vicaire général
de Monseigneur le Révérendissisme évesque
de Xaintes.
L’an de grâce mil six cent vingt-sept et I’onzième
jour de dimanche du mois de Juillet, nous, Jacques Gastaud,
etc., assisté de messire Daniel Raoul nostre secrétaire
nous serions trouvez en l’église parochialle de
Saint-Laurens-de-Forges, sur la fin de la messe pour y faire
nostre visite, ce qu’aurions faict
en présence de messire Mathurin Phénix, curé de
la dicte paroisse et de tout le peuple qui avait assisté à la
dicte messe parrochiale, nous aurions fait exhortations aux
sudits assistants et iceux admonestez de persévérer
en religion catholique, apostolique et romaine, et de vivrè conformément à la
doctrine et règles
d’icelle, et après avoir demandé audit
curé o c’est qu’il tenait le Saint-Sacreii
de l’autel, lequel nous a respondu que n’ayant
ni tabernacle ni aucun lieu de seureté pour le conserver,
il ne le tenoit point dans ladicte église, en laquelle
aussi il n’y a’ poin de fonds baptismaux ; mais
nous fait voir; assavoir un cresmier d’étain auquel
sont les saintes huilles et un vaisseau de terre où était
l’eau baptismale.
L’avons exorté et néanmoins enjoint de
procurer qu’en ladicte église. il y ait un tabernacle
sur l’autel pour la réserve du précieux
corps de Nostre Seigneur et des fonds baptismaux fermans
à
clef pour y tenir l’eau du baptême et le chrêmier
des saintes huiles, et là y administrer le saint sacrement
du baptême. Nous a aussi faict voir un calice d’estain
tout neuf et deux canettes aussi d’estain, des corporaux
e quatre purificatoires, le tout en bon estat, deux chassubles,
l’une de camelot rouge, l’autre d’une certaine
estoffe mouchetée de couleur obscure qui sei:t
aux messes des trespassez, deux aubes dont l’une est
un peu courte, six nappes d’autel de cherve commune,
avec deux ser—viettes, deux voilles de taffetas, l’un
viollet et l’autre rouge, et un troisième de camelot.
Sur l’autel y avoit une croix de béton assez boneste
et à costé une banière de camelot rouge.
Nous avons après considéré le h de la dicte église
qu’avons trouvé totallement recouverte en son corps
dc latte et de tuile. Ne reste aux aisles d’icelle que
deux chapelles qui ne sont pas couvertes ; l’une desquelles
est du tiltre de Nostre Darne, du costé gauche entrans
en ladiete église tt l’autre, de l’autre part
d’icelle église, dédiée i S Nous a
esté rapporté par les paroissiens que les h de
feu Martin estoient obligez de la faire recouvri r p.u on ennma:dcment,
au subject de quoi ledict feu M y cs et ct encore depuis sa femme.
Avons aussi remarq u i a tp de Li t d : i:e il y avait quelques
p:irties d vitr tii tiert t. . et que le clocher de ladicte li
i estoit ttt des Sur quoi, avons enjoint u:x diet ar de i e dore
e qui reste à fermez desdic vitraux de Lidiete li e: tu
curé de tenir la ni pOUi empe que ie uvsc ne salk Lidicte église.
Qu’icellui cure et P :idviseront ux mokns de faire contraindre
cii justice les héritiers dudiet feu Martin POUF accon
son voeu touchant la couverture de Iadkte chapelle Saint—Blaize
; s’ils font refus de le fhire à l’amiable.
Le avons aussi exhortés de s’efforcer au ii mal
qu’ils p : faite couvrir la chappelle de la Sainte-Vierge
en ladicte église et, en après, s’il se peut,
leurdict clocher.
Nous estans enquis quel revenu il avaient de leur Librique, nous
ont dit qu’elle n’avoit aucun revenu fers quils tiroient
quelque peu d’argent de l’herbe et des noyers qui
sont au cyme— tière, mais qu’autrefois y avoit
en la paroisse une confrairie de Nostre—Dame dont le service
estoit fait en la susdite chapelle S de la Vierge ; mais qui restoit deux journaux
de terre contigcie
avec deux travées de maisons en masure
et ung journau de pré appartenant à ladicte
confrairie et que ledict journau de pré estoit
occupé par le seigneur de Sigougne, qui
en jouissait.
Leur avons enjoint de demander audict seigneur
de Sigougne les levées qu’il a fait
de l’herbe du susdict pré ou le
prix d’icelles pour estre ernploiées à faire
couvrir la susdicte chappelle de Nostre-Darne,
et leur en laisser la jouissance à l’advenir
; et en cas de refus de la part dudict seigneur
de Sigougne, Iuy en f instance et poursuitte
en justice.
Nous estans enquis des susdicts paroissiens quelle église
estoit celle dont les vestiges restent encores
et que nous avons veu passans au village de Pied-de
deppendant de ladicte parroisse, nous ont dit
que c’estoit une chappelle fondée
en l’honneur de Saint-Merme, qui deppendait
du monastère de Saint-Bibien d’Argençon,
de l’ordre dc Fontevrault. Nous ont aussi
rapporté y avoir aussi en l’estendue
de ladicte parroisse une autre chappelle dédiée à l’honneur
de la Conception Immaculée de la très
sainte Vierge, mère de Dieu, et que la
parroisse y alloit en procession, et que la sainte
messe sy disait le jour et feste de ladicte conception
; laquelle chapelle n’a été ruinée
que depuis... ans en ça, et la charpente
portée en la maison dudict seigneur de
Sigougne, lequel jouict et possède encore à présans
de deux
journaulx de terre contigi à ladicte chappelle.
Nous avons enjoint audict curé de s’esclaircir
du fait et d’en
faire les poursuites nécessaires à ce
que ladicte chapelle soit
remise en son premier &at, et que les deux
journaux de terre y soient restituez pour l’entretènernent
d’icelle, estantz de ses
appartenances. (t)
J. GASTAUD, vicaire général ; — RAOTJL,
secrétaire.
(i) Registre de visites aux paroisses. 760. f’
Une lettre préface du « Livre pour
1’Esglise de Saint-Laurent-de— Forges contenant
les baptesmes mariages et sépultures faits dans ladite
Esglise depuis le mois de Juillet mil six cent cinquante et
neuf jusques etc., écrite par Louis Jousseauine, curé.
Au LECTEUR,
Arny Lecteur, tu pourras respondre à ceux qui te prieront
de veoir les anciens Registre de 1’Esglise de Saint-Laurent-de-Forges
que celuy cy est tout Et le premier qui soit en estre. La Raison
pourquoy Il n’y en a point d’autre vient de la
négligence de Ceux qui nous ont précédé ou
bien possible de l’avarice qui veut profiter de tout.
Ce qui me le fait iuger c’est que l’on m’a
dit qu’un c de Forges a emporté autrefois le livre
des Baptesmes à Vandré, ce que j’espère
nous pouvoir servir si nous le pouvons vérifier. La
négligence de mon immédiat prédécesseur
te sera cogntie si tu peux veoir en son entier Le livre pour
faire le prosne dans une feuille duquel sont deux baptesmes
qui ne sont pas vravsemblablement tous ceux-là qu’il
a faict pendant sept ans dans une paroisse où il y a
plus de 300 communianS. Voyla ce que j’ay jugé à propos
d’estre mis Ici pour te servir de Responce et pour te
faire éviter l’un et l’autre de ces deffauts
puisqu’ils sont opposés à nostre devoir.
(t) Archives paroissiales.
A Dieu (i). »
En 1790, au moment de la formation du Conseil
général de la commune, aujourd’hui con
municipal, il n’y a pas de mairie. Aux grands jours de
la Révolution, les réunions se font dans l’Église,
autrement elles ont lieu dans un bâtiment appar tenant
au sieur Lapitaud pour le loyer duquel la commune paie la somme
de 30 francs.
Plus tard, vers 1820, la mairie suit le maire, cest-à-dire
que c’est ce dernier qui fournit la salle des réunEons
et les archives communales voyagent ainsi du Bourg à Puydrouard,
de Psy drouard aux Rivières pour le plus grand dommage
de leur conservation. Le prix du loyer est le mème jusqu’en
1853.
A cette date, après un conflit rela la place de l’Église
entre le conseil municipal et le conseil de fabrique, une mairie
est bâtie sur cette place. Reconnue défecteuse
et insuffisante en 1869, la commune, qui accepte un projet
de restauration de l’école de garçons,
décide d’y adjoindre un nouveau bâtiment,
la mairie actuelle.
