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CHRONIQUE DU TEMPS PASSE

Le châtiment d’un domestique au XVIIIe siècle.

"Chronique du temps passé" publié au début des années 80 sur Sud-ouest, par Mr BOUYER: Forges.
A l'époque, on ne plaisantait pas avec les voleurs....

_C’est une pièce d’archives de cette époque, un extrait des formalités judiciaires de la Chambre criminelle du Conseil supérieur de Poitiers qui nous permet de faire connaître à nos 1ecteur ce fait d’histoire locale qui vaut d’être conté et qui, probablement, demeure peu connu des habitants de notre commune.
_En 1772 vivait à Puydrouard un farinier du nom de Jean Penigaud, qui été collecteur de la taille pour la paroisse de Forges. Il eut pendant huit Jours à son service un employé qui avait pour nom Louis Magot, âgé de 34 ans.
_Un beau matin, notre farinier s’aperçut que la collecte de l‘impôt (taille), soit 150 livres, avait disparu de l’armoire qui la contenait. Les soupçons se portèrent sur le citoyen Magot, d’honnêteté contestée. La maréchaussée alertée vint quérir Magot au cabaret. Avec force propos, il avoua aux représentants de l’ordre, d’être l’auteur du vol dont on l’accusait.
_Ayant prié les filles du meunier d’évacuer la maison, prétextant qu’il voulait dormir, Magot prit la clé de l’armoire où se trouvait le fruit de sa convoitise, ouvrit celle-ci, s’empara de celui-là, et alla déjà le dépenser.
_Il avait changé huit écus de six livres en deux louis d’or. Les tenants de la justice revirent deux fois sa cause. Il fut emprisonné à la conciergerie du Palais royal de La Rochelle. Le 5 septembre 1772, Magot « aurait été condamné à être pendu et étranglé jusqu’à ce que mort s’ensuive, à une potence dressée sur la place royale de La Rochelle, où son corps mort resterait exposé vingt-quatre heures et serait ensuite transféré aux fourches patibulaires pour y rester jusqu’à entière consommation »
_Ensuite transféré aux fourches patibulaires pour y rester jusqu’à entière consommation »
Ses biens seraient acquis et confisqués. Il devait, de plus, « six livres d’amende envers le roi ».
Infligé de cette peine, notre domestique ne purgea point sa faute de cette manière.
_Le jugement définitif prononcé le 10 décembre 1772 condamne cette fois-ci notre homme, « à servir le roi sur ses galères en qualité de forçat à perpétuité, qu’il soit flétri sur l’épaule droite d’un fer chaud en forme des lettres G.A.L. par l’exécuteur de la haute Justice ».
_Magot finit ainsi sa vie, nous le supposons. Ce document nous laisse à penser que cette condamnation ait pu éveiller chez celui qui la reçut de vifs sentiments de repentir et un sincère regret de sa faute.

SITUATION

Forges (département de la Charente-Inférieure, arrondissement de Rochefort, canton d’Aigrefeuille) est situé à 20 kilomètres de La Rochelle. C’est le chef-lieu d’une commune dont la superficie est de 1358 hectares. Ses 893 habitants sont disséminés dans différents villages : Forges, Puydrouard, Villeneuve, la Beltrie, les Rivières, le Magnou, la Chatelière, la Charre.
Cette commune est bornée : au nord, par Virson ; à l’est, par Chambon ; au sud, par Le Thou ; à l’ouest par Aigrefeuille.
En 1790, la commune faisait partie du canton de Ciré et dépendait du district de Rochefort-sur-Mer. .
La commune de Forges est traversée par la route nationale de La Rochelle à Périgueux et desservie par la ligne de chemin de fer de Paris à La Rochelle. La station placée à 1 kilomètre du bourg met les habitants en communication facile avec les centres commerciaux de La Rochelle, Rochefort et Niort.
Dans les siècles passés, le bourg de Saint-Laurent de Forges était plus au nord de la commune qu’il n’est maintenant, puisqu’une relation de 1640 le place à un quart de lieue seulement de Mandroux. Par la suite, les habitants bâtirent plus au midi en se rapprochant de l’église.
Le Bourg (484 habitants) est propre, assez bien bâti sur la route de Rochefort à Fontenay-le-Comte. Quelques maisons neuves précédées de jardins fleuris l’égaient par leur apparence confortable ou coquette ; toutes en général sont crépies et blanchies à la chaux et « annoncent des intérieurs gouvernés à la baguette par d’irréprochables ménagères ». (I)
___________
(I) Victor Cherbuliez.
ORIGINES

Le pays d’Aunis formait anciennement une presqu’île que des marais enchâssaient à droite et à gauche ; l’isthme qui la joignait au continent était une étendue de terrain large de 2700 toises, placé entre Forges et Ardillères.
(I) « Il comprenait 87 paroisses, oultre l’île de Ré, jointes les unes aux autres, bornées et limitées par la clausture de l’étendue de cette province, de la mer, des marais et passages d’eaulx douces sauf du coté dudit lieu de Surgères pour séparer le gouvernement de Poitou et de la Xaintonge auxquels il aboutit et qui le circuissent ».
37 de ces paroisses, dont Forges, formaient la banlieue, renfermées par les costes et falaises d’une part et d’aultre par les eaulx et doulcins qui tombent au gué de Virson, le port Bertrand et les bôts (2) de Nuaillé.
Forges est dans une plaine où commencent des marais qui s’étendent au nord du côté de Nuaillé.
Il est fait mention de cette paroisse dans un pouillé de 1401sous le nom « d’Ecclésia pariochalis Sancti Lanrentii de Forgüs ».
Elle doit son origine certaine à quelques familles gauloises de pêcheurs venues dans ce lieu et trouvant dans la pêche le moyen de vivre assez facilement. Ils s’y construisirent des maisons lacustres pour se soustraire aux attaques des bêtes malfaisantes qui vivaient dans tous les bois environnants, et nous retrouvons aujourd’hui dans la tourbe du marais communal, la trace de leur passage par la présence d’armes en pierre : haches, couteaux, grattoirs.
_______________________
(I) Père Arcère.
(2) Bôts (celtique) large fossé servant au dessèchement des marais.

Au même endroit furent trouvée des cornes du genre cerf, des dents d’animaux aujourd’hui disparus du sol.
Deux maisons lacustres au moins, furent découvertes il y a quelques années par les ouvriers qui extrayaient la tourbe du marais. Des troncs de chênes entiers supportant les planchers des cabanes ont été retrouvés profondément enfoncés dans le sol ; tout près, des tas de bois, du coudrier surtout, étaient liés en fagots et semblaient destinés à servir de passerelles entre les cabanes et la terre ferme, où rôdaient les grands fauves.
Deux dolmens au moins, existaient dans commune dans les fiefs dénommés les Roches et les Grosses-Bornes ; les anciens se rappellent avoir vu dans ces lieux, des pierres énormes rappelant par leurs formes et leurs dimensions les dolmens existant à Ardillères.

DEMOGRAPHIE
En 1700 Forges est une paroisse de 140 feux.
En 1789 on compte, 726 habitants, 218 feux.
En 1839 « 991 «
En 1859 « 1106 «
En 1875 « 1158 «
En 1890 « 850 «
En 1911 « 893 «
Depuis 1789, la population augmenta progressivement d’importance. Son chiffre le plus élevé est de 1158 en 1875. A ce moment, la prospérité des vignes bat son plein ; chaque propriétaire vigneron a pour l’aider un et deux domestiques ; 11 distilleries d’eau-de-vie fonctionnent dans la commune.
Mais bientôt le phylloxéra fait son apparition ; la consternation règne dans tout l’Aunis, et en 1882 de nombreuses familles abandonnent le pays pour la ville voisine — il faut ajouter que plusieurs sont revenues — et les derniers recensements accusent une population de 900 habitants, exactement 893 et qui n’a pas diminué depuis 20 ans.
TABLEAU DEMOGRAPHIQUE COMPARATIF
ANNÉES NAISSANCES MARIAGES DÉCÉS
1674 28 2 21 28 2 21
1684 19 3 15 19 3 15
1753 31 10 24 31 10 24
1770 41 4 17 41 4 17
1773 21 2 31 21 2 31
1779 16 5 29 16 5 29
1803 38 9 22      
1812 28 6 33      
1833 28 8 29      
1842 27 4 24      
1852 29 9 19      
1871 17 4 42      
1883 19 14 19      
1892 10 7 25      
1893 22 6 27      
1902 27 9 22      
1903 19 4 7      
1910 17 3 8      
     
HISTOIRE
La commune était au XIVe siècle comprise dans la banlieue de La Rochelle et ses habitants concouraient avec les Rochelais à la garde de leur ville ; c’est à dire que si d’un côté, elle jouissait de certains avantages, comme ceux d’être défendue en cas d’attaque, de l’autre il lui fallait toujours être prête à lutter pour la cité tourmentée que fût La Rochelle, à se rendre à l’appel pour la réparation de ses fortifications, à contribuer à ses charges qui furent énormes notamment pendant la guerre de Cent ans et au moment de la Réforme où les levées de contributions étaient incessantes et les cultures des pauvres « laboureurs à bras » dévastées par les gens de guerre qui transformaient leurs champs déjà maigres en désert.
Un grenier à sel existait à Forges sous Charles V; c’est là, que pour augmenter le produit des impôts, chaque habitant était forcé d’en acheter une quantité déterminée ; encore, par faveur du roi et en raison des services rendus pendant l’occupation anglaise, on ne payait que 25 °/ de l’impôt inique appelé « gabelle » .
En 1542, ce droit fut élevé à 48% ; le peuple se souleva et le gouverneur de l’Aunis, de Chabot de Jarnac étant impuissant à réprimer la révolte, François vint à La Rochelle, où ému par tant de misères amassées, il fit la remise des peines prononcées par les juges.
En 1547, la gabelle fut abolie dans l’Aunis.
En 1569, Coligny blessé à Moncontour, venant de Saint-Jean-d’Angély passe à Forges en se dirigeant vers La Rochelle.
Bien qu’aucun fait militaire marquant n’ait eu lieu croyons-nous sur le territoire de la commune de Forges, elle eut â souffrir certaines déprédations à la fin du XVl siècle au moment des guerres de religion.
MONOGRAPHIES COMMUNALES
Les Réformés vinrent y prêcher leurs doctrines, ils y eurent quelques succès, mais les nouveaux convertis revinrent promptement à la religion de leurs pères et abjurèrent en 1657 et 1669, n’attendant pas la révocation de l'Edit de Nantes, ainsi qu’en font foi les registres de l’Etat civil.
En 1640, l’église était complètement découverte ainsi que le constate l’archiprêtre de La Rochelle dans son procès-verbal de visite à la paroisse.
Loin de former un tout bien homogène, la commune présentait dans ces temps lointains deux caractères très différents : au nord, Saint-Laurent de Forges habité par une population agricole, laborieuse, essentiellement terrienne, au midi, un vi1lage, Puydrouard, renfermait la partie la plus policée, disons, plus brillante de la population.
C’est parmi celle-ci que la paroisse choisit ses trois députés aux Etats-Généraux de 1789.
Députés du Tiers aux États de 1739
L’Assemblée du bourg de Forges se réunit le 1e Mars dans l’Eglise pour dresser ses cahiers de doléances, plaintes et remontrances et nommer ses députés dans le nombre et la manière prescrite par l’article 31 du règlement, savoir : dans les bourgs, villages et communautés, deux députés à raison de 200 feux et au-dessous, trois au-dessus de 200 feux, quatre au-dessus de 300 feux et ainsi de suite.
Landrieu, sénéchal, tient l’Assemblée. Le bourg étant composé de 218 feux élit députés ; Jean Simonneau, Jean Laubat, Augustin Landrieu.
Ils ont tous trois signé le cahier des doléances du Tiers-Etat de l’Assemblée du bourg de Forges, cahier duquel nous relevons les articles suivants :
ARTICLE II
« Que les impôts soient répartis avec une égalité proportionnelle sur tous les sujets sans exception. L’abus et si grand que des particuliers qui ont vendu tout ou partie de leurs biens supportent toujours les mêmes vingtièmes : taille et corvée. La source de cet abus provient de la difficulté qu’a le pauvre à se faire rendre justice et qu’il lui en coûte un louis à l’Élection pour se faire décharger d’un écu ; il est peu ou point du tout écouté à l’Intendance ».
ARTICLE XI
« A propos du contrôle des Actes, les lois sont cachées, puis un jour on nous fait de grandes et fortes menaces; faibles, nous avons peur, nous payons des amendes considérables, quel abus!»
ARTICLE XVI
« Que tout propriétaire à qui il sera pris du terrain ou autres propriétés pour une grande route puisse se flatter d’être remboursé de leur valeur intrinsèque. Les grands le sont, les petits ne le sont pas, quelle injustice ! »
ARTICLE XVIII
« Que les Etats-Généraux soient périodiquement assemblés.
Par ce moyen, notre roi bienfaisant sera assuré que ses ministres, ni aucun corps dans l’Etat domineront despotiquement son pauvre peuple ».
1er Mars 1789, Signé : Jean Simonneau, Jean Lauhat, Landrieu, ne varietur. (I)
« C’est dans les cahiers de 1789 qu’on voit l’esprit français dans ses qualités éminentes ; justesse, précision, sagacité, rapidité ; le remède partout appliqué au mal, sans sophisme et sans emphase » (2).
En 1790, devant une récolte médiocre les officiers municipaux se tourmentent de l’approvisionnement de la commune.
« Le pain étant moitié froment et moitié orge, disent-ils, faudrait 10.890 boisseaux et la récolte qui n’a été en froment que de 1.700 boisseaux et en orge 2640 boisseaux, ne pourra nourrir la population que cinq mois. Le vin devant faire le reste et étant dans les mains des plus riches tenanciers, les habitants réclament le secours de la nation. »
Par suite, le 3 octobre 1790, les officiers municipaux obligent les boulangers à afficher leur taxe, à donner le poids, à vendre du pain bien cuit, à marquer leurs pains de leurs initiales, s peine de 50 francs d’amende pour chaque contravention.
En application, le 25 décembre 1790, procès à Barbeau, boulanger qui a mêlé de l’orge à son froment : coût 48 francs.
Les habitants sont industrieux ; ils veulent faire un peu de commerce. Aussi le 2 Novembre 1790, les notables presentent une adresse à l’Assemblée du département, à Saintes, pour que Forges soit distraite et séparée du district de Rochefort et réunie à La Rochelle pour la plus grande commodité de ses habitants, ses communications avec Rochefort étant fermées par les marais, de Ciré, ce qui les oblige à passer par La Rochelle et leur fait un voyage de 2 jours.

(I) Archives départementales.
(2) Edgard Quinet.
« Cest de La Rochelle, disent-ils, que part le numéraire qui circule à Forges et le vivifie ». (I)

Liste des Officiers Municipaux et des Notables
en 179O
OFFICIERS MUNICIPAUX
Guillemot, Simonneau, Richeaume, Roi, Duprat, Laubat.
NOTABLES
Hilaire Braud, Jacques Girard, J. Pouthier, Boucard, René Mazot, Devigneau, Chéransat, J. Charron, Pierre Bouhier, j. Charron dit la Tresse, P. Bonneau, P. Michel.
Le rôle de la contribution patriotique de la paroisse est de 707 livres 17 sous.
Une Société pour la destruction des préjugés s’était fondée à Ciré, la Société envoya ses avis, mais le conseil général de la commune les trouva insuffisants et adressa à Ciré la lettre suivante:
« Nous avons reçu la vôtre en date du 29 floréal, nous y avons vu L’énonciation d’une sollicitude vraiment fraternelle, vous nous y donnez des Conseils, vous nous y marquez une route à la destruction des préjugés, à l’anéantissement du fanatisme, au reigne de la raison, portion de l’éternelle Lumière qui seule doit éclairer les hommes dans le chemain du bonheur pour lequel ils sont voués : ce sont des services ; mais ils ne sont pas ce que vous pouvez les faire, nul ne peut mieux Exécuter un plan que celui qui la conçu, vous vous offrez à cet effet, venez et ne balancés pas ; nous vous receverons comme des frères Bienfaisant, nous écouterons En Enfans dociles la morale pure Et Saine que nous Ennonceront des levres ennemies du mensonge Et qui ne parlent que 1a Vérité, venez nous aider à déraciner ces antiques Erreurs que nous Suçames pour ainsi dire avec le lait de nos mères, nous les avons combattues; mais dénués de cette force de raisonnement qui prouve Et convingt Et que donne L’éducation Et les Talens nous n’avons fait qu’ébaucher un ouvrage dont la prfection Est réservée à
des génies supérieurs Vous les renfermez dans votre Sein faite les Sortir pour la félicité de nos cohabitants. Quelle satisfaction de Travailler au Bonheur de ses semblables En faisant le sien, vous y trouverez Et votre avantage et celui de fréres qui ne manqueront jamais à la reconnaissance du plus Signalè des Biens ».
Signé : Laubat, maire ; Combaud, agent national ; Frouin, greffier ; J. Charron ; P. Motay ; P. Michel.

(I) Archives communales.
IMPOT FONCIER
Avant que la loi uniforme n’ait remplacé les coutumes anciennes, la recette des impositions était donnée à l’adjudication à charge à l’adjudicataire de fournir une caution bonne et solvable. On le nommait le collecteur d’impôts. En I793, l’adjudication fut donnée à Alexandre Barot qui subloge à la faire à raison de 3 deniers par livre et qui présente pour sa caution Jean Godreau farinier.
Le collecteur prélevait donc un certain profit, mais la responsabilité rendait sa charge très pénible, aussi en I795, malgré l’impôt fixé à 12 deniers par livre, le collecteur donne sa démission et personne ne veut le remplacer.
En 1796, eut lieu un emprunt forcé pour les besoins de la guerre ; le rôle de la commune de Forges s’éleva pour cet objet à 7340 francs. (I).
3 NOTABLES DE LA PAROISSE EN 1751
Brantôme, Fromentin, Piron.
(I)Archives communales
SEIGNEURIE
Au XVII siècle existait à Mandroux un chateau disparu aujourd’hui et constituait la principale seigneurie de la commune.
Laissant à son fermier le soin de faire rentrer les redevances de ses paysans, le seigneur habitait le château de Sigogne, paroisse du Thou, étant à la fois, seigneur de Sigogne, Mandroux et autres places ; c’est ainsi que nous trouvons : Extrait de 1’Etat des paroisses de la généralité de La Rochelle avec l’imposition de l’année 1698, le nom du seigneur à qui l’on payait redevance et la production du terroir.
« Forges — 1710 livres — à Monsieur de Sigogne — Blé, vin et peu de pacages ».
Ce seigneur était Benjamin de Magné, fils ainé du feu Benjamin de Magné et de Sylvie Boilesve.
Le seigneur qui lui succède avait le droit de basse et de moyenne justice. Des lettres trouvées à l’Arsenal de La Rochelle et signées par Louis XIV lui conféraient les privilèges attachés à la charge de trésorier général des finances. Son nom était Paul-François de Pont. Ses armoiries étaient : « d’azur au pont d’or
maçonné de sable ».
Il eut deux fils : 1er L’ainé Paul de Pont, banquier, était seigneur des Granges de Virson, Saint-Vincent des Chaumes, la Chambauderie, Basauge et la Chatelière d’Aigrefeuille; en 1726, il était directeur de la Chambre de Commerce de La Rochelle; en 1708, il acheta de Samuel Bernon, trésorier de France à Poitiers, une grande maison ayant issue sur les rues du Palais et de la Juiverie, aujourd’hui I’Evêché et en 1728, par contrat du 21 Juin, la Chatellenie d’Aigrefeuille.
2° Jean Samuel de Pont, seigneur de Mandroux, conseiller du roi en ses conseils, maitre des requêtes ordinaires en son hôtel, intendant de justice, police et finances en la généralité du Bourbonnais.
Il naquit à La Rochelle, le 31 Mars 1725 il mourut le 23 Décembre 1805 ; il était marié à Marie-Madeleine l’Escureul de la Touche (I).
Le seigneur, disons-nous plus haut, avait le droit de basse et moyenne justice. Ses jugements étaient exécutés en 1766 par Millet, juge de la Chatellenie ; Faune, procureur fiscal et Pierre Jean Argnaud notaire royal héréditaire à Mandroux.
A l’approche de la Révolution, le Seigneur habite surtout Paris ; en 1791, il passe à l’étranger et nous lisons à la date du 28 Novembre 1792:
« La municipalité assemblée dans la chambre commune, le procureur de la commune a dit que, jusqu’à ce que le sieur de Pont, dit de Mandroux, cy-devant seigneur de la terre de Forges ait rapporté son certificat en règle d’existence en France, il est pensé émigré et ses Biens confisqués au profit de la nation conformément à la loi de l’Assemblée nationale ; il défend à Challou, le fermier, l’exploitation des bois et futaies de Mandroux.
Le 10 Novembre 1793, les papiers du cy-devant seigneur, sont remis par son frère le cy-devant seigneur de Pont des Granges à deux citoyens : Simonneau et Antoine Charron qui apportent les dits papiers à la chambre commune.
La municipalité décide de brûler, le 17 Novembre, les papiers de la Seigneurie ainsi que ceux du citoyen Landrieu, cy-devant sénéchal de la seigneurie de St-Bibien d’Argenson, située au midi de la forêt de Benon. »
(I) Notes biographiques de Jourdan.
Le Conseil général y est convoqué ainsi que tous les citoyens. Ceux-ci s’y rendirent ainsi qu’il ressort du procès-verbal suivant:
« Aujourd’hui, 17 Novembre 1793, l’an deuxième de la République française une et indivisible à 3 heures après-midi, nous maire, officiers municipaux et notables de la commune de Forges assemblés face la place de 1’arbre de la Liberté, y avons
fait apporter les titres féodaux et Seigneuriaux qui nous ovoient été déposé dans notre commune ainsi qu’il appert par les deux précédents procès-verbaux, nous y avons à cet effet, en conformité de la loi, dresse un feux de joie d’iceux ; un nombre infini de citoyens et de citoyennes de tout âge si sont réunis et ont apporté du bois pour qu’ils fussent plus tôt réduits en cendre.
Le citoyen maire, après y avoir mis le feu, a entonné l’himne marseilloise ce qui a été par tous les spectateurs répété avec le zelle et l’ardeur du vrai républicain ; les danses ont succédé à l’himne marseilloise et successivement des chansons relatives à la Révolution en répétant sans cesse sa ira, sa ira, cette fête a
duré jusqu’à la nuit et s’est terminée par une farandole autour de l’arbre de la Liberté en criant unanimement, Vive la République et nos représentants.
Signé : Collon ; P. Motay ; Frouin, procureur de la commune ; Pierre Michel, maire ; Proust, greffier ; Louis Millon ».
Après la période révolutionnaire M. de Pont de Mandroux rentra en France où il mourut en 1805.
Le 15 Mai 1812 eut lieu la vente finale de la terre de Mandroux et dépendances au profit du mineur Charles François de Pont de Mandroux, qui vivait à Paris avec sa mère veuve de Jean-Charles-François de Pont, fils de Jean-Samuel et remariée avec Joseph Barthélémy, négociant à Paris.
Les géomètres levèrent un plan de la propriété, ce plan fut divisé en lots et chaque lot ou parcelle de lot fut adjugé aux habitants des villages voisins pour un prix moyen de 148 fr. 57 l’hectare.
Les Propriétaires actuels des terres de Mandroux ont dû enlever de l’emplacement certain du château, des pierres de construction, des tuiles brisées, des débris de ferrailles, des poteries diverses, des épées, etc. Seules, les deux jolies fontaines dans lesquelles le château mirait ses tourelles, fontaines connes de loin pour leur profondeur de gouffre et leur limpidité de cristal, indiqueront aux générations futures la cour d’honneur du château orgueilleux dont le temps, niveleur incomparable, s’est chargé de détruire jusqu’aux derniers vestiges.

Visite de Notre-Dame de Mandroux
par Jousseaume, archiprêtre de La Rochelle
« Le 11 Août 1650, après visite de Saint-Laurent-de-Forges, nous avons visité en compagnie de M. P. Robillard, curé de l’église de Forges et M. G. Collibert, curé de Virson, la chapelle de Mandroux, sise dans un bois et distante d’un quart de lieue du bourg de Forges, où nous avons vu une grande chapelle bien bâtie. . . Et n’y a aucune porte pour la fermer, ni aucune fenêtre et vitraux et rien à opposer aux bouviers et animaux qui passent dans le bois où elle est située. MM. Robillard et Collibert nous ont dit qu’environ y a 15 ans que le défunt seigneur de Sigogne et de Mandroux a fait démolir la charpente de la chapelle et fait transporter les matériaux d’icelle dans une sienne métairie appelée Pousseloube assez proche du lieu de Mandroux. Nous ont aussi dict les dessusdicts qu’en ladite chapelle se font souvent des voyages de personnes atteintes de maladies et fiaivre lesquelles y trouvent du soulagement ; de sorte que si cette chapelle était remise en état et resbatie, elle serait beaucoup fréquentée ». (I)
EXTRAIT DE L’ÉTAT-CIVIL CONCERNANT MANDROUX
12 Novembre 1856. — Mariage de Pierre Argnaud, notaire à Mandroux et de Renée Soullard, tous deux de cette paroisse en présence de leur plus proches parents et de la plupart des habitants de la paroisse de Forges.
23 Septembre 1657. — Baptême de Anne Argnaud. Le parrain a été Monsieur jean Rabiet, sieur des Rochers, l’un des gardes à cheval de Puydrouard et la marraine Anne Rié, fille de Monsieur de St-Etienne.
Le mardi sixième jour de May 1659 est décédé M. Guillaume, prêtre de Mandroux, chapelain et aumônier de la chapellanie. Je, curé de la paroisse de Forges, l’ai inhumé dans l’église paroissiale dudit Forges, le mercredy du mois que dessus en présence des curés, vicaires et autres qui ont assisté au dict enterrement. Signé, Périer, curé.
25Août 1686. — Baptême de Benjamin Morisset. Le parrain a été Monsieur Benjamin de Magné, chevalier, seigneur de Sigogne, Mandroux et autres places ; la marraine, Damoiselle Marie Anne Auber, fille de Monsieur de Courcerac, chevalier, seigneur de Courcerac et de Basdon.
Légende de Mandroux
Près de Virson existe une très jolie fontaine qui se nomme la fontaine de Mandroux. Elle est excessivement large, limpide et l’on prétend qu’elle est sans fond. On raconte à son sujet qu’une jeune fille habitait le château de Mandroux, tout proche de la fontaine. Un jour, poursuivie par un jeune Seigneur, elle se précipita dans la fontaine et le château disparut en même temps. A certains jours, on aperçoit au fond du gouffre la silhouette du château ; et, l’ombre de la jeune tille, sous la forme d’une dame blanche, apparaît fréquemment sous la lune au-dessus du cristal des eaux ». (I)
____________
(I) G. Musset.