CHRONOLOGIE DES MAIRES DE FORGES
—
Charle Guillemot.
—
Jean-Baptiste Laubat.
1779
1792 — Jean Charron.
1792-1794 — Pierre MicheL
1794- 1795 Jean-Baptiste Laubat.
1795-1797 — Etienne Osmond.
1797-1798 Jean Proust.
1798-1799 _ Antojne Charron. — Jean—Baptiste Laubat.
— Alexandre Barot.
1799-1800 — Jacques Barbeau.
1800-1803 _ A. Basile Thilorjer.
1803-1816 Augustin Combaud.
1816-1830 _— Jean Martin;
1830—1834 René—Constant Audry.
1835-1847 _ Jean Martin.
1847-1848 René-Constaj Audry.
I 848- i 8 ; 2 Romain Gougaud.
1852—1865 _ Jean Belle.
1867-1869 Ferdinand Boutjron.
1868 _ Antojne Charron.
1870 _ Elie Charron.
187r __ Benjamin Gougaud.
1872-1876 Pierre-Etjenne Penigaud.
1876-1880 Auguste Boutjron.
1881-1891 Eugène Charron.
1892 _ Pierre-Etjenne Penigaud.
1892-1896 Dément Braud.
1896-1897 _ Perd. Boutjron.
1897—1900 Etienne Paranteau.
1900 Clément Braud.
Nous allons relater à la suite de cette
liste de magistrats, quelques actes adr de plusieurs d’entre
eux qui montreront que le bien-être dont nous
jouissons aujourd’hui n’est que la résultante
des efforts combinés de ceux qui ont vécu et
peiné avant nous.
.
En 1790, Charles Guillemot est maire et curé. Son influence
est grande : il dirige les réunions, juge les délits
de petite impor tance. Le 20 Février 1791, il refuse
de prêter le serment prescrit par la loi et les notables
l’obligent à démissionner tout en recon
naissant qu’il s’est toujours comporté avec
autant « d’édification que de prudence )).
En 1794, l’agent national de Rochefort vient épurer
la muniçipalité et nomme J.-B. Laubat maire.
L’Assemblée se révolta et redemande l’ancien
maire, Pierre Miche! ; l’agent reviiit avec un détachement
de cavalerie installer la nouvelle municipalité, condamna
les auteurs de la cabale à 40 livres et en emmena trois
en prison à Surgères.
En ï 8oo, le maire Thilorier fait établir une pétition
par laquelle la çommune réclame le dégrèvement
de la contribution foncière ; elle établit que
son revenu net est de 14.940 livres et qu’elle paie en
principal et fonds communs 5.646 livres, au lieu du cinquième
de revenu net selon la loi.
Le 6 octobre i8o8, Augustin Combaud fit commencer les fossés
du marais communal; il en fit faire 400 mètres à raison
de 50 centimes le mètre. II procède à la
formation de la garde conimunale composée de tous les
hommes âgés de plus de 40 ans et de moins de 6o.
On l’arma avec tous les fusils de chasse de la commune.
Le 2 Février 1817, Jean Martin fit établir le
cadastre, la dépense totale qui fut répartie
sur plusieurs années s’élevaà s . 122 francs. Le 24 Avril 182r, le Conseil vote 30 fr. en
signe de réjouissance à l’occasion du baptême
de son Altesse Royale, M. le duc de Bordeaux. Le 28 Novembre
823, on établit un bureau de poste à Puydrouard.
Le 9 janvier 183 r, création d’un atelier de charité,
75 francs.
Le 13 Mai 1832, René-Constant Audry provoque la fôrmation
d’un conseil de salubrité, car le choléra
a fait son apparition dans les communes environnantes ; ce conseil
est formé par
Belle Jean, Gouineau Jean, Pasquier François, qui auront à recevoir
les ordres de l’autorité supérieure.
En 184o, sous l’administration de Jean Martin, le Conseil
achète la maison de Mass, charpentier, pour faire une école
de garçons et en 184r, On transforme la garde nationale
en garde
communale, nos gardes nationaux, insultés par cei d’Aigre-
feuille, ne voulant plus avoir avec eu: aucun rapport pour le
service .
En i $43 , la clôture du marais étant dégradée,
le Conseil décide que chaque habitant qui fera pacager,
sera imposé de la somme de i franc par tète de
bétail ; celui qui fauchera le sera de la même somme.
En 1847, pendant que M. René-Constant Audry est niaire,
le Conseil demande que le bureau de poste qu’on instal1e à Aigre-
feuille soit mis à Forges, ce qui éviterait les
frais de piétoi
Forges étant traversé par la route royale.
En 1849, sous l’administration de M. Romain Gougaud, le Çonseil
veut faire construire l’ancienne mairie, mais le Conseil
de Fabrique revendique la propriété de la place
de l’Église ; le Conseil passe outre. Il veut la
conserver comme bien communal et s’impose de i . oo francs,
mais ne s’entendant pas avec la Fabrique, le conflit est
réglé par le Préfet et l’Évêque,
le 26 Novembre 1852.Le 29 Mai r853 , Jean Belle provoque la création
d’une Société de secours mutuels A la même époque,
le Conseil de fabrique réussit à se faire reconnaître
propriétaire de la place et autorise I::t construction
de la mairie à condition que la place restera à tout
jamais affectée à l’usage du public.
Les chiens de la commune sont imposés pour la première
fois à raison de 3 fr. les chiens de chasse et i fr. les
chiens de garde.
En 1854 et 1855, des vols importants de bestiaux ont lieu dans
le marais communal, aussi en i856 le Conseil vote o francs au
garde-champêtre qui sera chargé d’aller ouvrir
et fern les portes matin et soir.
Le 25 Juillet 1858, le Conseil refuse de donner avis favorable à l’établissement
d’une station à Chambon et demande qu’elle
soit placée en face de Forges, ce qui serait, dit-il,
tout à l’avantage de la Compagnie et du public.
Nous savons qu’il fallut attendre cette station jusqu’en
1895.
Le 13 Mars 1859, la commune s’impose de 4.515 fr. pour
travaux à l’Eglise ; le i o Mai , le Conseil fixe
le tarif des sépultures.
En 1864, on porte le rôle du marais à 2 fr. par
tête de bétail et par journée de fauchage.
En i866, une- épidémie de choléra décime
la commune. Le Conseil prélè ioo fr. sur les fonds
libres pour achat d’un objet d’art à M. Piédv-ault,
médecin de grand talent, envoyé par l’autorité maritime
pour combattre le fléau. On meurt surtout aux enyirons
du cimetière situé au centre du bourg ; aussi l’au— tonte
municipale fait dresser un plan pour en etablir un au dehors
de l’agglomération. Considérant les grandes
dépenses, le Cortseil, à la majorité de
6 voix contre , ajourne le projet qui se réalise aujourd’hui
seulement en 191 I sous l’administration de M. Clément
Braud, gendre de M. Jean Belle, promoteur de cette création.
En 1869, M. Charron, maire, contracte un emprunt
de 5.000 ancs pour restauration de l’école de
garçons. En 1870, alors que le Conseil municipal est
remplacé par une commission administrative ayant à sa
tête M. Charron Élie, la commune s’impose
de 2.600 francs pour les dépenses des gardes nationaux
mobilisés.
Pendant le passage de M. Auguste Boutiron à la mairie,
la commune fait un emprunt de io. 5 ro fr. et s’impose
de 6.6oo francs pour la construction d’une école
de filles et la restauration d’une maison d’habitation
pour l’institutrice ; les commissaires de surveillance
furent MM. Bouban François et Penigaud Etienne.
En 1884, M. Eugène Charron, maire, demande à l’admji-iis
tration des Chemins de fer de vouloir bien remplacer la maison-
nette dite des Arceaux par une gare. Il allègue les
affi1ires importantes faites par les 35 patentés de
la commune. Ses efforts ne sont pas couronnés de succès
et la gare demandée ne s’ouvre aux voyageurs que
le w Novembre 1895 pendant la première période
d’administration de M. Clément Braud.
Placé de nouveau, en 1900, à la tête de
la commune, M. Clément Braud, par sa vigilance et son
activité, continue à mériter la confiance
de ses concitoyens. Par une série d’act importants,
il sait leur assurer plus de bien—être et de sécurité.
C’est ainsi que, en 1903, on a fait procéder à la
réfection du cadastre, travail d’une utilité primordiale
; qu’en 1909, le téléphone fut
installé au bourg, facilitant énormément
les opératiosi des commercants et qu’en 1911 la
création
d’un cimetière en dehors du bourg éloigne
les causes d’épidémies que la commune eut
jadis à déplorer.