(I) Buil. de La Rochelle 774 lf III V° er 112.
L’église est le seul monument qui soit à Forges digne d’attention. Sa construction, comme la plupart de celles des communes voisines, peut être attribuée aux Bénédictins. Elle est d’une architecture simple mais assez bien en il en est fait mention d un pouillé de 1401. (i)
Elle est bâtie très probablement sur les ruines d’une ancienne église dénommée Sancli Laurentii de Forgiis, prieuré-cure. Le droit de patronage y fut exercé du XIe XVIIe siècle par le prieur
de l’île d’Aix. -
C’est un édifice roman du commencement du XIVe siècle. La façade est surmontée d’un modeste campanile percé d’une baie dans laquelle est placée la cloche.
Anciennement, la porte était précédée d’un porche ou parvis où se tenaient les néophites, ceux qui n’étaient pas encore baptisés et les pénitents. La démolition de ce porche fut votée, le 8 Août 1867, parce que, dit la délibération du Conseil de cette date, le dit porche occasionne des réunions qui font du tapage et troublent les fidèles dans l’église.
En 1774, Une cloche fut offerte par le seigneur de Mandroux, nous relevons à cette occasion le document suivant
BÉNÉDICTION DE LA CLOCHE
Elle a été nommée Jean—Marie ; le parrain a été messire Jean Samuel de Pont, chevalier, conseiller du roi en ses conseils,
seigneur de cette paroisse, et la marraine Dame Marie Madeleine
(I) Archives de Saintonge et d’Aunis.
Françoise 1’Escureul de la Touche, représentés par M. François Rornieu, avocat au siège présidial de La Rochelle, sénéchal de cette paroisse et Demoiselle Anne-Catherine Antoinette Roinieu sa fille, qui ont signé avec nous.
Cette cloche fut remplacée en r8r9 par celle qui existe encore aujourd’hui. — Nous lisons : Le 9 août 1871 a posé le grand tableau au-dessus du maître autel de l’Église de Forges représentant Saint Laurent dans son martyre, envoyé de Paris par M. de Pont de Mandroux, qui en a fait présent. (i )
Le ix Avril 18t7, Demoiselle Marguerite Fontaine donne aux pauvres de Forges une rente perpétuelle de i fr. o à condition qu sera célébré à perpétuité une messe i la mémoire de Pierre Fontaine, frère de la testatrice.
LÉglise de Saint—Laurent de Forges est, comme les églises voisines, une véritable nécropole et sous s dalles repo de nombreux ascendants des familles notables actuelles.
Dans les premières années de l’ère chrétienne, cette f était réservée aux seigneurs, ecclésiastiques, gens darmes, tous personnes de qualité ; mais peu à peu, moyennant une faible somme, cet honneur fut facilement accordé ; c’est ce qui explique les nombreuses sépultures faites alors dans les églises. Nous eti donnons ci l’énumération chronologique :
30 Août 1659 — Marie Penigaud, femme Jean Ferraiid.
26 Mai i66o — Jeanne Ferrand, fille de la précédente.
7 Avril 1663 — Damoiselle Victoire, femme du seigneur d’Ingrande .
2 Avril 1664 — Marguerite Martin.
17 Octobre i66 — Jean Grenot.
(I) Archives paroissiales.
22 Août i666 — Anné Rié, femme Pierre Petit, sergent
royal.
20 Décembre r666 —Jacques, escuyer, sieur de la Tremblaye.
15 Novembre 1667 — Jeanne Girard, femme Michel Martin. , 29 Septembre 1669 — Pierre Argnault, boucher.
20 Septembre 1670 — J.-B. Bouzage.
3 I Décembre 1674 — Jacques Grenot, marchand.
I9 Juillet 1676 — Louis Caillaud.
27 Octobre 1676 — Louis Jousseaume, frère du curé.
7 Septembre 1678 — Hélène Fruchot. 23 Janvier 1679 — René Gabet.
24 Janvier 1679 — Claude Rousseau.
13 Septembre 1679 — Marie Bareil.
27 Février i68o — René Simonneau.
20 Février i68o — Jacques Rideasse, chirurgien.
26 Décembre i68o — Pierre Argnault, notaire.
12 Février i6$r — Jean Rousseau, seigneur de Maisonneuve.
4 Juin i68 —:- Louis Jousseaume, curé.
9 Mai i686 — Jean Daniaud.
25 Mai i686 — Catherine Martin.
8 Janvier 1754 — Marie-Aune Pauty.
26 Octobre 1758 - Mathurin Osmont.
i6 Janvier 1759 — Jean Simonneau.
3Mai 1760 — Sous le grand crucifix et devant la porte du du choeur, le corps de Charles-Joseph-René-Léonor-Henri Barrin,
comte de la Galissonnière, marquis de Perchefeul, capitaine au régiment de Languedoc-dragons, grand sénéchal d’Anjou, gé de 24 ans, décédé le jour précédent à Puydrouard.
A la même place, Messire Vincent Barrin, chevalier de la Galissonnière, cornette an régiment de Languedoc-Jragonè,
âgé de 6 ans et 3 mois, décédé également le jour prêcêdent Puydrouard. .
Juillet ‘774 Fêlicité Osmont. a
ADMINISTRATION ECCLÉSIASTIQUE
Le service paroissial était confié à un vicaire perpétuel çiii, dans les temps anciens avait le titre de chapelain et plus tard celui de airê. Au xv siècle, il était assist6 d’un sous-diacre qui prit ensuite le nom de vicaire.
u En 1640, les ressources de la cure sont de oo livres et quant aux bênêfices, il n’y a dans la commune qu’une chapelle appelée Notre-Dame de Mandroux s. (r)
. Les revenus du curé étaient en partk i sur une propriêtê foncière qu’il admiaistrait à ses risques et périls. Nous en trou- vons la preuve en 1790 où il est question des soins qu’il a donnés au pré de la ci-devant cure, aujpurtthui pré de la nation ; en
plus, il a des vignes dans le fief des Giraudelles.
Ces revenus s’élêvent alors à 3.044 livres dont il Liut d6duire la pension viagère de 6oo livres envers M. Fontaine. .
. En 1791, le presbytère ne se vendit pas ; les officiers munici peux y installèrent un instituteur, Blanchard.
Le curé titulaire Guillemot, qui était aussi maire de h coin- inune, refusa de prêter serment à h Constitution et émigra en Espagne pendant une dizaine danntes. Après son dêpan, rc
fut fermée ; les dépen se d&ériorèrent tellement %ue, le i Juillet 1792, le maire et les omciers municipaux décidèrent de faire des réparations pour la somme de livres. En dédom
(2 Rqksn M Idtss an
inagement de cette dépense, ils affermèrent les deux chais au levant de la cour pour la somme de 90 francs à Jacques Charron, pour 3 ans.
Liste chronologique des curés de Forges
MM
6iô — Frère Jehan-Legrand.
162e- — Mathurin Phénix.
1627-185 1 -- Robillard. II signe les premiers registres conservés.
165 — Duponcet. •.
1653 — Périer.
i6sri66; Louis Jousseaume, archiprêti de Surgères, curé
de Forges. La rédaction de ses actes et son
. écriture sont tout à fait intéressantes.
i68 — Bourbaud.
169o-1714 — Dupont.
1714 — Jean Leroux.
i — Pierre-Gaétan Fontaine.
1 — Charles Guillemot émigra pendant to années en
s Espagne, durant lesquelles Jérôme Cypierre, prêtre constitutionnel, fit le service religieux;
. il reprend son poste en i8oa et y reste jusqu’en
1833.
1834 — Joseph Maziére.
184 1 Jean-MaS Debéesse.
1864 — Roussot.
1865—1897 — Jean—Baptiste Ganivet consacra pendant 32 ans ses meilleurs soins à l’embellisseirient de 1’Eglise.
1897—1903 — Louis Sauvaget.
1903—1905 — Emmanuel Niox.
1906—1907 — Roger.
1907—1909 — Pierre Le Runigo.
1909 — Henri Gervraud
Extraits de l’État-Civil concernant Forges
? de Sirra Barcil avc It Gilon, k . Lirs 1669. Les témoins sont : Pierre Ar Ilotjire ; Pierre Petit, huis- sier ; Pierre Rideasse, chirur ; Jacques Grenot, Iuar
9 Juin 1669 Bapt de Jean—Baptiste Bou Parrain, J eau—Baptiste de Lagnv ; niarraine, Damoi Marie de la Grange .
7 Juin 1667 — Baptême de Jean Garn Parrain, Jean Ga berteau, maître d’escolle ; marraine, Aune Argnault, fille d notaire de Mandroux.
I 5 Novembre I 683 — Mariage de Jean Gaimberteau, fl)aitre d’escolle, avec Catherine Petit. Ont signé : C. Petit, Gaimbur teau, Anne Petit, Pierre Rideasse, Jacques jousseaunie, Grenot, Bonnefoy, Louis Cudorge chirurgien, Anne de Cuirblanc, Anne Arnaud, Morisset, Jousseaume, archiprêtre de Surgères et uré de Forges.
24 Novembre 175 I — Mariage de Maître Charles—Félix Thi Iorier, avocat au parlement et au siège présidial de La Rochelle, avec demoiselle Marguerite-Françoise Giraud, fille de sieur Jean Giraud, conseiller du roi et son procureur au siège de l’élection
de La Rochelle et de dame Marguerite Foucaud, demeurant en
cette paroisse. Ont signé : Thilorier, Marguerite Giraud, Goujon,
Marguerite Foucaud, Giraud, Thérèse Regnaud, Fontaine, curé.
27 Février 1763 — Réhabilitation du mariage d’Étienne
Braud et de Marguerite Bertin qu s’étaient mariés à la bonne
foi sans savoir qu’ils étaient alliés du 3 au 4e degré d’affinité.

ABJURATION D’HÉRÉSIE
Le dimanche, e jour du mois de Juin 1657, je, prêtre curé de Saint—Laurent-de-Forges soussigné et présent les habitants de la paroisse soubssignés et autres ay donné l’absolution de l’hérésie à Elizabeth Bouhier, veuve de Jean Mignot, vivant Marchand, bourgeois de La Rochelle et maintenant fiancée avec
M. Louis Braud, sieur du Fresi après une publique recong noissance de ses défauts et adjuration de l’hérésie de Calvin et autres mauvais dogmes qu’elle avait professé dans le temps de sa vie. En signe de quoy elle a signé ces présentes avec le Révé— rend père Joseph Boucher, R Augustin, M. Jean Rabier,
M. Pierre Petit, sieur de Saint-Etienne, M. Jacques Grenot, marchand, M. Pierre Argnaud et autres qui ont cy-bas signé.
Visite de l’Église de Saint-Laurent-cIe le 3 Mai 1610
(( Du lundi, 3C jour de Mai i6to.
. Saint—Laurent-de-Forges, cure seulleinent
Nous sommes transportés au lieu de Forges où estans avons veu et visité l’église dudit lieu que • nous avons trouvée toute descouverte fors une partie qui est couverte de rousches, sans clocher qui est totalement ruyné ; les murailles de ladicte égIi menacent ruyne ; les ‘vitraux tout ouverts fors qu’il y a des planches devant le grand vitrail.
En ladite paroisse, il y a deuix chazubles, telles quelles sinon qu’une est de fort grosse estoffe, ung calice d’estain, ung missel, deulx paires d’aubes, tout le reste manque comme aussi les fonds.
La maison presbytéralle est totalement ruyné et n’y a peint de curé en ladite paroisse. Aucun n’en ont point yen y a plus de trente ans. Lors à présant et frère Jean Legrand étant institué s’en va pour le peu de revenu qu’il y a et que touttefois a dit estre pourveu du tiltre d’office.
Disent que le revenu de la c i autre esté fort beau, mais quà présant elle est usurpée, con au\ d’une c&mfî-ajrje qui estoit en ladite paroisse et e de h)rt be.iu revenu et s’est tenue en Bt ? prc Grandcl ?
Pour la fhhrique, ne sç.ivent p .iutre bie: En lestandue de l:ldjte parroisse y a une chapelle appeke Notre—l)al))e-de Mandroux ; nesçavent point qu’il y ait de revenu.
Plus y a une chapelle à Piedelouard qu’on appelle St-J fermais qui dépend de St-Bihien de l’ordre de Fontevrault où se disait la messe tous les dimanches et lundis ; laquelle est bien de qua- rante ou cinquante escus de revenu.
Par ledit frère Jehan Legrand a esté dict que autrefois, il se cueillait de revenu de ladite cure quatre à cinq cents boisseaux de bled sans y comprendre les grosses rentes qui estoient environ de sept à huit-vingt boisseaux de bled.
Présens : Jacques Martin, Anthoine Rigaudeau , Guillaume Renuteau, P. Martin et Fr. Marie Corbeau ». (i)
( x) Registre de visites aux paroisses, M. 6o, f’ .

Procês-verbal de la visite de l’Eglise de St-Laurens--de-Forges faicte par Messire Jacques Gastaud, docteur en théologie, vicaire général de Monseigneur le Révérendissisme évesque de Xaintes.
L’an de grâce mil six cent vingt-sept et I’onzième jour de dimanche du mois de Juillet, nous, Jacques Gastaud, etc., assisté de messire Daniel Raoul nostre secrétaire nous serions trouvez en l’église parochialle de Saint-Laurens-de-Forges, sur la fin de la messe pour y faire nostre visite, ce qu’aurions faict
en présence de messire Mathurin Phénix, curé de la dicte paroisse et de tout le peuple qui avait assisté à la dicte messe parrochiale, nous aurions fait exhortations aux sudits assistants et iceux admonestez de persévérer en religion catholique, apostolique et romaine, et de vivrè conformément à la doctrine et règles
d’icelle, et après avoir demandé audit curé o c’est qu’il tenait le Saint-Sacreii de l’autel, lequel nous a respondu que n’ayant ni tabernacle ni aucun lieu de seureté pour le conserver, il ne le tenoit point dans ladicte église, en laquelle aussi il n’y a’ poin de fonds baptismaux ; mais nous fait voir; assavoir un cresmier d’étain auquel sont les saintes huilles et un vaisseau de terre où était l’eau baptismale.
L’avons exorté et néanmoins enjoint de procurer qu’en ladicte église. il y ait un tabernacle sur l’autel pour la réserve du précieux corps de Nostre Seigneur et des fonds baptismaux fermans
à clef pour y tenir l’eau du baptême et le chrêmier des saintes huiles, et là y administrer le saint sacrement du baptême. Nous a aussi faict voir un calice d’estain tout neuf et deux canettes aussi d’estain, des corporaux e quatre purificatoires, le tout en bon estat, deux chassubles, l’une de camelot rouge, l’autre d’une certaine estoffe mouchetée de couleur obscure qui sei:t
aux messes des trespassez, deux aubes dont l’une est un peu courte, six nappes d’autel de cherve commune, avec deux ser—viettes, deux voilles de taffetas, l’un viollet et l’autre rouge, et un troisième de camelot. Sur l’autel y avoit une croix de béton assez boneste et à costé une banière de camelot rouge.
Nous avons après considéré le h de la dicte église qu’avons trouvé totallement recouverte en son corps dc latte et de tuile. Ne reste aux aisles d’icelle que deux chapelles qui ne sont pas couvertes ; l’une desquelles est du tiltre de Nostre Darne, du costé gauche entrans en ladiete église tt l’autre, de l’autre part d’icelle église, dédiée i S Nous a esté rapporté par les paroissiens que les h de feu Martin estoient obligez de la faire recouvri r p.u on ennma:dcment, au subject de quoi ledict feu M y cs et ct encore depuis sa femme.
Avons aussi remarq u i a tp de Li t d : i:e il y avait quelques p:irties d vitr tii tiert t. . et que le clocher de ladicte li i estoit ttt des Sur quoi, avons enjoint u:x diet ar de i e dore e qui reste à fermez desdic vitraux de Lidiete li e: tu curé de tenir la ni pOUi empe que ie uvsc ne salk Lidicte église. Qu’icellui cure et P :idviseront ux mokns de faire contraindre cii justice les héritiers dudiet feu Martin POUF accon son voeu touchant la couverture de Iadkte chapelle Saint—Blaize ; s’ils font refus de le fhire à l’amiable. Le avons aussi exhortés de s’efforcer au ii mal qu’ils p : faite couvrir la chappelle de la Sainte-Vierge en ladicte église et, en après, s’il se peut, leurdict clocher.
Nous estans enquis quel revenu il avaient de leur Librique, nous ont dit qu’elle n’avoit aucun revenu fers quils tiroient quelque peu d’argent de l’herbe et des noyers qui sont au cyme— tière, mais qu’autrefois y avoit en la paroisse une confrairie de Nostre—Dame dont le service estoit fait en la susdite chapelle
S de la Vierge ; mais qui restoit deux journaux de terre contigcie
avec deux travées de maisons en masure et ung journau de pré appartenant à ladicte confrairie et que ledict journau de pré estoit occupé par le seigneur de Sigougne, qui en jouissait.
Leur avons enjoint de demander audict seigneur de Sigougne les levées qu’il a fait de l’herbe du susdict pré ou le prix d’icelles pour estre ernploiées à faire couvrir la susdicte chappelle de Nostre-Darne, et leur en laisser la jouissance à l’advenir ; et en cas de refus de la part dudict seigneur de Sigougne, Iuy en f instance et poursuitte en justice.
Nous estans enquis des susdicts paroissiens quelle église estoit celle dont les vestiges restent encores et que nous avons veu passans au village de Pied-de deppendant de ladicte parroisse, nous ont dit que c’estoit une chappelle fondée en l’honneur de Saint-Merme, qui deppendait du monastère de Saint-Bibien d’Argençon, de l’ordre dc Fontevrault. Nous ont aussi rapporté y avoir aussi en l’estendue de ladicte parroisse une autre chappelle dédiée à l’honneur de la Conception Immaculée de la très sainte Vierge, mère de Dieu, et que la parroisse y alloit en procession, et que la sainte messe sy disait le jour et feste de ladicte conception ; laquelle chapelle n’a été ruinée que depuis... ans en ça, et la charpente portée en la maison dudict seigneur de Sigougne, lequel jouict et possède encore à présans de deux
journaulx de terre contigi à ladicte chappelle.
Nous avons enjoint audict curé de s’esclaircir du fait et d’en
faire les poursuites nécessaires à ce que ladicte chapelle soit
remise en son premier &at, et que les deux journaux de terre y soient restituez pour l’entretènernent d’icelle, estantz de ses
appartenances. (t)
J. GASTAUD, vicaire général ; — RAOTJL, secrétaire.
(i) Registre de visites aux paroisses. 760. f’

Une lettre préface du « Livre pour 1’Esglise de Saint-Laurent-de— Forges contenant les baptesmes mariages et sépultures faits dans ladite Esglise depuis le mois de Juillet mil six cent cinquante et neuf jusques etc., écrite par Louis Jousseauine, curé.
Au LECTEUR,
Arny Lecteur, tu pourras respondre à ceux qui te prieront de veoir les anciens Registre de 1’Esglise de Saint-Laurent-de-Forges que celuy cy est tout Et le premier qui soit en estre. La Raison pourquoy Il n’y en a point d’autre vient de la négligence de Ceux qui nous ont précédé ou bien possible de l’avarice qui veut profiter de tout. Ce qui me le fait iuger c’est que l’on m’a dit qu’un c de Forges a emporté autrefois le livre des Baptesmes à Vandré, ce que j’espère nous pouvoir servir si nous le pouvons vérifier. La négligence de mon immédiat prédécesseur te sera cogntie si tu peux veoir en son entier Le livre pour faire le prosne dans une feuille duquel sont deux baptesmes qui ne sont pas vravsemblablement tous ceux-là qu’il a faict pendant sept ans dans une paroisse où il y a plus de 300 communianS. Voyla ce que j’ay jugé à propos d’estre mis Ici pour te servir de Responce et pour te faire éviter l’un et l’autre de ces deffauts puisqu’ils sont opposés à nostre devoir.
(t) Archives paroissiales.
A Dieu (i). »
En 1790, au moment de la formation du Conseil général de la commune, aujourd’hui con municipal, il n’y a pas de mairie. Aux grands jours de la Révolution, les réunions se font dans l’Église, autrement elles ont lieu dans un bâtiment appar tenant au sieur Lapitaud pour le loyer duquel la commune paie la somme de 30 francs.
Plus tard, vers 1820, la mairie suit le maire, cest-à-dire que c’est ce dernier qui fournit la salle des réunEons et les archives communales voyagent ainsi du Bourg à Puydrouard, de Psy drouard aux Rivières pour le plus grand dommage de leur conservation. Le prix du loyer est le mème jusqu’en 1853.
A cette date, après un conflit rela la place de l’Église entre le conseil municipal et le conseil de fabrique, une mairie est bâtie sur cette place. Reconnue défecteuse et insuffisante en 1869, la commune, qui accepte un projet de restauration de l’école de garçons, décide d’y adjoindre un nouveau bâtiment, la mairie actuelle.
CHRONOLOGIE DES MAIRES DE FORGES
— Charle Guillemot.
— Jean-Baptiste Laubat.
1779

1792 — Jean Charron.
1792-1794 — Pierre MicheL
1794- 1795 Jean-Baptiste Laubat.
1795-1797 — Etienne Osmond.
1797-1798 Jean Proust.
1798-1799 _ Antojne Charron.
— Jean—Baptiste Laubat.
— Alexandre Barot.
1799-1800 — Jacques Barbeau.
1800-1803 _ A. Basile Thilorjer.
1803-1816 Augustin Combaud.
1816-1830 _— Jean Martin;
1830—1834 René—Constant Audry.
1835-1847 _ Jean Martin.
1847-1848 René-Constaj Audry.
I 848- i 8 ; 2 Romain Gougaud.
1852—1865 _ Jean Belle.
1867-1869 Ferdinand Boutjron.
1868 _ Antojne Charron.
1870 _ Elie Charron.
187r __ Benjamin Gougaud.
1872-1876 Pierre-Etjenne Penigaud.
1876-1880 Auguste Boutjron.
1881-1891 Eugène Charron.
1892 _ Pierre-Etjenne Penigaud.
1892-1896 Dément Braud.
1896-1897 _ Perd. Boutjron.
1897—1900 Etienne Paranteau.
1900 Clément Braud.
Nous allons relater à la suite de cette liste de magistrats, quelques actes adr de plusieurs d’entre eux qui montreront que le bien-être dont nous jouissons aujourd’hui n’est que la résultante des efforts combinés de ceux qui ont vécu et peiné avant nous.
.
En 1790, Charles Guillemot est maire et curé. Son influence est grande : il dirige les réunions, juge les délits de petite impor tance. Le 20 Février 1791, il refuse de prêter le serment prescrit par la loi et les notables l’obligent à démissionner tout en recon naissant qu’il s’est toujours comporté avec autant « d’édification que de prudence )).
En 1794, l’agent national de Rochefort vient épurer la muniçipalité et nomme J.-B. Laubat maire. L’Assemblée se révolta et redemande l’ancien maire, Pierre Miche! ; l’agent reviiit avec un détachement de cavalerie installer la nouvelle municipalité, condamna les auteurs de la cabale à 40 livres et en emmena trois
en prison à Surgères.
En ï 8oo, le maire Thilorier fait établir une pétition par laquelle la çommune réclame le dégrèvement de la contribution foncière ; elle établit que son revenu net est de 14.940 livres et qu’elle paie en principal et fonds communs 5.646 livres, au lieu du cinquième de revenu net selon la loi.
Le 6 octobre i8o8, Augustin Combaud fit commencer les fossés du marais communal; il en fit faire 400 mètres à raison de 50 centimes le mètre. II procède à la formation de la garde conimunale composée de tous les hommes âgés de plus de 40 ans et de moins de 6o. On l’arma avec tous les fusils de chasse de la commune.
Le 2 Février 1817, Jean Martin fit établir le cadastre, la dépense totale qui fut répartie sur plusieurs années s’élevaà s . 122 francs. Le 24 Avril 182r, le Conseil vote 30 fr. en signe de réjouissance à l’occasion du baptême de son Altesse Royale, M. le duc de Bordeaux. Le 28 Novembre 823, on établit un bureau de poste à Puydrouard. Le 9 janvier 183 r, création d’un atelier de charité, 75 francs.
Le 13 Mai 1832, René-Constant Audry provoque la fôrmation d’un conseil de salubrité, car le choléra a fait son apparition dans les communes environnantes ; ce conseil est formé par
Belle Jean, Gouineau Jean, Pasquier François, qui auront à recevoir les ordres de l’autorité supérieure.
En 184o, sous l’administration de Jean Martin, le Conseil achète la maison de Mass, charpentier, pour faire une école de garçons et en 184r, On transforme la garde nationale en garde
communale, nos gardes nationaux, insultés par cei d’Aigre- feuille, ne voulant plus avoir avec eu: aucun rapport pour le service .
En i $43 , la clôture du marais étant dégradée, le Conseil décide que chaque habitant qui fera pacager, sera imposé de la somme de i franc par tète de bétail ; celui qui fauchera le sera de la même somme.
En 1847, pendant que M. René-Constant Audry est niaire, le Conseil demande que le bureau de poste qu’on instal1e à Aigre- feuille soit mis à Forges, ce qui éviterait les frais de piétoi
Forges étant traversé par la route royale.
En 1849, sous l’administration de M. Romain Gougaud, le Çonseil veut faire construire l’ancienne mairie, mais le Conseil de Fabrique revendique la propriété de la place de l’Église ; le Conseil passe outre. Il veut la conserver comme bien communal et s’impose de i . oo francs, mais ne s’entendant pas avec la Fabrique, le conflit est réglé par le Préfet et l’Évêque, le 26 Novembre 1852.Le 29 Mai r853 , Jean Belle provoque la création d’une Société de secours mutuels A la même époque, le Conseil de fabrique réussit à se faire reconnaître propriétaire de la place et autorise I::t construction de la mairie à condition que la place restera à tout jamais affectée à l’usage du public.
Les chiens de la commune sont imposés pour la première fois à raison de 3 fr. les chiens de chasse et i fr. les chiens de garde.
En 1854 et 1855, des vols importants de bestiaux ont lieu dans le marais communal, aussi en i856 le Conseil vote o francs au garde-champêtre qui sera chargé d’aller ouvrir et fern les portes matin et soir.
Le 25 Juillet 1858, le Conseil refuse de donner avis favorable à l’établissement d’une station à Chambon et demande qu’elle soit placée en face de Forges, ce qui serait, dit-il, tout à l’avantage de la Compagnie et du public. Nous savons qu’il fallut attendre cette station jusqu’en 1895.
Le 13 Mars 1859, la commune s’impose de 4.515 fr. pour travaux à l’Eglise ; le i o Mai , le Conseil fixe le tarif des sépultures.
En 1864, on porte le rôle du marais à 2 fr. par tête de bétail et par journée de fauchage.
En i866, une- épidémie de choléra décime la commune. Le Conseil prélè ioo fr. sur les fonds libres pour achat d’un objet d’art à M. Piédv-ault, médecin de grand talent, envoyé par l’autorité maritime pour combattre le fléau. On meurt surtout aux enyirons du cimetière situé au centre du bourg ; aussi l’au— tonte municipale fait dresser un plan pour en etablir un au dehors de l’agglomération. Considérant les grandes dépenses, le Cortseil, à la majorité de 6 voix contre , ajourne le projet qui se réalise aujourd’hui seulement en 191 I sous l’administration de M. Clément Braud, gendre de M. Jean Belle, promoteur de cette création.
En 1869, M. Charron, maire, contracte un emprunt de 5.000 ancs pour restauration de l’école de garçons. En 1870, alors que le Conseil municipal est remplacé par une commission administrative ayant à sa tête M. Charron Élie, la commune s’impose de 2.600 francs pour les dépenses des gardes nationaux mobilisés.
Pendant le passage de M. Auguste Boutiron à la mairie, la commune fait un emprunt de io. 5 ro fr. et s’impose de 6.6oo francs pour la construction d’une école de filles et la restauration d’une maison d’habitation pour l’institutrice ; les commissaires de surveillance furent MM. Bouban François et Penigaud Etienne.
En 1884, M. Eugène Charron, maire, demande à l’admji-iis tration des Chemins de fer de vouloir bien remplacer la maison- nette dite des Arceaux par une gare. Il allègue les affi1ires importantes faites par les 35 patentés de la commune. Ses efforts ne sont pas couronnés de succès et la gare demandée ne s’ouvre aux voyageurs que le w Novembre 1895 pendant la première période d’administration de M. Clément Braud.
Placé de nouveau, en 1900, à la tête de la commune, M. Clément Braud, par sa vigilance et son activité, continue à mériter la confiance de ses concitoyens. Par une série d’act importants, il sait leur assurer plus de bien—être et de sécurité.
C’est ainsi que, en 1903, on a fait procéder à la réfection du cadastre, travail d’une utilité primordiale ; qu’en 1909, le téléphone fut installé au bourg, facilitant énormément les opératiosi des commercants et qu’en 1911 la création d’un cimetière en dehors du bourg éloigne les causes d’épidémies que la commune eut jadis à déplorer.