Depuis le 1er Décembre, Forges est éclairé à la
lumière électrique.Nos morts en 1870-71
Haudin Louis, fils de Pierre Haudin et de Geneviève Labarre,
soldat a 2 régiment de zouaves, mort le 8 Janvier I 87
I , l’hôpital civil de Tours, de bronchite tuberculeuse.
Vid Jean fils de Jérôrne Videau et de Victoire Audry,
décédé le Janvier 1871 Dresde (Allemagne)
du typhus.
Dagneaud Pierre, fils de Dagneaud René et de Françoise
Besson, soldat au 1er bataillon des gardes mobiles de la Charente
Inférieure, mort à Saint_Loup-de4a:Salle (Saône-et-Loire)
d’une fluxion de poitrine.
Delon Pascal, fils de Delon Antoine et de Motey Marie—Olive,
mobile au 8 rue de marche, mort à Luxeuil, le 19 Avril
187 I , des suites d’une fluxion de poitrine.
AUTRES SOLDATS DE 1870-7 I
Audin Auguste, classe i$6o, 49e régiment d’infanterie
de ligne, A ngoulêrne . (24 Novembre) Bellegarde, (28 Novembre)
Beaume- la—Rolande, Point— du —Jour, Châlons —sur— Saône,
Villersexel, Héricourt.
Tuffet Jean, classe iS6o, 49e régiment d’infanterie
de ligne,
Angoulême. A fait la campagne i$7o-7’ ; a été blessé à la
main droite, ainsi que le constate un certificat délivré par
le 27e régi— ment de ligne.
Lapiteau Jean, classe 86 r . Campagne 1870—7 I , certificat
de blessure ; coup de feu à la cuisse gauche.
Enseignement
Contrairem à bon nombre de communes
rurales où la majeure partie des habitants savait à peine
signer son nom il y a cinquante ans, l’enseignement fut
en honneur à Forges bien avant que la Constitution de
1789 ne l’organisat en principe. En 1674, un maître
d’escolle, très estimé, Jean Gaimberteau,
enseigne aux enfants les premiers éléments de
lecture, d’écriture et de calcul. II est né à Forges,
fils de Jean Gaimberteau, labou reur ; il est très bien
vu de la bourgeoisie, ainsi que nous le prouvent plusieurs
baptêmes où il est parrain avec demoiselle Argnaud,
fille du notaire de Mandroux. II se marie avec une fille de
famille, plusieurs nobles ont signé à l’acte
de mariage.
‘
Il est remplacé en i68o par André Camus, qui
reste quelques années et part, laissant le poste vacant.
On le regrette, le doyen dit de lui : « II y a un maître
d’escolle dant on est content, nous l’avons examiné.
En 1694, le 26 Novembre, l’évêque de La
Rochelle exhorte les paroissiens : «. A tascher d un
maître et une maîtresse d’escolle pour instruire
la jeunesse ».
Au moment de la Révolution, l’instituteur Blanchard
est ins— tallé par la municipalité au presbytère
; comme rétribution on lui donne le jardin et le pré.
Il est remplacé en 18oo par Jérôme Cypierre,
curé constitu— tionnel .
Mars 18o6 — Amoureux.
Octobre 1818 — Charles Grattarola, italien .
Novembre 182 I — Touffreaud Pierre.
Février 1824 — Charron Jean, de Forges, gagne
2 I 2 fr.
Le 15 Mai 1830, en vertu de l’ordonnance royale du 14 Février,
l’instituteur demande a enfants qui siiivent son école:
I franc par moi pour les commençants.
I fr. 50 ceux qui écrivent.
2 francs » » l’écriture et le calcul.
La fréquentation est mauvaise, la rétribution donne
un produit trop maigre et l’instituteur ne peut pas vivre,
aussi le 16 Mai 1839 la commune fixe pour l’instituteur
un traitement de 200 francs, elle paie pour le loyer de l’école
120 fr., s’imposant pour ce fait de 3 centimes additionnels
; elle demande à l’État pour le surplus
une subvention de 147 francs.
Devant de si faibles ressources disponibles, le sous—préfet
offre à la commune de la réunir à la commune
du Thou pour l’ins— truction primaire, mais le Conseil,
réuni le 8 septembre 1839, proteste énergiquement
et déclare « que Forges, par sa popula— tion
et sa position est capable d’entretenir un instituteur
et un instituteur capable de pouvoir enseigner convenablement,
autre— ment le Conseil déclare ne point accepter
celui qui se présentera sans bien connaître de quoi
il est capable ».
Signé : M maire, Belle, Bernard, Jean Charron, Antoine
Charron, Besson, Penigaud, A. Charron, Bonnin.
Bien décidé à conserver son école,
le Conseil achète, le 1 Février 1840, la maison
de Mass, charpentier. pour faire une
é
cole de garçons. Le prix d’achat est de 2.200 fr.
; les répara—
tions s’élèvent à i8oo fr., les fniis
d’acte à 200 fr. C’est donc une dépens’e
de fr. pour laquelle il demande à l’Ètat
une subvention de 1.500 fr. qu’il obtient presque immédiatement.
L’instruction est donnée spécialement aux
filles depuis l’année 1838 dans un établissement
de Dames de Chavagnes situé à
Puydrouard. C’était une pension très renommée
qui compta usqu’àI2O pensionnaires, venant de La
Rochelle, Roch et Bordea Ce contingent était grossi par
les filles de familles aisées de la commune qui payaient
une pension d’externat et les filles des indigents pour
lesquelles la commune payait à la direc trice une indemnité annuelle
de 200 fr. A partir de 1876, elle reçut en plus une indemnité de
logement de 200 fr.
En 1875, l’école des filles est commu nausée
; le j Octobre I 88i, une école laïque est créée
au bourg.
Nous sommes heureux de pouvoir dire que l’instru
est très appréciée à Forges. La
fréquentation est absolurnen réguhère
; les élèves ne manquent jamais sans un motifvalable.
Ceci est tout à l’honneur des parents : ilstiennent
essentiellementà ce que leurs enfants, qui, plus tard, vivront de leurs mains,
apprennent aussi à vivre par le coeur et par le cerveau.
Population scolaire en l’année 191l
Filles : 70 — Garçons : 76
Jugement rendu par suite d’insultes
Au nom du peuple Français,
Le tribunal de police judiciaire du canton de Ciré,
département de la charente Inférieure,
a rendu le jugement qui suit
Entre le citoyen Jacques ChaFron, propriétaire, demeurant
commune de Forges, demandeur, suivant la cédule du i
de ce mois, enregistrée à la Jarrie le deux,
notifiée par Héraud, huissier, ledit jour deux,
Contre le citoyen Paul Roy, cultivateur, demeurant dite commune
de Forges, défendeurcomparant aussi en sa personne.
Les conclusions du demandeur tendant à ce que le défendeur
soit coi de se rétracter,. soit en jugement ou par devant
notaire, des propos attentatoires à sa réputation
qu’il a tenu le vingt—huit vendémiaire dernier
en disant qu’il avait fait un faux serment à l’occasion
d’une discussion qu’ils ont eu ensemble pour des
comptes qu’ils avaient à se rendre réciproquement,
sinoti que le jugement à intervenir vaudra ladite rétractation
de reconnaître ledit demandeur pour homme de Bien et
d’honneur et incapable de ‘ce dont il l’a
inculpé ; que Deffenses lui soient faites de ne plus à l’avenir
récidiver sous les peines de droit ; à l’affiche
du jugement et aux dépans.
Par le deffandeur a esté répondu qu’il ne
se rappelle pas, d’avoir tenu le propos dont se plaint
le demandeur ; que s’il la Fait c’est mal à propos.
Ouï les parties en personne ensemble, le commissaire du
pouvoir exécutif de l’administration municipale
de ce canton en ses conclusions.
Considérant que le deffandeur ne dénie pas avoir
tenu le propos dont est question aux conclusions du demandeur
et que c’est un acquiescement de sa part de dire qu’il
ne se rappelle pas.
Considérant qu’un tel reproche est attentatoire à la
probité de l’homme de Bien.
Le tribunaljugeaiit en dernier ressort, saufle recoursan tribunal
de cassation suivant la loy, fait défense au deffendeur,
t l’avenir de se répandre en aucuns propos contre
la probité du deman deur sous telle peine que de droit,
et pour l’avoir fait, statuant sur les conclusions du commissaire
du pouvoir Exécutif les condamne à un Franc d’amende
envers la république équivallant à une journée
de travail conformément à l’article Six Cent
six, du Code des délits et des Peines, dont lecture a
esté faite
et ainsy conçu : » le Tribunal de police Gradue
selon les circons tances et le plus ou le moins de délit
et Peines qu’il est chargé de prononcer, sans Néanmoins
qu’il puisse en auçun cas Ny estre au dessous d’une
amende de i f. valeur d’une journée de Travail,
ou d’un jour d’emprisonnement. Ny s’eslever
au dessus de la valeur de trois journées de travail ou
de 3 jours d’empri sonnement ».
Et a en outre condamné le dit deffendeur aux dépens
taxés à 4 f. 2 5 centimes non compris la levée
enregistrée de la signiffi— catiou du présent
jugement.Ci) Papiers de la famille Mothu-Tourneur.
. (2) Papiers de la famille Tuffet
MONOGRAPHIES COMMUNALES
Fait et prononcé à l’audience du Tribunal
de Police du tan-ton de Ciré, Tenu au dit lieu par nous
Paul Louis Jaudeau, juge de paix et président le dit tribunal et assisté des
citoyens
Pierre Tessier et Je Marchand assesseurs, le sixième jour
du mois de brumaire l’an septième de la’ République
Françoise une et indivisible.
‘
Signé t la minute : Jaudeau ». (i)
PRIX DES DIVERSES MARCHANDISES EN 177r •
«
Une pochée de blé mesture 9 francs
Un fût-barrique 4
Un boisseau de blé d’Espag 2 »
Une barre à barrer la vigne »
Un tierçon de vin 18 »
Un mouton 6 »
Première coupe d’un journal de bon pré o »
Une journée d’homme et de femme travaillant ensemble
en leur fournissant la nourriture était payée r
fr. 25 ». (2)
258 habitants
La maison domaniale de Puydrouard, ainsi que la terre en
dépendant, qui au XVe siècle appartenait aux
Chanoines réguliers de Notre—Darne de Châtres,
près Cognac, diocèse de Saintes, passa aux mains
des Religieuses de l’abbaye de Fontevrault, diocèse
de Poitiers, à la suite d’un procès retentissant
au cours
duquel il y eut une délégation spéciale
du pape Eugène III. (O
«
La chapelle attenant à la maison ne fut construite qu’en
1845, auparavant, le service religieux se célébrait
dans une chambre particulière ; l’autel tenait
dans une alcauve la place d’un lit dit un procès-verbal
du temps.
En 1700, ce domaine est la propriété de Pierre
Rornieu, rece veur-contréleur des fermes du Rov et reste
celle de sa famille
jusqu’en 1838.
En en 1700, sous les règnes de Louis XIII et de Louis
XIV, le village de Puydrouard présente un caractère
tout particulier. Une notable partie de ses habitants est constituée
par des représentants de la petite noblesse provinciale,
vivant dans leurs nmnoirs plus ou moins délabrés,
conservant une grande fierté dans leur médiocrité.
Leurs revenus ne leur permettant pas d’aller à la
cour vivre en courtisans, ils restent chez eux, premiers de
leur village.
Ils s’entendaient bien avec les classes supérieures
du Tiers— Etat; quelques mariages ei
eux ont lieu ; ils sont mention- fréquemment dans les baptêmes.
(x) Bibliothèque de La Rochelle.
La haute bourgeoisie, également nombreuse,
s’y composait de magistrats, avocats, juges des parlements,
employés d’adminis tration et de finances, notables
commerçants.
Par sa situation privilégiée en bordure de la
route royale, par cette population particulière qui
avait fixé là sa demeure, Puvdrouard était
le village Je la commune où régnait le plus de
prospérité et les vieillards ont souvenance des
récits enthousiastes que leur faisaient leurs pères
; récits émerveillés de réunions
luxueuses, de fêtes brillantes, d’équipages
somptueux, e cava— liers fringants ; toutes choses qui
leur paraissaient à eux, pauvres gens habillés
par le tisserand du village, logés dans des maisons
couvertes de chaume, aux carreaux de papier, i l’aire
de terre battue, une résurrection des contes de fées.
(( En 1700, on y trouvait des cabarets nombreux, des gardes-
sel, un bureau des fermes du Roy » (r) installé dans
l’ancien couvent et comprenant un personnel nombreux
; employés des fermes, lieutenants des empioyés,
gardes à cheval, receveur- contrôleur des finances.
Ce dernier se nommait Pierre Romieu, père de François
Romieu, sénéchal de la paroisse, avocat.
A la tête des juges et paraissant exercer une grande
autorité sur son entourage, il nous faut mentionner
Augustin Landrieu, juge ordinaire d la châtellenie de
Mandroux, avocat au Parle- ment et député aux États
Généraux de 1789.
II habitait chez son beau—père François
Romieu. Rejetant la doctrine du prêtre constitutionnel
nommé au Bourg, il cache chez lui un Père Bénédictin
aveugle, son oncle.
Ce prêtre dit la messe, bénit les mariages et
les veillards mon- trent encore la petite fenêtre du
logis part laquelle, en grand secret, il baptisait les nouveaux-nés.
(I) Masse.
Dénoncé à la municipalité,
A. Landrieu provoque des tumultes, puis se soumettant aux exigences
de l’heure présente,
il promet que pour le bon exemple, lui et
les siens assisteront à tous les offices
de la paroisse, mais arrive la Terreur et il est emmené ainsi que sa femme, sa belle-soeur, sa servante,
une
cy—devant religieuse, dans les prisons de Brouage.
Nous le retrouvons après la période révolutionnaire,
refusant d’être maire, mais conseiller municipal
jusqu’à sa mort, en 1832.
Par sa famille comme par ses idées, il tenait de près à la
noblesse du temps. Nous relevons en effet à l’État
Civil :
Mariage du Sieur Landrieu, avocat au Parlement de Bordeaux,
fils de Landrieu, bourgeois et de Demoiselle Boudet de Mondou.
Et Demoiselle Romicu, fille de François Romieu et de
feu Demoiselle Marianne de Chaumejcau. Ont signé :
Landricu, Romieu, Boudet de Mondou, de Bonnegens, Joseph de
Beauxhostes, laborie, Tabois, Rozé, Guillemot, curé.
A sa mort, la maison resta à sa kelle-soeur, Mademoiselle
Louise-Françoise Rornieu , i ncarcérée égalemen
t à l3rouage sous laTerreur. Elle mourutà Puydrouard
en r&16, l’ de 87 ans, soignée par les Ursulines
de Chavagnes, ses légataires, qui depuis 1838 avaient
fondé dans son domaine un couvent de jeunes filles.
L’ancien couvent appartient actuellement à M.
Charbonneau, propriétaire de l’usine du Magnou.
Un autre notable mérite de retenir l’attention,
c’est Jean Baptiste Laubat qu la confiance de ses concitoyens
plaça trois fois à la tête de la commune,
dans les périodes tourmentées. Il
eut l’honneur de porter au États Généraux
de Versailles le cahier de doléances de la paroisse
de Forges avec Landrieu et J ean Simonneau . Homme intelligent,
administrateur intègre; il sut se mettre à la hauteur
de sa tâche souvent ingrate et toujours difficile.
L’importance du village ne disparut pas sitôt la
fin de l’ancien reçu Les voyages, les transports
se faisant tous en voiture, l’animation fut aussi active,
le roulage aussi intense et les indus-. tries qui s’y rattachent,
naturellement prospères : les aubergistes, bourreliers,
ii y trouvaient leur compte.
En 1840, le relais de poste y est créé par ordonnance
royale ». (i)
Mais létablissement des chemins de fer changea la face
des choses. Les voyageurs choisirent lemode le plus rapide, certaines
marchandises furent expédiées par voie ferrée
et Puydrouard devint le village calme et tranquille que nous
voyons aujour d’hui et où il est impossible au touriste
qui passe de retrouver dans les maisons antiques et les trottoirs
moussus le plus petit vestige de cette grandeur 1
(( En 1830, un relais dc poste fut établi à Puydrouard
dans les conditions indiquées Par le brevet
suivant
Brevet de Maitre de poste Pour la route de au relais de Puydrouard. Paris à Niort.