Depuis le 1er Décembre, Forges est éclairé à la lumière électrique.Nos morts en 1870-71
Haudin Louis, fils de Pierre Haudin et de Geneviève Labarre, soldat a 2 régiment de zouaves, mort le 8 Janvier I 87 I , l’hôpital civil de Tours, de bronchite tuberculeuse.
Vid Jean fils de Jérôrne Videau et de Victoire Audry, décédé le Janvier 1871 Dresde (Allemagne)
du typhus.
Dagneaud Pierre, fils de Dagneaud René et de Françoise Besson, soldat au 1er bataillon des gardes mobiles de la Charente Inférieure, mort à Saint_Loup-de4a:Salle (Saône-et-Loire) d’une fluxion de poitrine.
Delon Pascal, fils de Delon Antoine et de Motey Marie—Olive, mobile au 8 rue de marche, mort à Luxeuil, le 19 Avril 187 I , des suites d’une fluxion de poitrine.
AUTRES SOLDATS DE 1870-7 I
Audin Auguste, classe i$6o, 49e régiment d’infanterie de ligne, A ngoulêrne . (24 Novembre) Bellegarde, (28 Novembre) Beaume- la—Rolande, Point— du —Jour, Châlons —sur— Saône, Villersexel, Héricourt.
Tuffet Jean, classe iS6o, 49e régiment d’infanterie de ligne,
Angoulême. A fait la campagne i$7o-7’ ; a été blessé à la main droite, ainsi que le constate un certificat délivré par le 27e régi— ment de ligne.
Lapiteau Jean, classe 86 r . Campagne 1870—7 I , certificat de blessure ; coup de feu à la cuisse gauche.
Enseignement

Contrairem à bon nombre de communes rurales où la majeure partie des habitants savait à peine signer son nom il y a cinquante ans, l’enseignement fut en honneur à Forges bien avant que la Constitution de 1789 ne l’organisat en principe. En 1674, un maître d’escolle, très estimé, Jean Gaimberteau, enseigne aux enfants les premiers éléments de lecture, d’écriture et de calcul. II est né à Forges, fils de Jean Gaimberteau, labou reur ; il est très bien vu de la bourgeoisie, ainsi que nous le prouvent plusieurs baptêmes où il est parrain avec demoiselle Argnaud, fille du notaire de Mandroux. II se marie avec une fille de famille, plusieurs nobles ont signé à l’acte de mariage.
‘ Il est remplacé en i68o par André Camus, qui reste quelques années et part, laissant le poste vacant. On le regrette, le doyen dit de lui : « II y a un maître d’escolle dant on est content, nous l’avons examiné.
En 1694, le 26 Novembre, l’évêque de La Rochelle exhorte les paroissiens : «. A tascher d un maître et une maîtresse d’escolle pour instruire la jeunesse ».
Au moment de la Révolution, l’instituteur Blanchard est ins— tallé par la municipalité au presbytère ; comme rétribution on lui donne le jardin et le pré.
Il est remplacé en 18oo par Jérôme Cypierre, curé constitu— tionnel .
Mars 18o6 — Amoureux.
Octobre 1818 — Charles Grattarola, italien .
Novembre 182 I — Touffreaud Pierre.
Février 1824 — Charron Jean, de Forges, gagne 2 I 2 fr.
Le 15 Mai 1830, en vertu de l’ordonnance royale du 14 Février, l’instituteur demande a enfants qui siiivent son école:
I franc par moi pour les commençants.
I fr. 50 ceux qui écrivent.
2 francs » » l’écriture et le calcul.
La fréquentation est mauvaise, la rétribution donne un produit trop maigre et l’instituteur ne peut pas vivre, aussi le 16 Mai 1839 la commune fixe pour l’instituteur un traitement de 200 francs, elle paie pour le loyer de l’école 120 fr., s’imposant pour ce fait de 3 centimes additionnels ; elle demande à l’État pour le surplus une subvention de 147 francs.
Devant de si faibles ressources disponibles, le sous—préfet offre à la commune de la réunir à la commune du Thou pour l’ins— truction primaire, mais le Conseil, réuni le 8 septembre 1839, proteste énergiquement et déclare « que Forges, par sa popula— tion et sa position est capable d’entretenir un instituteur et un instituteur capable de pouvoir enseigner convenablement, autre— ment le Conseil déclare ne point accepter celui qui se présentera sans bien connaître de quoi il est capable ».
Signé : M maire, Belle, Bernard, Jean Charron, Antoine Charron, Besson, Penigaud, A. Charron, Bonnin.
Bien décidé à conserver son école, le Conseil achète, le 1 Février 1840, la maison de Mass, charpentier. pour faire une
é cole de garçons. Le prix d’achat est de 2.200 fr. ; les répara—
tions s’élèvent à i8oo fr., les fniis d’acte à 200 fr. C’est donc une dépens’e de fr. pour laquelle il demande à l’Ètat une subvention de 1.500 fr. qu’il obtient presque immédiatement.
L’instruction est donnée spécialement aux filles depuis l’année 1838 dans un établissement de Dames de Chavagnes situé à
Puydrouard. C’était une pension très renommée qui compta usqu’àI2O pensionnaires, venant de La Rochelle, Roch et Bordea Ce contingent était grossi par les filles de familles aisées de la commune qui payaient une pension d’externat et les filles des indigents pour lesquelles la commune payait à la direc trice une indemnité annuelle de 200 fr. A partir de 1876, elle reçut en plus une indemnité de logement de 200 fr.
En 1875, l’école des filles est commu nausée ; le j Octobre I 88i, une école laïque est créée au bourg.

Nous sommes heureux de pouvoir dire que l’instru est très appréciée à Forges. La fréquentation est absolurnen réguhère ; les élèves ne manquent jamais sans un motifvalable. Ceci est tout à l’honneur des parents : ilstiennent essentiellementà ce que leurs enfants, qui, plus tard, vivront de leurs mains, apprennent aussi à vivre par le coeur et par le cerveau.
Population scolaire en l’année 191l
Filles : 70 — Garçons : 76
Jugement rendu par suite d’insultes
Au nom du peuple Français,
Le tribunal de police judiciaire du canton de Ciré, département de la charente Inférieure, a rendu le jugement qui suit
Entre le citoyen Jacques ChaFron, propriétaire, demeurant commune de Forges, demandeur, suivant la cédule du i de ce mois, enregistrée à la Jarrie le deux, notifiée par Héraud, huissier, ledit jour deux, Contre le citoyen Paul Roy, cultivateur, demeurant dite commune de Forges, défendeurcomparant aussi en sa personne.
Les conclusions du demandeur tendant à ce que le défendeur soit coi de se rétracter,. soit en jugement ou par devant notaire, des propos attentatoires à sa réputation qu’il a tenu le vingt—huit vendémiaire dernier en disant qu’il avait fait un faux serment à l’occasion d’une discussion qu’ils ont eu ensemble pour des comptes qu’ils avaient à se rendre réciproquement, sinoti que le jugement à intervenir vaudra ladite rétractation de reconnaître ledit demandeur pour homme de Bien et d’honneur et incapable de ‘ce dont il l’a inculpé ; que Deffenses lui soient faites de ne plus à l’avenir récidiver sous les peines de droit ; à l’affiche du jugement et aux dépans.
Par le deffandeur a esté répondu qu’il ne se rappelle pas, d’avoir tenu le propos dont se plaint le demandeur ; que s’il la Fait c’est mal à propos.
Ouï les parties en personne ensemble, le commissaire du pouvoir exécutif de l’administration municipale de ce canton en ses conclusions.
Considérant que le deffandeur ne dénie pas avoir tenu le propos dont est question aux conclusions du demandeur et que c’est un acquiescement de sa part de dire qu’il ne se rappelle pas.
Considérant qu’un tel reproche est attentatoire à la probité de l’homme de Bien.
Le tribunaljugeaiit en dernier ressort, saufle recoursan tribunal de cassation suivant la loy, fait défense au deffendeur, t l’avenir de se répandre en aucuns propos contre la probité du deman deur sous telle peine que de droit, et pour l’avoir fait, statuant sur les conclusions du commissaire du pouvoir Exécutif les condamne à un Franc d’amende envers la république équivallant à une journée de travail conformément à l’article Six Cent six, du Code des délits et des Peines, dont lecture a esté faite et ainsy conçu : » le Tribunal de police Gradue selon les circons tances et le plus ou le moins de délit et Peines qu’il est chargé de prononcer, sans Néanmoins qu’il puisse en auçun cas Ny estre au dessous d’une amende de i f. valeur d’une journée de Travail, ou d’un jour d’emprisonnement. Ny s’eslever au dessus de la valeur de trois journées de travail ou de 3 jours d’empri sonnement ».
Et a en outre condamné le dit deffendeur aux dépens taxés à 4 f. 2 5 centimes non compris la levée enregistrée de la signiffi— catiou du présent jugement.Ci) Papiers de la famille Mothu-Tourneur.
. (2) Papiers de la famille Tuffet
MONOGRAPHIES COMMUNALES