Au nom du Roi
Le ministre secrétaire d’état des finances
sur la représentation du directeur général
des Postes et d’aprés le compte rendu des facultés
et l’aptitude du sieur Audry (René Constant) le
commet pour remplir la place •u maître de la Poste
aux chevaux de
Puydrouard, département de la Charente-Inférieure,
route de Paris à Niort, à la charge par lui d’avoir
le nombre de postillons, chevaux et équipages prescrits
pour le service le ce relais et de
( i) Archives communales.
se conformer en tous points aux lois et règlements
sur le fait des Postes, à peine
de Révocation.
Le présent brevet sera enregistré à
l’administration des postes et à la
mairie de la résidence du maître de Poste.
A Paris, le 15
Décembre ‘830
Le fJvCinistre secrétaire d’État
des finances,
Signé : J. LAFITTE.
Vu ; Le président du conseil des Postes,
Signé : CONTES )). (r)
Le 23 Décembre 1854, création d’un
cercle littéraire
14 SOciétaires. .
Extrait de I’État concernant Puydrouard
«
Ce 13 Apiil j 63 , fut baptisée Anne,
fille de Pierre Petit, garde de sel le Roy et
de Aune Ariette, sa femme. le
J)arraii été Antoine Bayou, aussi
garde de sel pour le Roy ; la marraine, Marie
Penigault.
Ce i8 Décembre 1654 —— Baptême
de Jacques Michel. Parrain:
M. Pierre Petit, Sieur de Saint-Étienne;
capitaine des gardes à cheval de Puydrouard
et Jeanne Foucault, fille du sieur dc la Prenterie.
20 Novembre i868 — Baptême 4’fsabelle
Bardonnin, fille de
François Bardonnjn, escuyer, seigneur
de Sonneville, et de
Damoiselle Marianue de Fleury. Son parrain est
Alex de Fleury, sieur des Granges de Virson.
8 Juillet 1670 — Baptême de Marguerite_Angélique
Laubat,
( z) Archives commun
fille de M. Jean Laubat, employé dans
les fermes du roi à Surgères et de Marie-Angélique
Auboyneau.
I I Septembre 1673 — Baptême de Jean-Philippe Angoulan,
fils de M. François Angoulan, avocat au siège
présidial de La Rochelle. Parrain, Philippe Rozet, bachelier
en théologie, et Damoiselle Marie-Suzanne Daist.
20 Septembre 1679 — Baptême de Françoise
de la Jaille, fille d’Antoine de la Jaille, escuyer,
sieur de Marsilly et de Damoiselle Françoise de Grailly.
Parrain et marraine : Jacques de la Jaille ; Françoise
de Grailly.
31 Janvier 168o — Baptême de Catherine de La Roche,
fille de Michel de La Roche, maître d’armes et
de Louise Thouet. Parrain et marraine : Antoine de la Jaille,
cscuyer et Catherine Petit.
22 Mai 1682 — Baptême d’Anne Daniau, fille
de Jean Daniau, commis aux Traite de Charente et d’Anne
d Cuirblanc. Parrain Jacques Randon, sieur de Bretonnerie,
officier de la Reyne mère deffuncte. Marraine : Madeleine
Grenot.
I Mars 1753 — Mariage de Pierre Nègre, lieutenant
de la brigade des fermes du Roy au poste de Puydrouard, avec
Dernoi selle Claire-Antoinette Romieu, fille du sieur Pierre
Romieu, receveur des fermes du Roy audit Puydrouard et de Demoiselle
Antoinette de Beauxhostes. Ont signé : Nègre,
Romieu, Rousseau, Abellard, Henriette Fontaine, M.
Rousseau, Suzanne, Conqueteau, Fontaine, curé.
21 Juin 1761 — Décès de Dame Antoinette
de Beauxhostes, native de Narbonne, épouse de M. Pierre
Romieu, receveur,
contrôleur des finances du Roy au bureau de Puydrouard ».
(r)
(x) Archives paroissiales.
VILLENEUVE O8 habitants
Comme son nom l’indique, Villeneuve est
un village plutôt récent, dont les premières
maisons furent bâties à proiimité de la
métairie de la Maissonneuve, disparue aujourd’hui
et qui était située près du chemin qui
va de la Beltrie à Marlonge, à égale distance
de Villeneuve et de Bellevue.
En r668, le propriétaire de la Maisonneuve signe Jean
Rousseau, sieur de Maisonneuve.
Au XVIIIc siécle, la métairie passe aux mains
de Pierre Rouhier.
Nous avons dit ailleurs que moyennant une rente, le paysan
qui à l’approche de la Révolution possédait
déjà les trois cm— quièmes des terres
labourabh un cinquièmé seulement des près,
pouvait, grâce à sa pré arrondir son lot
: l’écrit Suivant en est une preuve irrécusable.
(r) (r Baillette. — M Jean-Samuel de Pont, représenté par
M de Pont, à Pierre Bouhier, laboureur à boeufs.
Du 28 Mars 178I.
Par devant les notaires royaux, en la sénéchaussée,
ville et gouvernement de La Rochelle.
Fut présent Messire Jean-Samuel de Pont, intendant de
justice, pollice, fiôances en la générallité de
Metz, seigneur de la terre et Chastellanie de Mandroux, la
Chastellière, Bazauges et dépen dances comparant
par Messire Paul—Charles de Pont, son frère, Chevalier
Seigneur des granges de Virçon, dudit Virçon,
Aigre- kuille, Labrande et autres places, président
trésorier de France,
(‘J Papiers de la famille Mothu.
V au bureau des finances de la générallité de
La Rochelle, demeurant et étant présent en son
Château des Granges, par- roisse dudit Virçon.
Chargé d’ordre dudit Seigneur de Mandroux, dont
il se fait et porte fort Lequel a vollontairement par ces présentes
pour et au nom dudit Seigneur de Mandroux donné:
(( à titre de Baillette perpétuelle et irrévocable
avec toute pro— messe de garantie de fait et de droit
A Pierre Bouhier, laboureur à boeufs, demeurant au Village
de Villeneuve, parroisse de Forges, à ce présent
et acceptant pour lui, les siens ou ayant—cause à l’avenir,
Scavoir est un journal de terre franc de fruits faisant partie
des terres de la métairie de la Maisonneuve en la ditte
Chastel lannie de Mandroux, confront du levant aux terres de
la dit te Métairie Borne entre deux et du nord au chemin
qui conduit du marais communeau de Mandroux à Marlonge
; la présente bail- lette est faite entre les parties à la
charge pour ledit Bouhier de payer ainsy qu’il s’y
oblige un boisseau de bon blé froment, marchand et recevable,
mesure de Marans, par chacun au du et devoir noble, en portant
fief, juridiction, lots, ventes, honneurs et amandes coutumières
auquel devoir ledit journal de terre sus- confronté demeurera
sujet pour l’avenir et spécialement affecté dans
le 1er arrérage sera dû et exigible au jour et
fête de Tous- saints prochaine, rendu et porté par
ledit Bouhier à la recette de ladite Chastellanje de
Mandroux, pour, par lui, ses successeurs ou ayant cause ainsy
continuer le payement et ser’ dudit
devoir perpétuellement d’année en année
et de terme en terme tant et sy longtemps que ledit Bouhier
sera détenteur, proprié taire et possesseur du
dit journal de terre ou de partied’y celluy.
S’oblige le dit Bouhier de fournir à ses frais
audit Seigneur de Pont une grosse des présentes En parchemin
dans un mois aux peines de droit.
Fait et passé au chasteau des Granges de Virçon,
paroisse dudit Virçon, avant midy, l’an mil sept
cent qua et le 20mars. Et ont les parties avec nous signer après
lecture, aussy signé à la minute des présentes.
Bouhier, De Pont des Granges faisant pour monsieur De Pont, mon
frère. Lambert et Faune, notaires royaux »
Conseil Général
En 1840 seulement, le canton d’Aigrefeuille obtient un
repré sentant au Conseil Général ; auparavant,
il était réuni à celui de Surgères
pour s représentation cantonale.
LA BELTRIE
7 habitants
Faire « une trie » pour un choix est une expression
locale encore très Utilisée
chez nous et tout porte t croire que le nom J3cltrie ou Belle trie comme on l’écrivait anciennement
fut
d’abord employé pour désigner les meilleures
terres, « d’où belle trie », attenantes
au château, que les gens choisirent dans la seigneurie
de Mandroux pour se constituer ou agrandir leur propriété au moyen de différentes redevimces,
droits, dîmes, cuvers le seigneur. Des terres, le nom
fut donné par suite au
Village.
A force de labeurs et de privations, il fut reIativernei facile
aux plus tenaces de s’agrandir, car soit besoin d’argent,
soit crainte de l’avenir, le seigneur ne demandait pas
mieux que de se dessaisir d’une Partie de son bien ainsi que nous
le prouve le document suivant
DONATION DE POUVOIRS
«
Je soussigné Paul—Françoj de Pont, chevalier,
seigneur J’Aigrefeuille, Forges et autres lieux, donne
par ces présentes
plain pouvoir à Me Pierre-Charles Ledoux, notaire et
procureur
demeurant à Aigrefeuille et pour moy, et en mon nom
donner à
î
Et à cens les terrains et domaines réunis à mes
Sei— flCuries dépendants des dittes paroisses à ceux
qui se Présenteront
p cest effet et à qui bon luy semblera aux charges,
clauses et øflditions qui me seront les plus avantageuses
en passer acte
Vaflt’flotajre aux frais des preneurs qui leurs biens
cns et à venir et ui seront tenu de m’en fournir
des grosses
«
, bonne forme, et générale faire tout ce qui
conviendra quoy que non exprimé dans ces présentes
qui voudront nonob stant, surannatjon approuvant et ratiffiant
tout ce qui sera fait par le Procureur.
Fait à La Rochelle, le quatorze Juin mil sept cent soixante
cinq, et au bas est écrit approuvé l’écriture.
Signé Depont, controllé à La Jarrie le treize
Juillet mil sept cent soixante-cinq, par Néraud qui a
reçu treize sols pour les droits constitué, approuvé Lacotte.
Signé : Cotonnier, notaire royal.
Les terres de la Chatellenje de Mandroux acquises par Bai1le
perpétuelle et irrévocable étaient sujettes
au sept des fruits en nature de terre et au huit ou dix en nature
de vignes. — De
- plus, le preneur s’engageait gt à sortir les pierre
des terrains ainsi acquis et à les porter dans les endroits
les plus bon r- beux des chemins de la seigneurie. On s’engageait
en outre à bien soign les terres ; il était stipulé dans
les Baillettes que si une seule année le preneur ou ses
successeurs venaient à délaisser et abandonner
les vignes de labourage et de taillç il était permis
audit Seigneur, ses successeurs ou ayant causes de s’en
emparer sans qu’il soit besoin d’aucune formalité de
justice ». (r)
La Cliateijère
La Chatelière est aujourd’hui une simple ferme.
Autrefois c’était une maison noble dépendant
de la Seigneurie de Man droux. Les constructions qu’on
y voit encore indiquent d’ailleurs une résidence
assez importante e son nom lui a sans doute été donné par
suite d’un certain luxe dans son édification.
(I) Papiers de la famille Mothu-Tourneur.
« En 1765, le Seigneur faisait son vin à la
Chatelière ; c’était L% qu’était
le treuil de recette dans lequel chaque métayer était
tenu d’apporter la huitième ou la dixjème
partie de sa vendange et verser au Clerc six deniers par quartier
de 4.200 ceps.
Ce domaine appartenait au XVnre siècle au Seigneur de
Man— droux et cela jusqu’en 18r2. époque à laquelle
la mère du mineur Charles—Françoi de Pont
vendit la Seigneurie et ses dépendances à un
certain nombre d’acquéreurs.
En 1820, le domaine appartenait à un M. Leytu. Il vendit
la propriété à une famille Lhermite, de
La Rochelle, qui la céda cn 1823 à M. Arnoux ».
(r) Elle fut achetée ensuite par M. Audry père
et appartient actuellement à son fils M. T. Audry, conseiller
général du canton d’Aigrefeuille.
Les Rivières
cf La Rivière était une métairie en la
Chatellenie de Mandroux, mais indépendante d’icelle,
c’est—à-dire que, moyennant la dîme
payée une fois au Seigneur, ses terres étaient
franches de fruits )). (2)
Elle semble appartenir en i6 aux familles Foucaud, Pierre et
François Bon, frères, laboureurs à boeufs,
qui possèdent en plus une partie de l’île
de Fiée, paroisse de Ciré.
Village neuf dont la nai est subordonnée à l’établisse— tuent
sur le territoire de notre commune d’une ° importante
( z) Archives communales.
i) P2piers de la famille Tuffet
Le Magnou
distillerie de betteraves à trois-six
appartenant à M. Charbonneau et Construite en 189r.
En 1895, la maisonnette des Arceaux, située au même
point, fut transformée en station et les habitants de
Forges eurent enfin à leur disposition les trains qui
depuis i8 passaient sur le seuil de leurs portes, morcelant
leurs terrains par l’établissement de la ligne,
sans aucune compensation d’utilité ou d’agrément.
Le Marais
Le marais communal qui s’étend au nord de la commune
a une superficie de 5 26. Il est divisé en 2 parties.
Le petit Marais, d’une contenance de 3 hectares 6o, est
affermé à divers pour une somme de 273 francs,
et le grand Marais est réservé au fauchage, pacage,
extraction de la tourbe avec 52 hec tares 66 ares.
Tout habitant payant une cote personnelle et mobilière
a le droit, moyennant un versement de 3 fr., de faucher au
marais. Après inscription de tous les faucheurs à la
Mairie, une commis- sion partage le Marais n sections ; chaque
section est fauchée en commun par ses titulaires qui
se partagent ensuite la récolte. Ce fourr composé de
rouches, de carex et d’ajoncs, sert à faire la
litière aux animaux et permet de vendre la paille de
bonne qualité. Le fauchage se pratique tous les deux
ans.
. Au 1er Mai, le Marais est ouvert au pacage, les propriétaires
peuvent y conduire leurs animaux de travail disponibles, moyen-
nant une redevance annuelle de i 5 fr. On paie 25 fr. pour
les
bêtes d’élevage.
L’extraction de la tourbe se donne à l’adjudication
; elle rapporte à la commune un revenu annuel de ;oo
fr. environ.
INDUSTRI E
J usqu’en i88o, on cultiva à Forges
le lin, qui, après différentes opérations, était
transformé en toile solide et durable. Par le j des
ouvriers le séparaient en trois parties : la partie
la p!us fine, la plus soyeuse, était transformée
en serviettes, che-. mises ; la qualitéintermédiaj
servait à faire les nappes, serviettes ct les lins inférieurs
devenaient les torchons, les sacs à farine que plusieurs
générations pouvaient se léguer sans crainte
d’usure.
Une tatistique nous apprend qu’en 1839 Forges possédait
t distilleries d’eau-de-vie, moulins à vent, 2
moulins à huile.
Il existe quelques carrières à ciel ouvert où l’on
exploite une pierre médiocre.
LA TOURBE - EXTRACTION - UTILITÉ
La véritable exploi extractive de la commune est la
tourbe / ue 1:01:1 retire du marais communal ; quelques propriétaires
ont
aussi des gisements. L
La tourbe est une matière brune ou noirâtre, d’une
texture L;xmgieuse, plus ou moins combustible, avec ou sans
flamme zhalant lorsqu’elle brûle une odeur toute
particulière. Soumise à Li distillation, elle
dégage de l’eau chargée d’acide acétique,
une ‘flltière huileuse et divers gaz.
La tourbe est formée par l’accumulation et l’altération
sous les aux de pJantes aquatiques parmi lesquelles dominent
les sphai— ncs. Au fond des dépôts, elle
est homogène et compacte, mais, 4aus les parties supérieures,
elle se compose de débris encore conhaissables et grossièrement
entremêlés.
Les tourbières ne se forment que dans les endroits couverts
p des eaux stagnantes ou lentement renouvelées, pouvant
se con— server en toute saison avec une profondeur peù considérable,
. mais presque toujours égale. Les végétaux
aquatiques et surtout les cryptogames en forment la majeure partie.
Les tourbières se rapportent surtout à la période
géologique la plus récente, celle des alluvions,
et à la périodé actuelle.
La tourbe est un combustible fort utile et activement exploité;
elle sert aux mêmes usages que le bois de chauffage dans
l’indus— trie. Les cendres de tourbe sont employées
comme amendements des terres.
Au mois de Mai, après un sondage satisfaisant, le tourbier
enlève la couche de terre végétale recouvrant
la tourbe. II coupe la tourbe en mottes parallélipipédiques
avec une bêche en fer à 2 côtés tranchants
; les mottes sont reçues par un aide qùi en forme
des tas à claire-voie ce qui permet à l’air
de circuler libre- ment au travers. Ces tas qui sèchent
sur place doivent être retournés entièrement.
La tourbe se vend prise sur place 20 fr. la pi’ (mesure
locale) ce qui donne un poids approximatif de 700 kilogs.
Usine
II existe dans la commune une distillerie d’alcool de bette— raves.