Fait et prononcé à l’audience du Tribunal de Police du tan-ton de Ciré, Tenu au dit lieu par nous Paul Louis Jaudeau, juge de paix et président le dit tribunal et assisté des citoyens
Pierre Tessier et Je Marchand assesseurs, le sixième jour du mois de brumaire l’an septième de la’ République Françoise une et indivisible.
‘ Signé t la minute : Jaudeau ». (i)
PRIX DES DIVERSES MARCHANDISES EN 177r •
« Une pochée de blé mesture 9 francs
Un fût-barrique 4
Un boisseau de blé d’Espag 2 »
Une barre à barrer la vigne »
Un tierçon de vin 18 »
Un mouton 6 »
Première coupe d’un journal de bon pré o »
Une journée d’homme et de femme travaillant ensemble en leur fournissant la nourriture était payée r fr. 25 ». (2)
258 habitants
La maison domaniale de Puydrouard, ainsi que la terre en
dépendant, qui au XVe siècle appartenait aux Chanoines réguliers de Notre—Darne de Châtres, près Cognac, diocèse de Saintes, passa aux mains des Religieuses de l’abbaye de Fontevrault, diocèse de Poitiers, à la suite d’un procès retentissant au cours
duquel il y eut une délégation spéciale du pape Eugène III. (O
« La chapelle attenant à la maison ne fut construite qu’en 1845, auparavant, le service religieux se célébrait dans une chambre particulière ; l’autel tenait dans une alcauve la place d’un lit dit un procès-verbal du temps.
En 1700, ce domaine est la propriété de Pierre Rornieu, rece veur-contréleur des fermes du Rov et reste celle de sa famille
jusqu’en 1838.
En en 1700, sous les règnes de Louis XIII et de Louis XIV, le village de Puydrouard présente un caractère tout particulier. Une notable partie de ses habitants est constituée par des représentants de la petite noblesse provinciale, vivant dans leurs nmnoirs plus ou moins délabrés, conservant une grande fierté dans leur médiocrité. Leurs revenus ne leur permettant pas d’aller à la cour vivre en courtisans, ils restent chez eux, premiers de leur village.
Ils s’entendaient bien avec les classes supérieures du Tiers— Etat; quelques mariages ei eux ont lieu ; ils sont mention- fréquemment dans les baptêmes.
(x) Bibliothèque de La Rochelle.
La haute bourgeoisie, également nombreuse, s’y composait de magistrats, avocats, juges des parlements, employés d’adminis tration et de finances, notables commerçants.
Par sa situation privilégiée en bordure de la route royale, par cette population particulière qui avait fixé là sa demeure, Puvdrouard était le village Je la commune où régnait le plus de prospérité et les vieillards ont souvenance des récits enthousiastes que leur faisaient leurs pères ; récits émerveillés de réunions luxueuses, de fêtes brillantes, d’équipages somptueux, e cava— liers fringants ; toutes choses qui leur paraissaient à eux, pauvres gens habillés par le tisserand du village, logés dans des maisons couvertes de chaume, aux carreaux de papier, i l’aire de terre battue, une résurrection des contes de fées.
(( En 1700, on y trouvait des cabarets nombreux, des gardes- sel, un bureau des fermes du Roy » (r) installé dans l’ancien couvent et comprenant un personnel nombreux ; employés des fermes, lieutenants des empioyés, gardes à cheval, receveur- contrôleur des finances. Ce dernier se nommait Pierre Romieu, père de François Romieu, sénéchal de la paroisse, avocat.
A la tête des juges et paraissant exercer une grande autorité sur son entourage, il nous faut mentionner Augustin Landrieu, juge ordinaire d la châtellenie de Mandroux, avocat au Parle- ment et député aux États Généraux de 1789.
II habitait chez son beau—père François Romieu. Rejetant la doctrine du prêtre constitutionnel nommé au Bourg, il cache chez lui un Père Bénédictin aveugle, son oncle.
Ce prêtre dit la messe, bénit les mariages et les veillards mon- trent encore la petite fenêtre du logis part laquelle, en grand secret, il baptisait les nouveaux-nés.
(I) Masse.
Dénoncé à la municipalité, A. Landrieu provoque des tumultes, puis se soumettant aux exigences de l’heure présente, il promet que pour le bon exemple, lui et les siens assisteront à tous les offices de la paroisse, mais arrive la Terreur et il est emmené ainsi que sa femme, sa belle-soeur, sa servante, une
cy—devant religieuse, dans les prisons de Brouage.
Nous le retrouvons après la période révolutionnaire, refusant d’être maire, mais conseiller municipal jusqu’à sa mort, en 1832.
Par sa famille comme par ses idées, il tenait de près à la noblesse du temps. Nous relevons en effet à l’État Civil :
Mariage du Sieur Landrieu, avocat au Parlement de Bordeaux, fils de Landrieu, bourgeois et de Demoiselle Boudet de Mondou.
Et Demoiselle Romicu, fille de François Romieu et de feu Demoiselle Marianne de Chaumejcau. Ont signé :
Landricu, Romieu, Boudet de Mondou, de Bonnegens, Joseph de Beauxhostes, laborie, Tabois, Rozé, Guillemot, curé.
A sa mort, la maison resta à sa kelle-soeur, Mademoiselle Louise-Françoise Rornieu , i ncarcérée égalemen t à l3rouage sous laTerreur. Elle mourutà Puydrouard en r&16, l’ de 87 ans, soignée par les Ursulines de Chavagnes, ses légataires, qui depuis 1838 avaient fondé dans son domaine un couvent de jeunes filles. L’ancien couvent appartient actuellement à M. Charbonneau, propriétaire de l’usine du Magnou.
Un autre notable mérite de retenir l’attention, c’est Jean Baptiste Laubat qu la confiance de ses concitoyens plaça trois fois à la tête de la commune, dans les périodes tourmentées. Il
eut l’honneur de porter au États Généraux de Versailles le cahier de doléances de la paroisse de Forges avec Landrieu et J ean Simonneau . Homme intelligent, administrateur intègre; il sut se mettre à la hauteur de sa tâche souvent ingrate et toujours difficile.
L’importance du village ne disparut pas sitôt la fin de l’ancien reçu Les voyages, les transports se faisant tous en voiture, l’animation fut aussi active, le roulage aussi intense et les indus-. tries qui s’y rattachent, naturellement prospères : les aubergistes, bourreliers, ii y trouvaient leur compte.
En 1840, le relais de poste y est créé par ordonnance royale ». (i)
Mais létablissement des chemins de fer changea la face des choses. Les voyageurs choisirent lemode le plus rapide, certaines marchandises furent expédiées par voie ferrée et Puydrouard devint le village calme et tranquille que nous voyons aujour d’hui et où il est impossible au touriste qui passe de retrouver dans les maisons antiques et les trottoirs moussus le plus petit vestige de cette grandeur 1
(( En 1830, un relais dc poste fut établi à Puydrouard dans les conditions indiquées Par le brevet suivant
Brevet de Maitre de poste Pour la route de au relais de Puydrouard. Paris à Niort. Au nom du Roi
Le ministre secrétaire d’état des finances sur la représentation du directeur général des Postes et d’aprés le compte rendu des facultés et l’aptitude du sieur Audry (René Constant) le commet pour remplir la place •u maître de la Poste aux chevaux de
Puydrouard, département de la Charente-Inférieure, route de Paris à Niort, à la charge par lui d’avoir le nombre de postillons, chevaux et équipages prescrits pour le service le ce relais et de
( i) Archives communales.
se conformer en tous points aux lois et règlements sur le fait des Postes, à peine de Révocation. Le présent brevet sera enregistré à l’administration des postes et à la mairie de la résidence du maître de Poste.
A Paris, le 15
Décembre ‘830
Le fJvCinistre secrétaire d’État des finances,
Signé : J. LAFITTE.
Vu ; Le président du conseil des Postes, Signé : CONTES )). (r)
Le 23 Décembre 1854, création d’un cercle littéraire
14 SOciétaires. .
Extrait de I’État concernant Puydrouard
« Ce 13 Apiil j 63 , fut baptisée Anne, fille de Pierre Petit, garde de sel le Roy et de Aune Ariette, sa femme. le
J)arraii été Antoine Bayou, aussi garde de sel pour le Roy ; la marraine, Marie Penigault.
Ce i8 Décembre 1654 —— Baptême de Jacques Michel. Parrain:
M. Pierre Petit, Sieur de Saint-Étienne; capitaine des gardes à cheval de Puydrouard et Jeanne Foucault, fille du sieur dc la Prenterie.
20 Novembre i868 — Baptême 4’fsabelle Bardonnin, fille de
François Bardonnjn, escuyer, seigneur de Sonneville, et de
Damoiselle Marianue de Fleury. Son parrain est Alex de Fleury, sieur des Granges de Virson.
8 Juillet 1670 — Baptême de Marguerite_Angélique Laubat,
( z) Archives commun
fille de M. Jean Laubat, employé dans les fermes du roi à Surgères et de Marie-Angélique Auboyneau.
I I Septembre 1673 — Baptême de Jean-Philippe Angoulan, fils de M. François Angoulan, avocat au siège présidial de La Rochelle. Parrain, Philippe Rozet, bachelier en théologie, et Damoiselle Marie-Suzanne Daist.
20 Septembre 1679 — Baptême de Françoise de la Jaille, fille d’Antoine de la Jaille, escuyer, sieur de Marsilly et de Damoiselle Françoise de Grailly. Parrain et marraine : Jacques de la Jaille ; Françoise de Grailly.
31 Janvier 168o — Baptême de Catherine de La Roche, fille de Michel de La Roche, maître d’armes et de Louise Thouet. Parrain et marraine : Antoine de la Jaille, cscuyer et Catherine Petit.
22 Mai 1682 — Baptême d’Anne Daniau, fille de Jean Daniau, commis aux Traite de Charente et d’Anne d Cuirblanc. Parrain Jacques Randon, sieur de Bretonnerie, officier de la Reyne mère deffuncte. Marraine : Madeleine Grenot.
I Mars 1753 — Mariage de Pierre Nègre, lieutenant de la brigade des fermes du Roy au poste de Puydrouard, avec Dernoi selle Claire-Antoinette Romieu, fille du sieur Pierre Romieu, receveur des fermes du Roy audit Puydrouard et de Demoiselle Antoinette de Beauxhostes. Ont signé : Nègre, Romieu, Rousseau, Abellard, Henriette Fontaine, M. Rousseau, Suzanne, Conqueteau, Fontaine, curé.
21 Juin 1761 — Décès de Dame Antoinette de Beauxhostes, native de Narbonne, épouse de M. Pierre Romieu, receveur,
contrôleur des finances du Roy au bureau de Puydrouard ». (r)
(x) Archives paroissiales.
VILLENEUVE O8 habitants
Comme son nom l’indique, Villeneuve est un village plutôt récent, dont les premières maisons furent bâties à proiimité de la métairie de la Maissonneuve, disparue aujourd’hui et qui était située près du chemin qui va de la Beltrie à Marlonge, à égale distance de Villeneuve et de Bellevue.
En r668, le propriétaire de la Maisonneuve signe Jean Rousseau, sieur de Maisonneuve.
Au XVIIIc siécle, la métairie passe aux mains de Pierre Rouhier.
Nous avons dit ailleurs que moyennant une rente, le paysan qui à l’approche de la Révolution possédait déjà les trois cm— quièmes des terres labourabh un cinquièmé seulement des près, pouvait, grâce à sa pré arrondir son lot : l’écrit Suivant en est une preuve irrécusable.
(r) (r Baillette. — M Jean-Samuel de Pont, représenté par M de Pont, à Pierre Bouhier, laboureur à boeufs.
Du 28 Mars 178I.
Par devant les notaires royaux, en la sénéchaussée, ville et gouvernement de La Rochelle.
Fut présent Messire Jean-Samuel de Pont, intendant de justice, pollice, fiôances en la générallité de Metz, seigneur de la terre et Chastellanie de Mandroux, la Chastellière, Bazauges et dépen dances comparant par Messire Paul—Charles de Pont, son frère, Chevalier Seigneur des granges de Virçon, dudit Virçon, Aigre- kuille, Labrande et autres places, président trésorier de France,
(‘J Papiers de la famille Mothu.
V au bureau des finances de la générallité de La Rochelle, demeurant et étant présent en son Château des Granges, par- roisse dudit Virçon. Chargé d’ordre dudit Seigneur de Mandroux, dont il se fait et porte fort Lequel a vollontairement par ces présentes pour et au nom dudit Seigneur de Mandroux donné:
(( à titre de Baillette perpétuelle et irrévocable avec toute pro— messe de garantie de fait et de droit
A Pierre Bouhier, laboureur à boeufs, demeurant au Village de Villeneuve, parroisse de Forges, à ce présent et acceptant pour lui, les siens ou ayant—cause à l’avenir,
Scavoir est un journal de terre franc de fruits faisant partie des terres de la métairie de la Maisonneuve en la ditte Chastel lannie de Mandroux, confront du levant aux terres de la dit te Métairie Borne entre deux et du nord au chemin qui conduit du marais communeau de Mandroux à Marlonge ; la présente bail- lette est faite entre les parties à la charge pour ledit Bouhier de payer ainsy qu’il s’y oblige un boisseau de bon blé froment, marchand et recevable, mesure de Marans, par chacun au du et devoir noble, en portant fief, juridiction, lots, ventes, honneurs et amandes coutumières auquel devoir ledit journal de terre sus- confronté demeurera sujet pour l’avenir et spécialement affecté dans le 1er arrérage sera dû et exigible au jour et fête de Tous- saints prochaine, rendu et porté par ledit Bouhier à la recette de ladite Chastellanje de Mandroux, pour, par lui, ses successeurs ou ayant cause ainsy continuer le payement et ser’ dudit
devoir perpétuellement d’année en année et de terme en terme tant et sy longtemps que ledit Bouhier sera détenteur, proprié taire et possesseur du dit journal de terre ou de partied’y celluy.
S’oblige le dit Bouhier de fournir à ses frais audit Seigneur de Pont une grosse des présentes En parchemin dans un mois aux peines de droit.
Fait et passé au chasteau des Granges de Virçon, paroisse dudit Virçon, avant midy, l’an mil sept cent qua et le 20mars. Et ont les parties avec nous signer après lecture, aussy signé à la minute des présentes. Bouhier, De Pont des Granges faisant pour monsieur De Pont, mon frère. Lambert et Faune, notaires royaux »
Conseil Général
En 1840 seulement, le canton d’Aigrefeuille obtient un repré sentant au Conseil Général ; auparavant, il était réuni à celui de Surgères pour s représentation cantonale.
LA BELTRIE
7 habitants
Faire « une trie » pour un choix est une expression locale encore très Utilisée chez nous et tout porte t croire que le nom J3cltrie ou Belle trie comme on l’écrivait anciennement fut
d’abord employé pour désigner les meilleures terres, « d’où belle trie », attenantes au château, que les gens choisirent dans la seigneurie de Mandroux pour se constituer ou agrandir leur propriété au moyen de différentes redevimces, droits, dîmes, cuvers le seigneur. Des terres, le nom fut donné par suite au
Village.
A force de labeurs et de privations, il fut reIativernei facile
aux plus tenaces de s’agrandir, car soit besoin d’argent, soit crainte de l’avenir, le seigneur ne demandait pas mieux que de se dessaisir d’une Partie de son bien ainsi que nous le prouve le document suivant
DONATION DE POUVOIRS
« Je soussigné Paul—Françoj de Pont, chevalier, seigneur J’Aigrefeuille, Forges et autres lieux, donne par ces présentes
plain pouvoir à Me Pierre-Charles Ledoux, notaire et procureur
demeurant à Aigrefeuille et pour moy, et en mon nom donner à
î Et à cens les terrains et domaines réunis à mes Sei— flCuries dépendants des dittes paroisses à ceux qui se Présenteront
p cest effet et à qui bon luy semblera aux charges, clauses et øflditions qui me seront les plus avantageuses en passer acte
Vaflt’flotajre aux frais des preneurs qui leurs biens cns et à venir et ui seront tenu de m’en fournir des grosses
« , bonne forme, et générale faire tout ce qui conviendra quoy que non exprimé dans ces présentes qui voudront nonob stant, surannatjon approuvant et ratiffiant tout ce qui sera fait par le Procureur.
Fait à La Rochelle, le quatorze Juin mil sept cent soixante cinq, et au bas est écrit approuvé l’écriture. Signé Depont, controllé à La Jarrie le treize Juillet mil sept cent soixante-cinq, par Néraud qui a reçu treize sols pour les droits constitué, approuvé Lacotte. Signé : Cotonnier, notaire royal.
Les terres de la Chatellenje de Mandroux acquises par Bai1le perpétuelle et irrévocable étaient sujettes au sept des fruits en nature de terre et au huit ou dix en nature de vignes. — De
- plus, le preneur s’engageait gt à sortir les pierre des terrains ainsi acquis et à les porter dans les endroits les plus bon r- beux des chemins de la seigneurie. On s’engageait en outre à bien soign les terres ; il était stipulé dans les Baillettes que si une seule année le preneur ou ses successeurs venaient à délaisser et abandonner les vignes de labourage et de taillç il était permis audit Seigneur, ses successeurs ou ayant causes de s’en emparer sans qu’il soit besoin d’aucune formalité de justice ». (r)
La Cliateijère
La Chatelière est aujourd’hui une simple ferme. Autrefois c’était une maison noble dépendant de la Seigneurie de Man droux. Les constructions qu’on y voit encore indiquent d’ailleurs une résidence assez importante e son nom lui a sans doute été donné par suite d’un certain luxe dans son édification.
(I) Papiers de la famille Mothu-Tourneur.
« En 1765, le Seigneur faisait son vin à la Chatelière ; c’était L% qu’était le treuil de recette dans lequel chaque métayer était tenu d’apporter la huitième ou la dixjème partie de sa vendange et verser au Clerc six deniers par quartier de 4.200 ceps.
Ce domaine appartenait au XVnre siècle au Seigneur de Man— droux et cela jusqu’en 18r2. époque à laquelle la mère du mineur Charles—Françoi de Pont vendit la Seigneurie et ses dépendances à un certain nombre d’acquéreurs.
En 1820, le domaine appartenait à un M. Leytu. Il vendit la propriété à une famille Lhermite, de La Rochelle, qui la céda cn 1823 à M. Arnoux ». (r) Elle fut achetée ensuite par M. Audry père et appartient actuellement à son fils M. T. Audry, conseiller général du canton d’Aigrefeuille.
Les Rivières
cf La Rivière était une métairie en la Chatellenie de Mandroux, mais indépendante d’icelle, c’est—à-dire que, moyennant la dîme payée une fois au Seigneur, ses terres étaient franches de fruits )). (2)
Elle semble appartenir en i6 aux familles Foucaud, Pierre et François Bon, frères, laboureurs à boeufs, qui possèdent en plus une partie de l’île de Fiée, paroisse de Ciré.
Village neuf dont la nai est subordonnée à l’établisse— tuent sur le territoire de notre commune d’une ° importante
( z) Archives communales.
i) P2piers de la famille Tuffet
Le Magnou
distillerie de betteraves à trois-six appartenant à M. Charbonneau et Construite en 189r.
En 1895, la maisonnette des Arceaux, située au même point, fut transformée en station et les habitants de Forges eurent enfin à leur disposition les trains qui depuis i8 passaient sur le seuil de leurs portes, morcelant leurs terrains par l’établissement de la ligne, sans aucune compensation d’utilité ou d’agrément.
Le Marais
Le marais communal qui s’étend au nord de la commune a une superficie de 5 26. Il est divisé en 2 parties. Le petit Marais, d’une contenance de 3 hectares 6o, est affermé à divers pour une somme de 273 francs, et le grand Marais est réservé au fauchage, pacage, extraction de la tourbe avec 52 hec tares 66 ares.
Tout habitant payant une cote personnelle et mobilière a le droit, moyennant un versement de 3 fr., de faucher au marais. Après inscription de tous les faucheurs à la Mairie, une commis- sion partage le Marais n sections ; chaque section est fauchée en commun par ses titulaires qui se partagent ensuite la récolte. Ce fourr composé de rouches, de carex et d’ajoncs, sert à faire la litière aux animaux et permet de vendre la paille de bonne qualité. Le fauchage se pratique tous les deux ans.
. Au 1er Mai, le Marais est ouvert au pacage, les propriétaires peuvent y conduire leurs animaux de travail disponibles, moyen- nant une redevance annuelle de i 5 fr. On paie 25 fr. pour les
bêtes d’élevage.
L’extraction de la tourbe se donne à l’adjudication ; elle rapporte à la commune un revenu annuel de ;oo fr. environ.
INDUSTRI E
J usqu’en i88o, on cultiva à Forges le lin, qui, après différentes opérations, était transformé en toile solide et durable. Par le j des ouvriers le séparaient en trois parties : la partie la p!us fine, la plus soyeuse, était transformée en serviettes, che-. mises ; la qualitéintermédiaj servait à faire les nappes, serviettes ct les lins inférieurs devenaient les torchons, les sacs à farine que plusieurs générations pouvaient se léguer sans crainte d’usure.
Une tatistique nous apprend qu’en 1839 Forges possédait t distilleries d’eau-de-vie, moulins à vent, 2 moulins à huile.
Il existe quelques carrières à ciel ouvert où l’on exploite une pierre médiocre.
LA TOURBE - EXTRACTION - UTILITÉ
La véritable exploi extractive de la commune est la tourbe / ue 1:01:1 retire du marais communal ; quelques propriétaires ont
aussi des gisements. L
La tourbe est une matière brune ou noirâtre, d’une texture L;xmgieuse, plus ou moins combustible, avec ou sans flamme zhalant lorsqu’elle brûle une odeur toute particulière. Soumise à Li distillation, elle dégage de l’eau chargée d’acide acétique, une ‘flltière huileuse et divers gaz.
La tourbe est formée par l’accumulation et l’altération sous les aux de pJantes aquatiques parmi lesquelles dominent les sphai— ncs. Au fond des dépôts, elle est homogène et compacte, mais, 4aus les parties supérieures, elle se compose de débris encore conhaissables et grossièrement entremêlés.
Les tourbières ne se forment que dans les endroits couverts p des eaux stagnantes ou lentement renouvelées, pouvant se con— server en toute saison avec une profondeur peù considérable, . mais presque toujours égale. Les végétaux aquatiques et surtout les cryptogames en forment la majeure partie.
Les tourbières se rapportent surtout à la période géologique la plus récente, celle des alluvions, et à la périodé actuelle.
La tourbe est un combustible fort utile et activement exploité; elle sert aux mêmes usages que le bois de chauffage dans l’indus— trie. Les cendres de tourbe sont employées comme amendements des terres.
Au mois de Mai, après un sondage satisfaisant, le tourbier enlève la couche de terre végétale recouvrant la tourbe. II coupe la tourbe en mottes parallélipipédiques avec une bêche en fer à 2 côtés tranchants ; les mottes sont reçues par un aide qùi en forme des tas à claire-voie ce qui permet à l’air de circuler libre- ment au travers. Ces tas qui sèchent sur place doivent être retournés entièrement. La tourbe se vend prise sur place 20 fr. la pi’ (mesure locale) ce qui donne un poids approximatif de 700 kilogs.
Usine
II existe dans la commune une distillerie d’alcool de bette— raves. Placée à proximité de la gare, elle a contribué par son trafic à la création et au développement de cette dernière.
Cette usine achevée par le propriétaire actuel, M. Charbon— neau, a pris la succession d’une distilleriesituée au Bourg même, mais disparue depuis de longues années.
Sous une habile direction, cet établissement a rendu les plus grands services au pays. Les propriétaires y ont trouvé un débouchè pour leur production de betteraves et ils y prennent la
qui est une excellente nourriture pour les bêtes à cornes.
Cctte année, lorsque la distillation des betteraves fut terminée,
ontinua par celle du fruit du caroubier. Ce fruit forme une
9 silique, lisse, aplatie et renferme une pulpe sucrée, de
4 icur foncée, entourant des graines dures et luisantes ; il mûrit
d c cueille à l’automne.
En Turquie, en Egvpte, la pulpe des caroubes sert de nourri- rn la populatioi pauvre ; dans la médecine orientale, elle est employée contre les toux convulsives.
Lc caroubier croît spontanément sur les rochers des côtes de P cnce, en Italie, en Espagne, en Algérie, en Turquie ; c’est fbre de 5 à 6 mètres dont le bois, sous le non de carouge, t tres employé en menuiserie et en marqueterie.
Commerce
e commerce est assez actif. Douze foires, malheureusemei
‘ . peu fréquentées, peri aux cultivateurs d’échanger
( produits sur place et sans frais aucun. La commune compte
• j 50 patentés dans les différentes branches du COflflflercc,
.4 fl)C11t les eaux-de-vie de vin, d’industrie, les bêtes à cornes,
5 Tcs, les engrais, les charbons, les denrées alimentaires.