Placée à proximité de la gare, elle a contribué par
son trafic à la création et au développement
de cette dernière.
Cette usine achevée par le propriétaire actuel,
M. Charbon— neau, a pris la succession d’une distilleriesituée
au Bourg même, mais disparue depuis de longues années.
Sous une habile direction, cet établissement a rendu les
plus grands services au pays. Les propriétaires y ont
trouvé un débouchè pour leur production
de betteraves et ils y prennent la
qui est une excellente nourriture pour les bêtes à cornes.
Cctte année, lorsque la distillation des betteraves fut
terminée,
ontinua par celle du fruit du caroubier. Ce fruit forme une
9 silique, lisse, aplatie et renferme une pulpe sucrée,
de
4 icur foncée, entourant des graines dures et luisantes
; il mûrit
d c cueille à l’automne.
En Turquie, en Egvpte, la pulpe des caroubes sert de nourri-
rn la populatioi pauvre ; dans la médecine orientale,
elle est employée contre les toux convulsives.
Lc caroubier croît spontanément sur les rochers
des côtes de P cnce, en Italie, en Espagne, en Algérie,
en Turquie ; c’est fbre de 5 à 6 mètres dont
le bois, sous le non de carouge, t tres employé en menuiserie
et en marqueterie.
Commerce
e commerce est assez actif. Douze foires, malheureusemei
‘
. peu fréquentées, peri aux cultivateurs d’échanger
( produits sur place et sans frais aucun. La commune compte
•
j 50 patentés dans les différentes branches du
COflflflercc,
.4 fl)C11t les eaux-de-vie de vin, d’industrie, les bêtes à cornes,
5 Tcs, les engrais, les charbons, les denrées alimentaires.
AGRICULTURE
t Lorsque 1’Aunis était une presqu’île,
il tenait à la terre ferme ; un isthme
ou plateau suis lequel Forges est bâti » .
(i)
L nscmb1e de ce plateau est bas, à peine supérieur
au niveau 4e a mer ; il atteint difficilernei
40 mètres dans sa
plus grande
k au nord-est de Landrais.
I sol de la commune, en pai-tie terrain d’alluvion,
est en
cr;t1 silico-calcaire, excepté dans ses parties basses,
où il . cflt franchement argilo Il est divisé en tei res
labou— cs, prairies et près aigres.
il est arrosé au nord ;par un ruisseau , le Virson et
un certain ubre de fossés courants qui lui portent leur
excès d’eau.
Le premier document relatif à l’agriculture date
de 1698 ; il ‘ : « blé, vin et peu de pacages ».
f*otir avoir des renseignements précis, il nous faut
arriver à
où une délibération en date du 22 Décembre établit
un fta entre la récolte d’une aflnéemoyei
et celle de l’année “
Année moyenne Année 1790
r.8oo boisseaux 1.700 boisseaux
2.160 )) 2.880 »
2.170 )) 2640 ))
20 charretées 20 charretées
6o 62 »
-450 tonneaux 240 tOnneaux
iføment %VOiriC
t )r; oifl
* Van
La réco1te des vignes fut manquée,
djt le procès—verbal, par suite du grand hiver
de 1789, qui a vivement affecté les souches de vigne.
Signé : Laubat, Guillemot, Auboyneau, E. Osmont.
La même année, on créa un grenier d’abondance,
où pou- vaient réclamer tous les citoyens besogneux
travaillant dans la COfllmune. — Les terres s’afferment
io fr. le journal.
En 1793, l’Assemblée municipale décide à l’unanimité des
suffrages et sur enquête du district de Rochefort que
les meil— leurs cultivateurs de la commune sont : Jean
Bertin, Pierre Mothay et Jacques Charron.
La fête de l’Agriculture est célébrée
en grande pompe à Ciré; les trois meilleurs cultivateurs
ci-dessus désignés sont priés d’y
assister.
È
tant dans l’impossibilité de trouver un garde
de terre pour la somme de 15o livres qu’offre la commune,
trois citoyens prêtent serment d’impartialité et
se partagent le service de garder les propriétés.
Cette mên année, l’agriculture souffrit
d’une ré des habitants, forcés d’aller
i jours chacun travailler auxicales du port de Rochefort ; à déf
3 jours de prison, ré 3 mois. Les riches tenanciers
fournissaient à tour de rôle une charrette et
4 boeufs qui étaient employés aux dragues.
En 1794. le blé vaut i6 livres le quintal.
Le 6 Octobre i$o8, le Conseil municipal estimant que le Marais
communal ne sera avantageux qu’autant qu’il sera
clos, donne à faire 400 mètres de clôture:— 1809.
Grande disette des biens de la terre. Copie d’un tableau
des produits en diverses
Observations. — La quantité n’est
pas suffisante pour nourrir
I bestiaux de la commune, attendu que sa production est en
‘
ngnes et on se sert de foin aigre ; on se procure le déficit
dans
k communes voisines.
En 1817, chaque propriétaire fut requis de planter les
arbres $ ta grande route royale, chacun au bout de ses pr Izà cas
de non—exécution, on paya r franc d’amende
par arbre $,n planté.
En 182r, inonda de la partie basse de Puydrouard.
E 1823, le Conseil municipal décide que, pour qu’un
habitant jouir du droit de pacage dans le Marais, il lui faut
un an .,.ç r. dans la commune.
PRIX DES GRAINS EN 1824
Blé fr. o l’hectolitre
Avoine 7 fr. 20 »
Seigle 9 fr. o »
En 1839, nous relevons dans la statistique de Gauthier
4 1 99 1 habitants. Vignes, vin blanc. Sol aride. Prés
aigres o.
E iS6i, la gelée a détruit cômplètement
la récolte des vignes. Eti i86 le vin fut supérieur
comme qualité et quantité à la
(I)
*44 communales. •
RÉPARTITION ACTUELLE DES TERRES
Terres labourables r . 204 hectares
Pâturages et pacages 6
Vignes Cultures diverses
Le territoire est divisé en 4.7 10 parcelles réparties
ei 48! propriétaires et il n’y a qu’une
seule propriété dépassant 1oo hectares.
Les autres propriétaires possèdent des sùrfaces
assez morcelées variant entre i et 20 hectares.
Chaque pi fhit valoir lui—même sa terre avec l’aide
de sa famille, d’un ou deux domestiques. Il doit s’assurer à l’avance
des bras dont il pourra avoir besoin dans l’année
; il lui serait impossible autrement de trouver un journalier,
chacun s’occupant de son travail.
Forges, comme tout lAui était complètement cultivé en
vignes, et, avant l’invasion du phylloxéra, les
propriétaires de la commune ne récoltaient pas
ici k foin néc à la nourriture de leur maigre
bétail ; ils allaient chercher ce foin dans les marais
de Rochefort. On ne possédait que les hevaux et boeufs
nécessaires aux travaux de l’agriculture. La vache était
un animal de luxe dans les maisons bourgeoises.
Le Forgien peinait toute l’année à tailler,
labourer ses vignes, qui devaient lui procurer le nécessaire
; au printemps, une gelée lui emportait toutes ses espérances,
cela très fréquemment, le vignoble se trouvant
sur un terrain beaucoup trop bas. Aux années où la
vigne ne gelait pas, le était si bon marché que
la récolte suffisait à peine à couvrir
les frais du ménage.
47 ))
10! ))
La destruction des vignes (.1880—1885) jeta comme partout
la consternation dans notre région, mais un homme intelligent
de I è eut l’ingénieuse idée de créer
une distillerie coopérative. Chacun se mit à cultiver
des betteraves, les terres furent ainsi n à fond et aux
vastes espaces tristes et dénudés, jadis * de vignes,
on vit succéder d’immenses étendues de ciJure.
Un industriel mit à la disposition des cultivateurs les
engrai?
n avec facilités de paiement, et bientôt le cultivateur
i tie l’engrais chimique si combattu ,par les propriétaires
urants. L’engrais, qui avait été reconnu
bon pour la betterave, d cssayé pour les
prairies artificielles, les céréales,
et devant rt obtenus, son emploi se généralisa.
Lcs agriculteurs comprirent que la maxime fiivorite de l’agroe
Jacques Bugeau « si tu veux du blé, fais des prés » est
* vraie.
1k créèrent des prairies artificielles qui leur
donnèrent du foin
4 *bøtidatice et bientôt le nombre des animaux domestiques
allant d’année en année.