AGRICULTURE

t Lorsque 1’Aunis était une presqu’île, il tenait à la terre ferme ; un isthme ou plateau suis lequel Forges est bâti » . (i)
L nscmb1e de ce plateau est bas, à peine supérieur au niveau 4e a mer ; il atteint difficilernei 40 mètres dans sa plus grande
k au nord-est de Landrais.
I sol de la commune, en pai-tie terrain d’alluvion, est en
cr;t1 silico-calcaire, excepté dans ses parties basses, où il . cflt franchement argilo Il est divisé en tei res labou— cs, prairies et près aigres.
il est arrosé au nord ;par un ruisseau , le Virson et un certain ubre de fossés courants qui lui portent leur excès d’eau.
Le premier document relatif à l’agriculture date de 1698 ; il ‘ : « blé, vin et peu de pacages ».
f*otir avoir des renseignements précis, il nous faut arriver à
où une délibération en date du 22 Décembre établit un fta entre la récolte d’une aflnéemoyei et celle de l’année “
Année moyenne Année 1790
r.8oo boisseaux 1.700 boisseaux
2.160 )) 2.880 »
2.170 )) 2640 ))
20 charretées 20 charretées
6o 62 »
-450 tonneaux 240 tOnneaux
iføment %VOiriC
t )r; oifl
* Van