1.4 Création des laiteries coopératives dans la
région acheva la “ . du pays, et chaque petit propriétaire
voulut désoi’ VOir autant de vaches qu’il
pourrait en nourrir, constatant duque mois, il toucherait de
ce chef une somme capable urer le nécessaire à sa
famille.
t. rare et maigre vache gâtinaise a été remplacée
par la m.ind-Durham, excellente. laitière, à la
poitrine ample, aux x écartés, à la tête
fine, qui arrive à produire r,8 ou 20 1 ile lait par jour.
II faut dire que ces animaux reçoivent les nmUcurs soins
: logement sain, propreté, nourriture choisie et * à la
fois.
Plusjeuj propriétaires se livrent à l’élevage
du cheval, mais le
nombre de ces animaux est restreji en comparajsoj de celui des
bovidés. Notons cependant en passant, qu’un propriétaire
de la commune M. Fontan possède de superbes étalons
boulonnais et percherons, et que, depuis quelques années,
l’élevage du cheval de guerre est délaissé pour
celui du cheval de trait, dont la vente est plus facile et souvent
plus rémunératrice.
II n’y a pour ainsi dire plus de moutons, et- ceux qu’on élève
sont conduits au pacage au piquet, les champs de parcours n’exis
tant plus.
Tous ces animaux domestiques fournissent à leurs Possesseurs
de volumineux tas de fumier, qui leur permettent d’engraisser
leurs terres.
L’assolement es bien compris, il est triennal : prairie,
c&éale, plante sarclée.
Les cultures comprennent le prairies artificielles ; sainfoin,
luzerne, trèfle et ray-grass. Ces prairies occupent au
moins les deux tiers de la surfiice de chaque propriété.
En dehors du fourrage, le cultivateur récolte, lorsque
la température le permet, une bonne quantité de
graine de sainfoin, de luzerne et de trèfle.
Ces prairies reçoivent chaque année, en février,
400 kilos en- viron de superphosphate à l’hectare.
Les céréales cultivées sont : le blé,
l’avoine et l’orge. Le blé est fréquemment
semé en défrichant une prairie. Au fumier, on ajoute
un engrais composé de 300 kilogrammes de super-
phosphate r6/i8, ioo kilogrammes de chlorure de potassium et Ïoo
kilogrammes de sulfate d’ammoniaque. Au printemps, on favorise
le tallage par un épandage deioo kilogrammes de nitrate
de soude à l’hectare.
C’est ainsi que le cultivateur forgien
atteint des rendements
égalant et surpassant ceux du nord de la France.
Et c’est plaisir, quand vient Juiilet,
de voir onduler au souffle des brises, nos grandes étendues
d’avoine blonde, de blé doré, juste récompense
du travailleur, garantie pour la saison mauvaise, offrande
d’un soi vivant et fécond!
Les plantes sarclées comprennent la pomme de terre,
la bette- rave à alcool destinée à l’usine.
Cette dernière culture est en décroissance ici
depuis plusieurs années.
* La pulpe provenant des betteraves est conservée en
silos et utilisée pendant une grande partie de l’année.
La nourriture aqueuse nécessaire à la vache a
fait développer la culture des fourrages verts : jarosse,
vesces, maïs.
La production abondante de fourrages secs et verts permet à cer
tains propriétaires d’avoirjusqu’à deuxtêtesde
gros bétailà l’hectare.
La vigne. n’est plus absolument délaissée à Forges,
et il existe quelques plantations dignes de servir de modèles
aux viticul teurs ; cette culture est à peu près
confinée dans les fiefs de Buffe-Ageasse et de Villeneuve,
fiefs un peu plus élevés que le reste du territoire. •
Ce court exposé de notre agriculture locale, qui pourrait
paraître flatteur, n’est que sincère, et
nous sommes heureux de constater que si la culture était
partout aussi bien entendue, la France aurait fini d’être
tributaire des pays étrangers, produc teurs de blé.
POSTES
Le premier essai relatif au transport régulier
des correspon_ dances eut lieu en 1794. Le conseil général
de la commune chargea un homme d’aller chaque dimanche à Rochefort
prendre les paquets postaux destinés à la. commune;
il lui fallait deux jours pour faire le voyage ; son traitement
annuel était de 40 francs.
Une lettre de i8o6, provenant d’un habitant de Forges,
soldat
à
l’arn de Portugal, nous apprei qu’à ce moment « les
documents pour Forges ne sont plus adressés à Rochefort,
mais
à
Surgères », (i)
En 1820, la commune est desservie par le bureau de poste de
Croix-Chapeau, les lettres arrivet à Forges toutes les
quarante- huit heures.
Le bureau fut par la suite transféré à Aigrefeujjle
malgré la protestation du conseil municipal qui fuit
remarquer à l’Admi flistratjon des Postes que,
si le bureau était placé à Puydrouard à proximité de
la route royale et des services de voitures, les frais de piétons
seraient bien moindres. La protestation fut vaine, le facteur
de Forges continua à venir d’Aigrefe et le service
postal ne fut sensiblezi amélioré qu’en
189;, époque à laquelle on put expédier
les correspondances par chemij de fer.
(I) Papiers de h famille Roy.
MUTUALITÉ ET PRÉVOYANCE
Depuis près d’un siècle,
la commune veille d’une manière efficace sur ses
indigents. « Son bureau de bienfaisance, grâce
auquel aucun pauvre n’est dans l’absolu dénuement,
date de 1817, époque à laquelle Mue Marguerite-Honorée
Fontaine donne aux pauvres de Forges une rente perpétuelle
de 148 fr. i 3.
Le 20 Mars 1867, Mme Giraud, née Godineau, demeurant à Puydrouard,
donna 2.000 francs.
Le Octobre 1899, M. Charbonneau, propriétaire de l’usine
du Magnou, donna 500 francs pour le même objet. Ces deux
sommes fdrent employées à acheter de la rente
d’État 3 O/ selon la volonté expresse des
donataires.
La totalité de ces revenu est employée à payer
le pain et la viande. La commune fournit le bois et la tourbe
nécessaires, produits par les propriétés
communales.
Le budget du bureau de bienfaisance s’est augmenté en
1905 de i8 francs de revenus provenantdes biens de la fabrique. « (r)
Deux Sociétés de Secours mutuels en cas de maladie
existent dans la commune. La première en date a été créée
en 1853 par
M. Jean Belle. Son président actuel est M. Clément
Braud, maire.
La deuxième Société fut créée
en i88 ; son président est M. Achille Tuffet ; elle
est dénommée « Les Travailleurs Unis ».
Moyennant un versement annuel de r8 francs et grâce à un
bonne administration, ces deux Sociétés assurent à leurs
adhé rents malades, soins et médicaments.
( i) Archives communales.
Il existe un Syndicat agricole qui a pour but
l’achat en Commur des engrais et instruments de culture.
Trois Sociétés de battage se sont formées
récemment, elles fonctionnent avec succès.
Enfin, une Caisse agricole de crédit à long terme
est destinée à rendre les plus grands services
aux cultivateurs.
Grâce à l’emploi judicieux des engrais, les
récoltes des Forgiens sont abondantes, leurs prairies
fertiles. La laiterie transforme leur lait crémeux en
beurre appétissant, en caséine productive. Su rvienne
une épidémie, l’Assurance-bétail leur
rembourse les trois quarts de la valeur des bêtes disparues
Lorsque Juillet aura mûri leurs épis, ils diminueront
les frais généraux en procédant
au battage en commun. Si la maladie pénètre
chez l’un d’eux,
les Sociétés de Secours mutuels se substituent à lui
et disent à la misère
: « tu n’entreras pasicil»
CONCLUSION
Par un travail acharné, une économie bien entendue,
l’habitant ‘ de Forges a su se cônstituer un
bien être appréciable.
Entouré de sa femme et de ses enfants, aidé par
tous dans ses travaux, il trouve chez lui la satisfaction que
les insensés vont chercher bien loin. C’est pour
lui que Virgile a dit : « Heureux l’homme des champs
s’il connaît son bonheur I »
Bon père de famille, il’ peine dûr pour que
ses enfants ne man quent de rien ; bon citoyen, il s’acquitte
de ses charges sans murmurer ; bon patriote, il donne aussi sans
murmurer à la France son fils de 20 ans, dont les bras
vigoureux seraient doux à ses bras fatigués, mais à qui
il s’est fait un devoir de commu niquer en même temps
que le goût du travail, safoi dans l’avenir et son
immuable amour pour le sol de la Patrie I
Forges, le 2 Juin 1912. Remerciement à M. BURGAUD pour la communication de
l'histoire de Forges ....