La réco1te des vignes fut manquée, djt le procès—verbal, par suite du grand hiver de 1789, qui a vivement affecté les souches de vigne.
Signé : Laubat, Guillemot, Auboyneau, E. Osmont.
La même année, on créa un grenier d’abondance, où pou- vaient réclamer tous les citoyens besogneux travaillant dans la COfllmune. — Les terres s’afferment io fr. le journal.
En 1793, l’Assemblée municipale décide à l’unanimité des suffrages et sur enquête du district de Rochefort que les meil— leurs cultivateurs de la commune sont : Jean Bertin, Pierre Mothay et Jacques Charron.
La fête de l’Agriculture est célébrée en grande pompe à Ciré; les trois meilleurs cultivateurs ci-dessus désignés sont priés d’y assister.
È tant dans l’impossibilité de trouver un garde de terre pour la somme de 15o livres qu’offre la commune, trois citoyens prêtent serment d’impartialité et se partagent le service de garder les propriétés.
Cette mên année, l’agriculture souffrit d’une ré des habitants, forcés d’aller i jours chacun travailler auxicales du port de Rochefort ; à déf 3 jours de prison, ré 3 mois. Les riches tenanciers fournissaient à tour de rôle une charrette et 4 boeufs qui étaient employés aux dragues.
En 1794. le blé vaut i6 livres le quintal.
Le 6 Octobre i$o8, le Conseil municipal estimant que le Marais communal ne sera avantageux qu’autant qu’il sera clos, donne à faire 400 mètres de clôture:— 1809. Grande disette des biens de la terre. Copie d’un tableau des produits en diverses
 
Observations. — La quantité n’est pas suffisante pour nourrir
I bestiaux de la commune, attendu que sa production est en
‘ ngnes et on se sert de foin aigre ; on se procure le déficit dans
k communes voisines.
En 1817, chaque propriétaire fut requis de planter les arbres $ ta grande route royale, chacun au bout de ses pr Izà cas de non—exécution, on paya r franc d’amende par arbre $,n planté.
En 182r, inonda de la partie basse de Puydrouard.
E 1823, le Conseil municipal décide que, pour qu’un habitant jouir du droit de pacage dans le Marais, il lui faut un an .,.ç r. dans la commune.
PRIX DES GRAINS EN 1824
Blé fr. o l’hectolitre
Avoine 7 fr. 20 »
Seigle 9 fr. o »
En 1839, nous relevons dans la statistique de Gauthier
4 1 99 1 habitants. Vignes, vin blanc. Sol aride. Prés aigres o.
E iS6i, la gelée a détruit cômplètement la récolte des vignes. Eti i86 le vin fut supérieur comme qualité et quantité à la
(I)
*44 communales. •
RÉPARTITION ACTUELLE DES TERRES
Terres labourables r . 204 hectares
Pâturages et pacages 6
Vignes Cultures diverses
Le territoire est divisé en 4.7 10 parcelles réparties ei 48! propriétaires et il n’y a qu’une seule propriété dépassant 1oo hectares.
Les autres propriétaires possèdent des sùrfaces assez morcelées variant entre i et 20 hectares.
Chaque pi fhit valoir lui—même sa terre avec l’aide de sa famille, d’un ou deux domestiques. Il doit s’assurer à l’avance des bras dont il pourra avoir besoin dans l’année ; il lui serait impossible autrement de trouver un journalier, chacun s’occupant de son travail.
Forges, comme tout lAui était complètement cultivé en vignes, et, avant l’invasion du phylloxéra, les propriétaires de la commune ne récoltaient pas ici k foin néc à la nourriture de leur maigre bétail ; ils allaient chercher ce foin dans les marais de Rochefort. On ne possédait que les hevaux et boeufs nécessaires aux travaux de l’agriculture. La vache était un animal de luxe dans les maisons bourgeoises.
Le Forgien peinait toute l’année à tailler, labourer ses vignes, qui devaient lui procurer le nécessaire ; au printemps, une gelée lui emportait toutes ses espérances, cela très fréquemment, le vignoble se trouvant sur un terrain beaucoup trop bas. Aux années où la vigne ne gelait pas, le était si bon marché que la récolte suffisait à peine à couvrir les frais du ménage.
47 ))
10! ))
La destruction des vignes (.1880—1885) jeta comme partout la consternation dans notre région, mais un homme intelligent de I è eut l’ingénieuse idée de créer une distillerie coopérative. Chacun se mit à cultiver des betteraves, les terres furent ainsi n à fond et aux vastes espaces tristes et dénudés, jadis * de vignes, on vit succéder d’immenses étendues de ciJure. Un industriel mit à la disposition des cultivateurs les engrai? n avec facilités de paiement, et bientôt le cultivateur i tie l’engrais chimique si combattu ,par les propriétaires
urants. L’engrais, qui avait été reconnu bon pour la betterave, d cssayé pour les prairies artificielles, les céréales, et devant rt obtenus, son emploi se généralisa.
Lcs agriculteurs comprirent que la maxime fiivorite de l’agroe Jacques Bugeau « si tu veux du blé, fais des prés » est * vraie.
1k créèrent des prairies artificielles qui leur donnèrent du foin
4 *bøtidatice et bientôt le nombre des animaux domestiques allant d’année en année.
1.4 Création des laiteries coopératives dans la région acheva la “ . du pays, et chaque petit propriétaire voulut désoi’ VOir autant de vaches qu’il pourrait en nourrir, constatant duque mois, il toucherait de ce chef une somme capable urer le nécessaire à sa famille.
t. rare et maigre vache gâtinaise a été remplacée par la m.ind-Durham, excellente. laitière, à la poitrine ample, aux x écartés, à la tête fine, qui arrive à produire r,8 ou 20 1 ile lait par jour. II faut dire que ces animaux reçoivent les nmUcurs soins : logement sain, propreté, nourriture choisie et * à la fois.
Plusjeuj propriétaires se livrent à l’élevage du cheval, mais le
nombre de ces animaux est restreji en comparajsoj de celui des bovidés. Notons cependant en passant, qu’un propriétaire de la commune M. Fontan possède de superbes étalons boulonnais et percherons, et que, depuis quelques années, l’élevage du cheval de guerre est délaissé pour celui du cheval de trait, dont la vente est plus facile et souvent plus rémunératrice.
II n’y a pour ainsi dire plus de moutons, et- ceux qu’on élève sont conduits au pacage au piquet, les champs de parcours n’exis tant plus.
Tous ces animaux domestiques fournissent à leurs Possesseurs de volumineux tas de fumier, qui leur permettent d’engraisser leurs terres.
L’assolement es bien compris, il est triennal : prairie, c&éale, plante sarclée.
Les cultures comprennent le prairies artificielles ; sainfoin, luzerne, trèfle et ray-grass. Ces prairies occupent au moins les deux tiers de la surfiice de chaque propriété. En dehors du fourrage, le cultivateur récolte, lorsque la température le permet, une bonne quantité de graine de sainfoin, de luzerne et de trèfle.
Ces prairies reçoivent chaque année, en février, 400 kilos en- viron de superphosphate à l’hectare.
Les céréales cultivées sont : le blé, l’avoine et l’orge. Le blé est fréquemment semé en défrichant une prairie. Au fumier, on ajoute un engrais composé de 300 kilogrammes de super-
phosphate r6/i8, ioo kilogrammes de chlorure de potassium et Ïoo kilogrammes de sulfate d’ammoniaque. Au printemps, on favorise le tallage par un épandage deioo kilogrammes de nitrate de soude à l’hectare.
C’est ainsi que le cultivateur forgien atteint des rendements
égalant et surpassant ceux du nord de la France.
Et c’est plaisir, quand vient Juiilet, de voir onduler au souffle des brises, nos grandes étendues d’avoine blonde, de blé doré, juste récompense du travailleur, garantie pour la saison mauvaise, offrande d’un soi vivant et fécond!
Les plantes sarclées comprennent la pomme de terre, la bette- rave à alcool destinée à l’usine. Cette dernière culture est en décroissance ici depuis plusieurs années.
* La pulpe provenant des betteraves est conservée en silos et utilisée pendant une grande partie de l’année.
La nourriture aqueuse nécessaire à la vache a fait développer la culture des fourrages verts : jarosse, vesces, maïs.
La production abondante de fourrages secs et verts permet à cer tains propriétaires d’avoirjusqu’à deuxtêtesde gros bétailà l’hectare.
La vigne. n’est plus absolument délaissée à Forges, et il existe quelques plantations dignes de servir de modèles aux viticul teurs ; cette culture est à peu près confinée dans les fiefs de Buffe-Ageasse et de Villeneuve, fiefs un peu plus élevés que le reste du territoire. •
Ce court exposé de notre agriculture locale, qui pourrait paraître flatteur, n’est que sincère, et nous sommes heureux de constater que si la culture était partout aussi bien entendue, la France aurait fini d’être tributaire des pays étrangers, produc teurs de blé.
POSTES
Le premier essai relatif au transport régulier des correspon_ dances eut lieu en 1794. Le conseil général de la commune chargea un homme d’aller chaque dimanche à Rochefort prendre les paquets postaux destinés à la. commune; il lui fallait deux jours pour faire le voyage ; son traitement annuel était de 40 francs.
Une lettre de i8o6, provenant d’un habitant de Forges, soldat
à l’arn de Portugal, nous apprei qu’à ce moment « les
documents pour Forges ne sont plus adressés à Rochefort, mais
à Surgères », (i)
En 1820, la commune est desservie par le bureau de poste de Croix-Chapeau, les lettres arrivet à Forges toutes les quarante- huit heures.
Le bureau fut par la suite transféré à Aigrefeujjle malgré la protestation du conseil municipal qui fuit remarquer à l’Admi flistratjon des Postes que, si le bureau était placé à Puydrouard à proximité de la route royale et des services de voitures, les frais de piétons seraient bien moindres. La protestation fut vaine, le facteur de Forges continua à venir d’Aigrefe et le service postal ne fut sensiblezi amélioré qu’en 189;, époque à laquelle on put expédier les correspondances par chemij de fer.
(I) Papiers de h famille Roy.
MUTUALITÉ ET PRÉVOYANCE
Depuis près d’un siècle, la commune veille d’une manière efficace sur ses indigents. « Son bureau de bienfaisance, grâce auquel aucun pauvre n’est dans l’absolu dénuement, date de 1817, époque à laquelle Mue Marguerite-Honorée Fontaine donne aux pauvres de Forges une rente perpétuelle de 148 fr. i 3.
Le 20 Mars 1867, Mme Giraud, née Godineau, demeurant à Puydrouard, donna 2.000 francs.
Le Octobre 1899, M. Charbonneau, propriétaire de l’usine du Magnou, donna 500 francs pour le même objet. Ces deux sommes fdrent employées à acheter de la rente d’État 3 O/ selon la volonté expresse des donataires.
La totalité de ces revenu est employée à payer le pain et la viande. La commune fournit le bois et la tourbe nécessaires, produits par les propriétés communales.
Le budget du bureau de bienfaisance s’est augmenté en 1905 de i8 francs de revenus provenantdes biens de la fabrique. « (r)
Deux Sociétés de Secours mutuels en cas de maladie existent dans la commune. La première en date a été créée en 1853 par
M. Jean Belle. Son président actuel est M. Clément Braud, maire.
La deuxième Société fut créée en i88 ; son président est M. Achille Tuffet ; elle est dénommée « Les Travailleurs Unis ».
Moyennant un versement annuel de r8 francs et grâce à un bonne administration, ces deux Sociétés assurent à leurs adhé rents malades, soins et médicaments.
( i) Archives communales.
Il existe un Syndicat agricole qui a pour but l’achat en Commur des engrais et instruments de culture.
Trois Sociétés de battage se sont formées récemment, elles fonctionnent avec succès.
Enfin, une Caisse agricole de crédit à long terme est destinée à rendre les plus grands services aux cultivateurs.
Grâce à l’emploi judicieux des engrais, les récoltes des Forgiens sont abondantes, leurs prairies fertiles. La laiterie transforme leur lait crémeux en beurre appétissant, en caséine productive. Su rvienne une épidémie, l’Assurance-bétail leur rembourse les trois quarts de la valeur des bêtes disparues
Lorsque Juillet aura mûri leurs épis, ils diminueront les frais généraux en procédant au battage en commun. Si la maladie pénètre chez l’un d’eux, les Sociétés de Secours mutuels se substituent à lui et disent à la misère : « tu n’entreras pasicil»
CONCLUSION
Par un travail acharné, une économie bien entendue, l’habitant ‘ de Forges a su se cônstituer un bien être appréciable.
Entouré de sa femme et de ses enfants, aidé par tous dans ses travaux, il trouve chez lui la satisfaction que les insensés vont chercher bien loin. C’est pour lui que Virgile a dit : « Heureux l’homme des champs s’il connaît son bonheur I »
Bon père de famille, il’ peine dûr pour que ses enfants ne man quent de rien ; bon citoyen, il s’acquitte de ses charges sans murmurer ; bon patriote, il donne aussi sans murmurer à la France son fils de 20 ans, dont les bras vigoureux seraient doux à ses bras fatigués, mais à qui il s’est fait un devoir de commu niquer en même temps que le goût du travail, safoi dans l’avenir et son immuable amour pour le sol de la Patrie I
Forges, le 2 Juin 1912.
Remerciement à M. BURGAUD pour la communication de l'histoire de Forges ....

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